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Ms 1693, f. 254v-255

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    Scène de Polo - Œuvres complètes de Saadi

    Cette miniature peinte sur papier extraite du manuscrit persan des œuvres complètes de Sa’adi, conservé à la bibliothèque municipale de Lyon [+]

    Scène de Polo - Œuvres complètes de Saadi

    Cette miniature peinte sur papier extraite du manuscrit persan des œuvres complètes de Sa’adi, conservé à la bibliothèque municipale de Lyon [1], est mise en valeur par des encadrements successifs aux couleurs variées . Deux zones de texte à la mise en page très soignée et une marge aux décors floraux délicatement dorés sertissent l’ensemble.

      

    Comme prise sur le vif, la scène représente deux cavaliers montés sur des chevaux au galop, allure suggérée par leurs antérieurs exagérément étendus devant eux. Chacun des joueurs, assis sur une selle dorée et tenant les rênes d’une main, incline le torse vers la balle qui constitue le point convergeant de la composition. L’un face à l’autre, ils s’apprêtent à la lancer au moyen d’un maillet en bois dans les buts représentés par deux poteaux en haut et en bas d’un sol herbeux de couleur rose.

    La ligne d’horizon, très élevée, est typique de la miniature persane. Elle laisse apparaître un ciel doré évoquant le jour, constellé de quelques nuages fins et enroulés preuve d’une influence artistique de style chinois.

    Un arbre au feuillage rond et au tronc grêle apporte un peu de végétation autour du terrain de jeu, usuellement plat et urbain. Deux autres hommes, figurés au bas de l’image, semblent attendre leur tour ou offrir leur arbitrage, ainsi que des maillets de rechange au besoin. Leur turban allongé et blanc, noué au milieu par un linge doré, pourrait établir une distinction hiérarchique avec les cavaliers dont le turban, noué à l’identique, est fait d’or exclusivement.

    L’ensemble est exécuté avec une palette de couleurs particulièrement vives et contrastées grâce à l’intensité des pigments naturels. Au-delà de la simple représentation d’une tradition fortement ancrée dans l’histoire de la Perse, cette miniature illustrerait le propos du poète, évoquant les malheurs d’un jeune amoureux dont le cœur est balloté comme la balle du jeu de polo.

    La figure qui nous occupe ici est un classique de l’iconographie persane. Discipline équestre existant dès l’époque sassanide [2], le polo se pratique principalement dans les milieux aristocratiques, ce qui lui vaut l’appellation de ‘jeu des princes’ ou ‘prince des jeux’.  Sportif et ludique, il devait être enseigné à un jeune noble au même titre que la lecture, la calligraphie, les échecs, la composition de textes ou la chasse car, alliant l’adresse et la force mais aussi l’homme à la nature, il constitue -de manière déguisée - une préparation à la guerre.

    Soigneusement copié d’une écriture nasta’liq [3] et richement enluminé avec une certaine abondance d’or, le manuscrit 1693 n’est pas une commande royale mais est un ouvrage de prix qui ne comporte pas moins de 17 miniatures [4].

    Le style de l’ornementation et des illustrations laisse à penser qu’il fut produit à la toute fin du XVIe siècle [5] à Chiraz, ville située au sud-ouest de l’Iran et ancienne étape caravanière, qui a connu un fort rayonnement culturel grâce à de nombreux artisans du livre.

    Elle est le berceau d’auteurs illustres et notamment de celui des œuvres complètes contenues dans ce recueil : Sa’adi [6]. Son mausolée, visitable encore aujourd’hui dans cette cité, fait depuis des siècles l’objet d’une certaine ferveur populaire, ce dont atteste une autre illustration du manuscrit, le bi-feuillet remarquablement enluminé en tête d’ouvrage.


    [1] Bibliothèque municipale de Lyon, manuscrit 1693 (fonds général), folio 254 verso (sens oriental)

    [2] La dynastie Sassanide (224-651 après J-C) édifia l’Empire perse de la Mésopotamie à l’Indus, avant la conquête musulmane 

    [3] Ecriture cursive peu ligaturée qui prédomine la calligraphie persane aux XVe et XVIe siècles

    [4] Le terme « miniature » désigne les peintures exécutées dans les manuscrits, dont les feuillets sont relativement réduits

    [5] La datation XVe s. initiale parue dans le Catalogue Général des Manuscrits a été revue en 2014 par L. Derail et F. Richard.

    [6] Abū-Muḥammad Muṣliḥ al-Dīn bin Abdallāh Shīrāzī, ou Sa’adi, est un des plus grands poètes persans, actif au XIIIe siècle

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    Ms 1693, f. 254v-255 - Oeuvres complètes, par Sa'di Al-Shirazi, 1193-1292?
    (Bibliothèque municipale de Lyon, Ms 1693)
    Droit d'utilisation : Domaine public, Licence Ouverte-Open Licence

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