Cuisiniers lyonnais

[Culinary Trophy Joannès-Nandron (1969)]

Cuisiniers lyonnais
droitsCreative Commons - Paternité. Pas d'utilisation commerciale. Pas de modification.
localisationBibliothèque municipale de Lyon / P0702 B02 08 131 00012
technique1 photographie négative : noir et blanc ; 6 x 6 cm
descriptionDe gauche à droite : Marius Vettard, créateur de l'association des Toques blanches lyonnaises, et Roger Roucou, chef de La Mère Guy.
historiqueLa remise de la coupe du Meilleur apprenti cuisinier 1969, le "Culinary Trophy Joannès-Nandron", avait lieu le 26 septembre 1969, chez Roger Roucou, au restaurant "La Mère Guy". Là, les anciens cuisiniers et grands restaurateurs de Lyon et région s'étaient réunis sous la houlette de leur président, Marius Vettard. Philippe Danilo, député-maire de La Mulatière (1947-1975), non sans avoir rendu un juste hommage à la cuisine lyonnaise et à ses célébrités, remettait le trophée à Marcel Jantin, dix-huit ans et demi, meilleur apprenti cuisinier. Cette distinction, une loure coupe en argent, surmontée d'une statue de la Liberté miniaturisée, a été créée par Fessaguet, le chef français du Vatel club de New York, en hommage à Joannès Nandron, un de ses maîtres, et de la cuisine française toute entière.
historiqueNé le 16 avril 1883 à Janneyrias (Isère), Marius Vettard fut l'un des plus prestigieux cuisinier lyonnais et en même temps le doyen de la profession. Celui qui représentait le savoir culinaire au terme d'une carrière bien remplie fit son apprentissage dès l'âge de 13 ans au restaurant "Le Pré au Clercs", à Lyon, dans le quartier des Brotteaux, avant d'occuper sa première place à l'Hôtel du Cheval Blanc, à Montmerle-sur-Saône (Ain). Attiré définitivement par ce métier, il prenait la direction du nord de la France et travaillait successivement à l'Hôtel des Flandres, à Lille (Nord), et au Filet de Sole, à Bruxelles (Belgique). Connu pour son esprit "gavroche", il décidait de partir et s'embarquait comme maître coq sur les vaisseaux d'une compagnie anglaise. Mais l'année 1911 sera une date clé pour ce fin gastronome. Il ouvre à cette époque son premier restaurant, "La Taverne lilloise", à Malo-les-Bains (Nord). Puis la Grande Guerre passée, il revient à Lyon en 1921 et achète le "Café Neuf", un restaurant situé rue Fochier (rue Saint-Exupéry), à proximité de la Place Bellecour. Marius Vettard restera à cette adresse jusqu'à la fin de sa vie. Il s'illustre dès lors par ses spécialités lyonnaises et ajoute à sa flatteuse réputation la gloire de faire de sa maison l'un des premiers restaurants de la capitale de la gastronomie. Le Café Neuf devient le lieu de prédilection du maire de Lyon Edouard Herriot, un ami intime du cuisinier. C'est ainsi qu'il fut chargé de tenir le Pavillon du Lyonnais à l'Exposition internationale des Arts et Techniques de Paris (1937), révélant au monde entier les splendeurs de la cuisine lyonnaise. Devant cette réussite, Edouard Herriot, président de la Chambre des députés depuis 1936, promut Marius Vettard chef des réceptions de la Chambre. En 1938 et 1939, toute la politique française et internationale se disputa l'honneur d'être invité à sa table pour savourer son canard au foie gras. Homme sociable, Vettard avait aussi constitué à Lyon, dès son installation au Café Neuf, une association professionnelle groupant patrons et ouvriers de la restauration : les Toques blanches. Les années passèrent mais Vettard demeura l'un des chefs de la gastronomie lyonnaise qu'il avait sorti de l'ornière. Décoré de la Légion d'honneur et de la médaille d'or de la cuisine française, ami des journalistes, il avait tenu à recevoir en 1973, au cours d'un repas dont il avait lui-même choisi le menu, les membres de l'association des journalistes de la presse quotidienne lyonnaise (AJPQL) pour fêter un triple événement, en l'occurrence ses cinquante ans de mariage, ses cinquante années de présence au Café Neuf et le bicentenaire de cet établissement. Il décéda le 28 juin 1975, laissant à son fils Jean le soin de poursuivre sa tâche : la promotion de la cuisine lyonnaise.
note à l'exemplaireLe titre principal de la photographie reprend les annotations de Georges Vermard sur les pochettes de négatifs. Dans le cas contraire, il a été forgé par la Bibliothèque de Lyon et placé entre crochets.
note bibliographiqueL'Echo liberté, 30 septembre 1969. - [Nécrologie], L'Echo Liberté et Le Progrès de Lyon, 28 juin 1975. - "En souvenir de Marius Vettard" / Félix Benoît in Le Tout Lyon, 3 juillet 1975. - L'affaire Vettard / Bernard Frangin, 1997 (BM Lyon, K 164928). - Le grand dictionnaire des cuisiniers / Jean-François Mesplède, 2015 [BM Lyon, DLA 14598].

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