[Théâtre de l'Eldorado]
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localisationBibliothèque municipale de Lyon / P0741 FIGRPTL0256 29
technique1 photographie positive : tirage noir et blanc ; 17,5 x 12,5 cm (épr.)
descriptionAdresse de prise de vue : L'Eldorado, 33, cours Gambetta, Lyon 3e.
historiqueReportage photographique réalisé à l'occasion de la présentation de presse du "Directeur de Théâtre" de Mozart et de "Prima la Musica, Poi le Parole" de Salieri, mis en scène par Myriam Tanant et dirigé par Claire Gibault, produit par l'orchestre de l'Opéra de Lyon "hors les murs" au Théâtre de l'Eldorado (Lyon), du 21 au 29 avril 1989.
historiquePour l'Eldorado, tout commence ... par la boisson. En 1846, les sieurs Bouvard et Gouffard installent une fabrique de bière à l'angle de la rue de la Vigilance et de la rue de l'Humilité, dans la partie nord du quartier (alors commune) de la Guillotière. Les affaires prospèrent et la brasserie échoit en 1853 à la famille Corompt ; le père d'abord, Jean-Paul, jusqu'à sa mort en 1877 ; la veuve et le fils ensuite, qui vendent finalement l'entreprise à un autre brasseur lyonnais, Vinckler, en 1882. La brasserie va rapidement s'étoffer, s'agrandir, annexer d'autres bâtiments et ne fermera ses portes qu'en 1955. Or, dès 1873, Jean-Paul Corompt a acheté un ensemble de faméliques entrepôts situés dans le pâté de maison séparant la brasserie du cours Gambetta, alors Cours de Brosses. Pâté de maison également occupé, ironie du sort, par une école religieuse de jeunes filles tenue par les soeurs de Saint-Joseph. Du moins jusqu'à la loi sur les congrégations de 1903. Rasant les entrepôts, Corompt fait rapidement édifier un café-brasserie agrémenté d'une salle d'ombrage, d'un jeu de boules et d'un petit restaurant dont les spécialités sont la choucroute, le jambon, le saucisson et, bien sûr, la bière maison, qu'il est recommandé de boire ... tiède ! Le lieu devient vite un endroit à la mode qu'un nouveau propriétaire, le sieur Gentelet, après 1891, oriente vers le café-concert. Du coup, trois ans plus tard, en 1894, une société d'actionnaires achète le tout, décidée à en faire un théâtre. On s'adresse, pour cela, à l'architecte Claudius Porte, qui vient de construire le Casino de Lyon et l'Eden de Saint-Etienne. Une fois les vieux bâtiments rasés, les travaux sont conduits avec célérité et la nouvelle salle ouverte dès juin 1894, en pleine exposition universelle, dotée d'un titre rutilant, "l'Eldorado" et d'un nouveau directeur : le sieur Verdellet. Derrière une façade lilliputienne s'élève une superbe salle à l'italienne décorée par Delanger, qui subsiste encore aujourd'hui, à peine modifiée. Elle associe un parterre, trois rangs de balcons soutenus par des colonnettes de métal aux chapiteaux abondamment décorés et un promenoir supérieur surmonté de larges baies servant à son aération. Une rareté pour l'époque. La scène, large et profonde, bénéficie de cintres et de dessous, "comme au Grand-Théâtre", deux mini-foyers accueillant le public lors des entractes. Enfin, l'ensemble est brillamment illuminé par la fée électricité : deux cent dix-sept lampes à incandescence et dix lampes à arc, précise une revue professionnelle de l'époque. Le 14 juin 1894, les habitants de la Guillotière se pressent, très fiers de leur théâtre, pour assister au spectacle inaugural : une pantomime-ballet, un rien coquine et déshabillée, "Le Coucher d'Yvette", due au directeur lui-même. Avec un cancan final dansé par quatre pensionnaires du fameux Moulin-Rouge, descendues de Paris pour l'occasion. C'est le début d'une longue suite de revues aux costumes chatoyants, aux airs entrainants ... et aux titres dignes de l'almanach Vermot. Du style "A Lyon z'y gaiement" ou "Allons à la Guille". Quelques noms appelés à faire une belle carrière nationale dans le monde du music-hall n'en font pas moins leur débuts à l'Eldorado : Polin, Yvette Guilbert, Mayol, Mistinguett et Loïe Fuller. En 1911, un nouveau directeur, Rasimi, change à la fois le répertoire et le nom du lieu. L'Eldorado devient le "Nouveau Théâtre", désormais dévolu au mélodrame, à la comédie et à l'opérette. On ouvre avec "Le bossu" de Paul Féval, suivi par "La fille de madame Angot", "Les Deux orphelines", "L'Hôtel du libre échange" et autre "Maître de forges". Pendant plus de quinze ans, cet étonnant patchwork attire les spectateurs. On rit aux "Saltimbanques", on pleure à "La porteuse de pain", on fait une ovation à Marguerite Moreno jouant "Hernani". En 1917, en pleine guerre, nouveau changement de cap. Le nouveau directeur, Elie, reprend l'ancien nom d'Eldorado et ramène les revues, mêlées à l'opérette et au cinéma muet. C'est le temps de "Phi-Phi", de "Occupe-toi d'Amélie", de "La dame de chez Maxim's". Associé avec le directeur des Célestins, Montcharmont, après 1919, Elie en revient à la comédie, de Rostand à Courteline, avec des distributions réunissant Madeleine Renaud, Louis Verneuil, Pierre Brasseur, Gaby Morlay ... Spectacles au besoin entrecoupés d'illusionnistes et d'acrobates. Mais un rival mortel est apparu, qui va finalement l'emporter : le cinéma. En novembre 1929, l'Eldorado affiche son dernier spectacle : "Le train fantôme". Un mois plus tard, le cinéma parlant s'installe définitivement. Tout au plus l'entracte est-il suivi, jusqu'à la guerre d'attractions diverses et variées. C'est ainsi que Tino Rossi se produit sur la scène de la Guillotière à ses débuts, en 1922. Après-guerre, l'Eldorado poursuit son chemin. Mais la salle a vieilli. Incommode, passée de mode, elle doit finalement fermer ses portes en 1976. Une page est tournée. Source : "Cent ans de spectacle" / G.C. [Gérard Corneloup] in Lyon Figaro, 21 avril 1989, p.32-33.
historiqueInscrit au titre des Monuments historiques en 1982, le Théâtre de l'Eldorado est finalement détruit en 1993 et radié des Monuments historiques en 2010.
note à l'exemplaireNégatif(s) sous la cote : FIGRP00990.
note bibliographique"Le match Mozart-Salieri" / G.C. [Gérard Corneloup] in Lyon Figaro, 21 avril 1989, p.31. - "Eldorado, pays chimérique" / P.D. [Pascaline Dussurget] in Lyon Figaro, 21 avril 1989, p.32. - "Mozart et Salieri s'empoignent à l'Eldorado" in Lyon Libération, 22-23 avril 1989.
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