[Unité d'habitation Le Corbusier à Firminy]

[Unité d'habitation Le Corbusier à Firminy]
droitsCreative Commons - Paternité. Pas d'utilisation commerciale. Pas de modification.
localisationBibliothèque municipale de Lyon / P0740 FIGRPT0083 02
technique1 photographie positive : tirage noir et blanc ; 20 x 15 cm (épr.)
historiqueC'est sans doute par le fait du ministre de la Culture de l'époque, André Malraux, que la volonté du maire de Firminy de donner à Le Corbusier le chantier de la Maison de la culture de sa ville sera exaucée. L'élu, Claudius-Petit, ami de l'architecte, va en effet avoir ce privilège. Et, de 1961 à 1965, Le Corbusier projettera sur cette commune de l'ère minière l'une de ses réalisations les plus importantes après celle de Chandigarh en Inde. Quatre constructions s'étaleront dans le temps jusqu'à l'inachèvement de l'Eglise en 1970. Les trois autres étant : Maison de la culture, le stade, et l'unité d'habitation. Depuis 1983, les deux premières sont classées monuments historiques. La ville de Firminy est la conclusion de tout un urbanisme industriel qui s'écoule depuis Rive-de-Gier. Cité de 25.000 habitants, elle est celle qui compte dans la vallée de l'Ondaine. Malgré la présence noire des industries extractives, le paysage offre encore beaucoup de verdure. C'est en 1954 que Eugène Claudius-Petit fait appel à Le Corbusier pour l'élaboration du centre civique de Firminy-Vert. Le nouveau quartier s'inscrit dans un plan d'urbanisme dont le premier souci est de loger correctement une population qui vit encore sous le régime habitat du dix neuvième siècle. En 1959, l'architecte élabore de nouveaux croquis du site et au début des années soixante, les travaux vont commencer. A l'origine, la Maison des jeunes et de la culture est, avec le stade, dans un projet d'ensemble appelé centre civique de Firminy-Vert. Pour des raisons administratives, les deux équipements seront séparés. Le chantier commencera en 1961 et sera terminé en 1965. La forme de la Maison des jeunes reprend malgré tout l'ambition initiale d'être le résidu des gradins de la tribune. Elle mesure 112 mètres, avec une caractéristique : la toiture du bâtiment est indépendante de son ossature. Le groupe de recherches "Le Corbusier" de l'Ecole d'architecture de Saint-Etienne remarque en plus que "les câbles visibles de l'intérieur ne servent en fait qu'à supporter les dalles de couverture en béton cellulaire autoclavé. La longueur des câbles étant réglée très précisément de façon à assurer l'écoulement des eaux, vers les gargouilles". Dans le temps, le deuxième chantier sera celui de l'unité d'habitation. La première pierre sera posée eh 1965, mais Le Corbusier rejoindra sa Méditerranée et l'architecte Wogensky terminera son oeuvre. Elle s'ouvrira pour le logement en 1967. Située presque au sommet de la colline des Bruneaux, l'unité de Firminy est la cinquième et dernière, après le prototype de Marseille. Elle correspond encore et toujours au travail de l'architecte sur le coopérativisme et.le socialisme utopique. Sa longueur est de 130 mètres, sa hauteur de 57 mètres, le tout sur une largeur de 21 mètres pour 413 logements de six types différents, avec, sur son toit, une école maternelle et un théâtre de plein air. Et les oiseaux chantent encore autour de ce qui reste plus que jamais un horizontal bloc de béton traversé par le soleil et chatouillé au dessous, entre ses vingt huit pilotis, par un gigantesque courant d'air. Du courant d'air, l'église de Saint-Pierre n'en manque pas. Son édification commence en 1970 et sa construction sera la même année suspendue. Pourquoi ? Parce que la mairie de Firminy change à cette époque de casquette. Sans oublier le coût excessif de cette dernière construction. C'est donc une ébauche frustrante que l'on peut contempler depuis bientôt vingt ans. La ferraille est rouillée mais l'ancien maire de Firminy est convaincu de l'achèvement obligatoire de cette oeuvre qui ressemble sur maquette à un Pain de sucre épuré. Comme si la liberté offerte à Le Corbusier au cours de ses voyages brésiliens lui avait soudain été retirée. Double symbole quand on sait toute l'inspiration que les lieux de culte ont offert à l'architecte. Source : "Firminy : Le Corbusier inachevé" / Olivier Barban in Lyon Figaro, 23 juin 1987, p.12-13.

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