[Erik Dietman au Palais Saint-Pierre]

[Erik Dietman au Palais Saint-Pierre]
droitsCreative Commons - Paternité. Pas d'utilisation commerciale. Pas de modification.
localisationBibliothèque municipale de Lyon / P0740 FIGRPT0201 05
technique1 photographie positive : tirage noir et blanc ; 20 x 15 cm (épr.)
descriptionAdresse de prise de vue : "Entre lard et l'art", exposition Erik Dietman à Saint-Pierre contemporain, 16 rue Président Edouard-Herriot, Lyon 1er.
historiqueQuand Erik Dietman débarque de sa Suède natale à Paris en 1959, le Nouveau Réalisme a déjà fourbi ses armes. L'appropriation directe du réel et des signes de la réalité urbaine et industrielle, passe pour lui par l'empreinte et l'assemblage. Il n'attend plus que le fameux manifeste de Pierre Restany, l'année suivante, pour prendre des allures de mouvement. Tinguely, Klein, César, Arman, Spoerri, Hains, vont très vite faire partie de l'horizon plus ou moins proche de Dietman. Marcel Duchamp, aussi, qu'il découvre avec intérêt. Si Christo lange, Dietman panse. Ses premiers gestes artistiques sont d'envelopper de sparadrap ou de gaze les objets les plus divers. Réchaud, oiseau, chameau, chapeau... miroir, armoire, tiroir... Jusqu'à lui-même. Apprenti-maçon maladroit, il mêle déjà intimement son art et sa vie. Symbole d'un monde malade et remède aux brûlures du ciment, le sparadrap dénonce des blessures physiques et métaphysiques. Puis l'ex roi du sparadrap passe à autre chose mais reste fidèle à un principe, pour lui fondamental, à savoir que l'acte créateur est en soi plus important que le résultat. La création opposée à la réification. L'objet élu, transformé, détourné est alors l'enjeu d'un autre regard qui le déconditionne, qui rompt avec les habitudes mentales. Ajouter à cela le choix de la banalité qui devient insolite et une certaine distance critique (et humoristique) dans le regard. Pas étonnant qu'Erik Dietman fasse un bout de chemin avec Fluxus. Et continue tout seul. Et continue toujours, dans cette mise à distance qu'est son regard dans le monde et sur le monde. A cet éclairage, sa création personnelle apparaît à la fois comme une sorte de commentaire ironique, un sabotage systématique des valeurs, et un passe-temps pas sérieux, ou se mêlent généreusement tranches d'art et de vie, de quoi fournir, à son spectateur, un en-cas pour la route. Source : "Dietman le farceur" / Nelly Colin in Lyon Figaro, 18 mars 1988, p.42.
note bibliographique"Rétrospective Erik Dietman : entre lard et l'art" / Elyane Gérome in Le Progrès de Lyon, 21 mars 1988.

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