Lyon : Parc de la Tête-d'Or ; Le Chalet des Iles (Parc de...

Lyon : Parc de la Tête-d'Or ; Le Chalet des Iles (Parc de la Tête-d'Or)
droitsCreative Commons - Paternité. Pas d'utilisation commerciale. Pas de modification.
localisationBibliothèque municipale de Lyon / B03CP6900 002191
technique1 impression photomécanique (carte postale) : noir et blanc ; 9 x 14 cm
descriptionInscription(s) sur l'image : "14" ; "Lyon : Parc de la Tête-d'Or ; Le Chalet des Iles (Parc de la Tête-d'Or)" ; "Collections ND Phot.".
historiqueEn 1963, le vieux chalet du Parc de la Tête-d'Or fut remplacé par un bel établissement moderne et clair. Celui que l'on s'apprêtait à détruire, pour avoir subi quelques modification depuis son origine, n'en avait pas moins conservé l'apparence générale de ses débuts, comme en font foi d'anciennes gravures et cartes postales. Le débarcadère des bateaux qui, autrefois, assurait le service des promenades collectives sur le lac, a disparu de ses abords, comme sur le lac les dits bateaux eux-mêmes pour laisser la place aux uniques petites barques puis aux pédalos. Le chalet avait été très fréquenté autrefois : de nombreux repas de mariage y étaient servis à la fin du XIXe siècle. Plus tard, au son d'un orchestre, on dansa sur la terrasse au nord. De combien de rendez-vous galants, le chalet fut-il le témoin et parfois le complice ! On ne saurait dire exactement quand il fut créé ; la recherche n'en serait sans doute pas très compliquée. Une exposition organisée en 1992 par le CAUE avance la date de 1858 à laquelle on vit apparaître un glacier sur les rives du lac avant que, deux ans plus tard et le succès grandissant, on construisit un chalet-restaurant en dur. En tout cas, il existait déjà en 1877. On sait par exemple que son exploitation fut mise en adjudication en 1889 et il est vraisemblable que, dès ses débuts, il en avait été de même. La grande vogue de cet établissement, pourtant si bien situé, était relativement tombée après la Seconde Guerre mondiale. Il était sans doute trop proche de la ville pour les Lyonnais de plus en plus férus de véhicules motorisés et de randonnées lointaine. Les progrès de la Foire de Lyon, au lendemain de la Libération de Lyon, permirent d'envisager pour le Chalet du Parc, non pas une destination nouvelle, mais une occasion de repartir en flèche. En 1955, la ville après quelques réticences, autorisa la Société de la Foire à accéder à l'intérieur du vélodrome pour la présentation, autour et à l'intérieur du vélodrome, des matériels de camping et de la navigation. Dès lors, les exposants, les acheteurs et les visiteurs de ce groupe se trouvèrent à une très courte distance du Chalet du Parc. Une porte spéciale leur permit d'accéder au domaine de la Foire ou d'en sortir par l'intérieur du parc. La tentation pouvait donc venir aux clients de la Foire de venir déjeuner au chalet, dans un cadre plus agréable et moins bruyant que celui des restaurants du Palais. Cette tentation, on pensa aussi à la créer et à l'entretenir. Il suffisait de donner au chalet les moyens de satisfaire une clientèle d'élite. Le conseil d'administration de la Foire entra donc en pourparlers avec la Ville de Lyon, dont le restaurateur du Chalet était le concessionnaire. Mais à ce moment, le dit concessionnaire était en procès devant le Conseil d'Etat pour demander l'annulation d'un arrêt du Conseil de Préfecture qui avait décidé que le Parc faisait partie du Domaine Public. Si cette décision était maintenue, le bénéfice de la propriété commerciale n'aurait pas pu jouer. La ville ne pouvait donc négocier avec la société de la Foire que si le concessionnaire se désistait de son pourvoi en Conseil d'Etat. Mais encore fallait-il que la ville acceptât de donner la concession à la Foire et que celle-ci désignât un gérant pour l'exploitation du chalet. Et encore, dans ce cas, la question se poserait de la nature juridique de cette gérance car une gérance salariée avait mis la société de la Foire sur un plan commercial non conforme à l'esprit de ses statuts. Les choses traînèrent du fait de la mort du concessionnaire et parce que l'autorisation de la Ville devait encore être approuvée par l'autorité supérieure. La loi de 1953 sur les gérances commerciales vint encore les compliquer. En effet, la Foire, société commerciale, certes, n'est pourtant pas professionnelle de la restauration. La convention projetée avec la Ville risquait donc d'être frappée de nullité, avec toutes les conséquences juridiques que cet imbroglio pourrait comporter. La vente du fonds par la veuve du concessionnaire à la Société de la Foire fut enfin signée au début de 1954 avec l'autorisation de la Ville et le tribunal autorisa celle-ci à mettre l'exploitation du chalet en gérance libre. Désormais, la Foire de Lyon était le concessionnaire de la Ville avec un gérant. Elle fit aménager le Chalet du Parc de façon qu'il répondit à ses intentions. Pour enrichir encore la réputation de ce restaurant rénové, la Société de la Foire se rendit acquéreur, en 1957, de la raison sociale du célèbre restaurant à qui la "Mère Fillioux" avait donné une renommée gastronomique mondiale. Depuis ces importantes transformations, le restaurant du Chalet du Parc traite de nombreuses réceptions, des repas de mariage et des congrès qui font de lui un rendez-vous "sélect" des années 1960-1970. L'ancien chalet chalet dont l'état de vétusté le vouait aux pics des démolisseurs fut remplacer par une construction moderne. En mai 1963, les plans de cette nouvelle construction dû aux architectes Charles Dambrun et Jean Duthion furent soumis à l'appréciation des Lyonnais dans l'Atrium de l'hôtel de ville de Lyon. Désormais baptisé "pavillon", le nouveau Chalet du Parc de la Tête-d'Or sera officiellement inauguré le 30 mai 1967.
note bibliographiqueTête d'Or : un parc d'exception créé par Denis Bühler : [exposition présentée à l'Orangerie du Parc de la Tête d'Or du 3 juil. au 3 oct. 1992] / [organisée par le] Conseil d'architecture, d'urbanisme et de l'environnement du Rhône, 1992 [BM Lyon, 6900 F TET]. - "Méditations autour d'une assiette" / Félix Benoit in Rive gauche, no.22, octobre 1967, p.16.

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