[Confiserie artisanale Claude Crochet]

[Confiserie artisanale Claude Crochet]
droitsCreative Commons - Paternité. Pas d'utilisation commerciale. Pas de modification.
localisationBibliothèque municipale de Lyon / P0740 FIGRPT0032 07
technique1 photographie positive : tirage noir et blanc ; 12,5 x 17,5 cm (épr.)
descriptionAdresse de prise de vue : Confiserie Claude Crochet, 42, rue des Remparts-d'Ainay, Lyon 2e.
historiqueClaude Crochet fabrique ses bonbons, comme autrefois, avec de belles machines à vapeur du début du XXe siècle. Dans le dernière confiserie artisanale de Lyon, rue des Remparts-d'Ainay.
historiqueFeuilletés, fourrés ou poudrés. A la violette, au miel, au coquelicot... Les bonbons, c'est bon. Et c'est tellement capricieux ! Dans le quartier d'Ainay, le personnel de l'unique fabrique de confiserie artisanale de Lyon, peste contre le miel. "Le miel est monté trop haut, ce qui a bouché les tuyaux et la pompe. Il va falloir tout démonter et nettoyer au marteau". Claude Crochet n'est pas un confiseur comme les autres. Ses bonbons, il les fabrique lui-même, sur les bonnes vieilles machines d'autrefois. Une aventure entre la recherche de pièces détachées et la confection des berlingots multicolores. "Quand on fait un bonbon, l'arôme est prisonnier. Il ne s'échappe plus..." L'artisan est un amoureux des sucreries. Il les aiment et les fabrique toutes. Pour leur saveurs et malgré leurs caprices. "Le pire ennemi du confiseur, c'est l'humidité. Elle fait de vilains bonbons, et la couleur n'est pas belle. Pour trouver la bonne température, ça n'est pas facile. Les jours de mauvais temps, on sait que le travail va être dur". Quand on entre dans l'atelier de confiserie, on commence à comprendre et à rêver un peu. Le laboratoire de Merlin l'enchanteur devait ressembler à un endroit comme celui-ci. De belles machines à vapeur qui remontent au début du siècle, avalent, soupirent, transpirent, fabriquent et fabriquent encore "le" bonbon d'époque. Jusqu'à cinq cents kilos par jour. "Pour tenir le pari de sauvegarder ce patrimoine inestimable, il fallait le rendre utilisable et l'actualiser. C'est normal qu'il n'y ait plus de sabotiers, puisqu'on ne met plus de sabots. Pour les bonbons, c'est différent". L'histoire de Claude Crochet, a commencé il y a un an et demi. Il cherchait un fond de commerce pour se mettre à son compte. Par l'intermédiaire d'une petite annonce, il entre en contact avec le couple de confiseur de la rue des Remparts-d'Ainay. Près de la retraite, les artisans allaient tout abandonner. "Si je n'avais pas repris l'affaire, toutes ces belles machines partaient à la casse. Elle datent de 1910, 1920. Ce sont des Ratti, la Mercedes de l'époque". Fort de l'appui de sa banque, Claude Crochet restaure, répare, teste le matériel inestimable... "C'était ma première cuite de bonbons. Trente-cinq kilos de matière première... La chaudières casse. Elle était foutue. J'ai reçu une première aide de cent mille francs. Six mois après c'est l'Inspection du travail qui débarque. Il m'a fallu refaire toute l'électricité et, pour embaucher, installer la sécurité sur toutes les machines... quatre-vingt mille francs. Le banquier m'a fait confiance. Par ailleurs, heureusement que je fabrique aussi des chocolats. Avec les bénéfices qu'ils me rapportent, j'entretiens le patrimoine qui me permet de fabriquer les bonbons". Les situations dans lesquelles se retrouve l'artisan relèvent parfois de l'exploit. "Il y a quelques jours, mon thermomètre casse. Un beau thermomètre de un mètre vingt. J'ai dû passer une journée au téléphone pour trouver une entreprise qui en fabrique ou en possède encore. Finalement, j'en ai trouvé deux du côté de Saint-Fons. De même, quand une machine tombe en panne, je fais appel soit à un fraiseur, soit à un tourneur..." Pour honorer ses commandes dans les temps, Claude Crochet est prêt à travailler la nuit s'il le faut. Ses clients ? Les forains, les collectivités, les grossistes, les pharmacies, les pâtissiers... Il y a vingt ans, Lyon comptait une trentaine de fabriques. Aujourd'hui, il est le seul à faire sa place sur le marché de la confiserie artisanale. "Les bonbons gélifiés représentent quatre-vingts pour cent du marché. Parce que les enfants les réclament. La plupart du temps, ils les achètent dans les bureaux de tabac. Le présentoir fait à peu près trois mètres, sur lequel le buraliste dispose les produits leader. De bonbons seront toujours au fond". Mais, Claude Crochet, pour pallier cette situation, a imaginer de trouver d'autres promoteurs pour lesquels il fabriquerait des chocolats publicitaires. Une idée qui est en train de faire son chemin et qui risque de tenir la dragée haute aux fabricants industriels. Source : "Merveille au palais" / Catherine Guinard in Lyon Figaro, 21 novembre 1989, p.40.
note à l'exemplaireNégatif(s) sous la cote : FIGRP01290.
note bibliographique"Enrobé, c'est mangé" / Laurence Salignat in Lyon Matin, 10 novembre 1989.

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