[Salon national des antiquaires européens (1991)]

[Salon national des antiquaires européens (1991)]
droitsCreative Commons - Paternité. Pas d'utilisation commerciale. Pas de modification.
localisationBibliothèque municipale de Lyon / P0740 FIGRPT0064E 04
technique1 photographie positive : tirage noir et blanc ; 24 x 18 cm (épr.)
historiqueSix mille mètres carrés de belles choses. Du prestige, de l'antiquité et de la brocante. A tous les prix et de toutes les époques, essentiellement du XVIIe aux années cinquante. Cette année [1991], les membres du Syndicat régional de l'antiquité et de l'occasion (SRAO) ont fait fort. Pour la première fois, ils se sont chargés, seuls, de l'organisation de cette énorme machine qu'est en passe de devenir ce salon. La journée des marchands, qui s'est déroulée [le 7 novembre 1991], a en effet vu affluer des acheteurs de toute l'Europe. En attendant de voir exposer des marchands allemands, anglais, italiens ou espagnols, on les invite chaleureusement entre les stands installés sous la Halle. "Pour l'instant, leur participation n'est pas possible, explique Lucien Monier, président du SRAO. Il faut attendre 1993. Mais notre objectif est d'avoir des exposants étrangers dès que possible. Nous sommes d'ailleurs en contact avec eux". En perspective : quelques voyages d'affaires. "Pour vous donner un exemple, nous avons essayé de faire venir un sculpteur de bois du Danemark. Pour faire passer la frontière à son bois, il fallait attendre au moins trois semaines. Alors que nous, pour passer chez eux, ça nous prend cinq minutes"... Dans ces conditions, mieux vaut patienter et acheter des meubles français. Et, sous la Halle, les Lyonnais vont avoir le choix. "La différence avec une cité des antiquaires ? On verra des objets nouveaux, qui viennent d'ailleurs et, surtout, nous aurons un expert, en plus de certains exposants, également reconnus experts officiellement", précise le président. De toute la France, les antiquaires et brocanteurs professionnels ont débarqué dès mercredi. Huit auront des stands classés "prestige", soixante en antiquités et quarante-deux en brocante. Les bijoux de Francine Panier arrivent de Marseille. On peut admirer, derrière des vitrines surveillées de très près, des pierres précieuses de qualité, des broches, des bagues et des boucles d'oreille des années vingt-cinq ou quarante. Un pendentif émaillé et or Napoléon III avec son bracelet or, émaillé bleu avec motifs diamantés, une bague en forme de pagode avec un magnifique saphir de Ceylan sortiront d'un lot plus que prestigieux. Côté meubles, on commencera au XVIIe pour terminer aux années trente. Du XVIIIe, du XIXe, du 1900 avec deux spécialistes du XVIIIe. Robert Gros, antiquaire à Verjon, apportera, lui, dans ses bagages, une belle série de sièges Empire en acajou, une commode Régence, des coffres et des commodes ainsi que des statues de pierre. Il proposera notamment une série de bibelots et de curiosités datés des XVIIe et XVIlle siècles. Quelque deux milliards de marchandises sont exposés sous la halle, autant dire que, côté sécurité, les organisateurs ont payé le prix de ce prestige. Soixante mille francs en maîtres-chiens, vitrines et stands ultra-protégés... Les tapis anciens aussi traverseront quelques artères pour passer de la boutique villeurbannaise de Désiré Lemeny au septième arrondissement. Le choix sera éclectique, un atout pour un tel salon, puisque l'on trouvera, dans la partie brocante, des vêtements et notamment des kimonos anciens. "Nous avons refusé une centaine de personnes, précise Jean-Claude Dupont, commissaire général du salon. Notre seul critère a été de n'accepter qu'une marchandise de qualité et de prestige. Tous les exposants sont référencés à notre syndicat national". "Nous avons même chassé quelques receleurs professionnels", s'amuse Lucien Monier. "Un salon des antiquaires, souligne-t-il, en faisant sourire sa moustache, c'est comme une jeune fille qui va au bal. On se pommade pour plaire au public et on sort ses plus beaux atouts". C'est ce que feront jusqu'[au 11 novembre] les cent exposants inscrits. Pour allécher les courtisans, il faut aussi les surprendre et en invitant des artisans d'art, Jean-Claude Dupont a fait le bon choix. Une Viennoise, Claude Grenier, montre sa collection de miniatures asiatiques. Spécialiste de l'encadrement d'art, elle travaille aussi le bois, le carton et la peinture pour créer un tableau autour du tableau. Une créatrice de tissus, un doreur sur bronze, un doreur sur bois, un restaurateur de tableaux... ceux qui souvent travaillent dans l'ombre des antiquaires, offrent au grand jour leur savoir-faire. Aucun d'entre eux ne vient de la Société des métiers d'art lyonnais. La belle mécanique s'est en effet enrayée à ce stade. Bisbille entre les antiquaires et la Société des métiers d'art de Lyon. Ponctuellement, la Ville de Lyon peut profiter de mètres carrés gratuits sous la halle. A l'occasion du salon, Emile Azoulay, conseiller municipal chargé du Commerce et de l'Artisanat, décide de se servir des mille mètres carrés qui lui sont attribués. Cinq cents mètres carrés pour les antiquaires et le reste pour la Société des métiers d'art. Jean Vocansson, le directeur de la halle donne son accord. Jusqu'ici tout va très bien. Mais les choses se gâtent quand les antiquaires demandent aux artisans d'art une participation aux frais de sécurité. Echanges de bons mots : "On nous dit qu'ils n'ont pas d'argent, mais nous ne sommes pas des vaches à lait", s'énerve Lucien Monier. "Ce sont des brocanteurs... Ils disent qu'ils sont antiquaires mais ils n'ont pas évolué. Ils ont l'esprit brocanteur", souligne Daniel Soudan, pour la Société des métiers d'art. Quelques jours avant l'ouverture du salon, on apprenait que la Société ne participerait pas. Pour le directeur de la Halle, tout est réglé, "le problème est entre eux". Les antiquaires ont loué six mille mètres carrés et occupent également les cinq cents mètres qui leur ont ensuite été alloués. Heureusement, ces incidents purement internes à l'organisation, n'empiètent pas sur le terrain réservé au public. Peu importe les coulisses, ce qu'il faudra regarder sera sur les stands et non derrière. Source : "La vieille Europe sous la Halle" / N.B. [Nathalie Blanc] in Lyon Figaro, 8 novembre 1991, p.12-13.
note à l'exemplaireNégatif(s) sous la cote : FIGRP04637.

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