[Tropicalisation des véhicules du 68e régiment...

[Tropicalisation des véhicules du 68e régiment d'artillerie de La Valbonne en partance pour la Guerre du golfe]
droitsCreative Commons - Paternité. Pas d'utilisation commerciale. Pas de modification.
localisationBibliothèque municipale de Lyon / P0740 FIGRPT0106B 07
technique1 photographie positive : tirage noir et blanc ; 18 x 24 cm (épr.)
descriptionAdresse de prise de vue : Etablissement régional du matériel (ERM), Quartier de l'ingénieur général Sabatier, 7, boulevard de l'Artillerie, Lyon 7e.
historiqueLe 68e régiment d'artillerie de La Valbonne est prêt au départ. Les cent quatre-vingt-dix véhicules du bataillon ont fini d'être tropicalisés, le 23 janvier 1991. Quatre mois après le 1er régiment de Spahis de Valence.
historique[Le 23 janvier 1991], 19 heures. Le dernier des 190 véhicules du 68e régiment d'artillerie de La Valbonne a été "tropicalisé" à l'abri des regards indiscrets, au boulevard de l'Artillerie. Depuis [le 20 janvier], l'Etablissement régional du matériel de l'armée, basé à Gerland, vit au rythme du camouflage des TRM 10.000 tracteurs de canons 155 mm, des TRM 4000 et 2000, des VAB, des Jeep P4 et des Schelter calculateurs de tir. Entre quinze et quarante minutes dans un des deux sites de peinture et les véhicules ont perdu leur camouflage centre-européen kaki pour trouver une couleur sable, "plus appropriée au site". Tous ces véhicules, ainsi qu'un bataillon de cinq cents hommes, sont en instance de départ pour le Golfe (voir Lyon Figaro, 22 janvier 1991). Pour l'instant, le bataillon ne connaît pas encore sa destination exacte. [Le 23 janvier encore], cinq brigadiers du 68e RA et leur maréchal des logis-chef, qui se disaient "prêts à partir", se contentaient d'apporter les dernières préparations aux TRM avant leur passage au "pistolet". "Nous n'avons aucun renseignement sur notre future position mais on se doute de l'endroit : aux frontières du Koweït, affirme le maréchal des logis ScabeIIo. Quoi qu'il en soit, ils sont sûrs d'eux et motivés : "Nous avons un gros avantage sur les forces ennemies avec l'appui des forces aériennes". Et pour le brigadier Barre, il ne fait nul doute que lui et ses compagnons vont prendre "un billet aller-retour". Tous ont moins de vingt-cinq ans, engagés depuis plusieurs années. Ainsi pour le brigadier Delbos, "c'était l'usine ou l'armée. J'ai préféré l'armée parce qu'on fait du terrain". Propos plus nuancés de la part du maréchal des logis : "Nous nous sommes engages avant tout pour faire un métier. Peut-être pas vraiment dans l'esprit de faire la guerre". Un autre brigadier coupe court à toute analyse : "De toutes façons, de gens comme nous, il en faut". Avec le 68e RA de la Valbonne, l'Etablissement régional du matériel de l'armée a atteint les cinq cent cinquante véhicules "rafraîchis" pour les besoins du Golfe dans le cadre de l'opération Daguet. Le 15 septembre [1990], c'est le 1er régiment de Spahis de Valence qui inaugurait les séances de camouflage en couleur sable. Depuis, quelques véhicules de la 27e division Alpine sont aussi passés par la tropicalisation. "Les véhicules seulement, précise le colonel Mourrut. On a pris des éléments un peu partout pour former des modules complets pour Daguet". L'Etablissement a aussi accueilli le 1er régiment d'infanterie de Sarrebourg et la 6e DLB (Division légère blindée). Au total, depuis le début de l'opération Daguet, le camouflage a demandé 1,6 tonne de peinture. "Situation de temps de crise" oblige, les trois cents personnes, dont trente militaires seulement, du boulevard de l'Artillerie ont dû accélérer la cadence. Les opérations de tropicalisation sont venues s'ajouter à l'activité habituelle de distribution, d'approvisionnement et de réparation du matériel de l'armée de terre. Résultat : les huit peintres mobilisés, tous civils, pour le camouflage du matériel de la 68e RA, ont travaillé de 7 à 23 heures, non stop, [du 20 au 23 janvier]. Et, depuis le 15 septembre, on compte 2010 heures supplémentaires. "A situation exceptionnelle, moyens exceptionnels". Aujourd'hui, l'Etablissement de matériel militaire a repris son rythme de croisière. Pour l'instant, pas de nouvelle "commande" à l'horizon. Mais pour combien de temps ? Source : "Peintures de guerre" / Marie Caballero in Lyon Figaro, 24 janvier 1991, p.4.
historiqueL'Etablissement du Matériel de Lyon est l'héritier de l'arsenal de Lyon, créé en 1887. Cet arsenal devient, en 1918, parc d'artillerie de Lyon, puis parc régional de réparation en 1939. Il prend l'appellation d'établissement régional du matériel en 1946. L'ERM prend, le 1er janvier 1994, l'appellation d'Etablissement du Matériel de Lyon. Il disposait de deux groupements, celui de Saint-Priest, spécialisé dans le soutien des matériels NBC, et celui de Valence, spécialisé dans la maintenance des matériels ALAT (aviation légère de l'armée de terre).
note à l'exemplaireNégatif(s) sous la cote : FIGRP03315.

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