[Affaire Greenpeace (1985). Déclaration de Charles Hernu,...

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localisation Bibliothèque municipale de Lyon / P0901 FIGRPT0813A 01
technique 1 photographie positive : tirage noir et blanc ; 12,5 x 17,5 cm (épr.)
description Dans les salons du ministère de la Défense, Charles Hernu fait une déclaration sur l'affaire "Greenpeace" après les nouvelles révélations faites le 17 septembre 1985 par le journal "Le Monde".
historique Le journal "Le Monde" fournit dans son numéro daté du mercredi 18 septembre des indications recueillies "de sources concordantes", et selon lesquelles une troisième équipe de militaires français aurait reçu mission de couler le "Rainbow Warrior" dans le port d'Auckland. Ces derniers auraient quitté le territoire néo-zélandais sans s'être fait remarquer, tandis que l'attention se concentrait sur l'équipage de "L'Ouvéa" et sur les faux époux "Turenge". Notant qu'à l'exception de la jeune femme, tous les participants directs ont été des nageurs de combat de l'armée qui ne pouvaient agir que sur ordre, le journal se demande à quel niveau de la hiérarchie il faut remonter pour trouver le point de départ d'une intervention qui souhaitait répondre aux inquiétudes de la Direction des centres d'essai nucléaires à la veille de la nouvelle campagne de l'organisation Greenpeace. En remontant les échelons de cette hiérarchie depuis le colonel Lesquer, responsable de la division Action au sein de la D.G.S.E. et de l'amiral Lacoste, chef de la D.G.S.E., "Le Monde" aboutit au général Lacaze, à l'époque chef de l'état-major des armées et au général Saulnier, son successeur, mais alors chef d'état-major particulier du président de la République, et il cite enfin le ministre de la Défense lui-même. Mais à ce stade, reconnait aussitôt le journal, "il est impossible de savoir si ces trois dernières personnalités sont directement impliquées ou simplement concernées en raison de malentendus et de non dits lors des discussions sur Greenpeace". "Le Monde" écarte tout scénario qui aboutirait à mettre en cause le président de la République dans la genèse de cette troublante affaire. Il se contente de relever les interrogations successives du chef de l'Etat pendant l'été, alors que parvenaient des antipodes des informations de plus en plus consternantes. Il relève également la prudence du premier ministre qui avait pris soin, au mois d'août, de confier au gaulliste Bernard Tricot la mission que l'on sait et dont l'entourage a rappelé que Laurent Fabius avait assuré très tôt la détermination du gouvernement "à ne rien laisser dans l'ombre". Un mois après la publication d'un rapport qui n'a pas négligé de poser quelques questions embarrassantes sous l'apparence d'un certain angélisme, l'affaire du "Rainbow Warrior" relance un grand nombre d'interrogations, notamment celles qui se rapportent aux responsabilités. Elle a contribué à assombrir, s'il en était besoin, l'été difficile de M. Mitterrand qui a déjà manqué ces dernières semaines quelques rendez-vous avec la chance. Source : "La découverte d'une troisième équipe" / Claude Bourgeois in Lyon Matin, 18 septembre 1985.
historique Confronté à une nouvelle vague d'accusations, Charles Hernu a fait front face aux "calomnies" tandis que le gouvernement dans son ensemble choisi publiquement de maintenir avec prudence sa ligne de conduite, à savoir "tout sera fait pour connaître la vérité". Au lendemain des informations du Monde affirmant qu'une troisième équipe de militaires français a été à l'origine de l'attentat, tout le monde attendait la réaction du gouvernement et du ministre, dont la démission était de nouveau évoquée comme une possibilité dans les commentaires de presse, comme cela avait été le cas en août [1985]. L'affaire a fait l'objet d'un tour de table du Conseil des ministres, réuni sous la présidence de M. Mitterrand. Selon divers témoignages et les commentaires du porte-parole du gouvernement, Mme Georgina Dufoix, il semble d'abord que les informations du "Monde" n'ont pas été considérées [le 18 septembre] comme apportant des éléments bien nouveaux. "Révélations, qu'est-ce que vous racontez là", a lancé Mme Dufoix. Pour elle, comme pour beaucoup d'autres membres du gouvernement, l'affaire est ténébreuse mais rien ne permet de dire qui a fait sauter le bateau de l'organisation écologique Greenpeace, le 10 juillet, dans le port d'Auckland, en Australie. Le gouvernement fera tout pour le découvrir, mais actuellement, il ne le sait pas. Il n'y a pas à ce stade de "preuves". Autre point mis en valeur à ce conseil : il n'y a pas eu d'ordre "politique" de faire commettre un attentat par les services français. C'est "la seule chose sûre", a dit Mme Dufoix dans une conversation informelle avec les journalistes. La responsabilité de M. Hernu en ce domaine est donc implicitement dégagée. Enfin, troisième préoccupation exprimée dans le tour de table : les mises en causes d'officiers généraux - comme les généraux Saulnier et Lacaze - ne sont fondées sur rien et cela attente à leur honneur. M. Hernu, qui n'est semble-t-il pas intervenu à l'Elysée lors du conseil, est donc sorti plutôt conforté même si le gouvernement n'a pas formellement réagi aux critiques portées contre lui. Lorsque la "solidarité gouvernementale" est affirmée par Mme Dufoix, il est précisé qu'il s'agit d'une solidarité "pour établir la vérité". Mais il a pu cependant, sur les bases élaborées au conseil, développer avec fermeté un certain nombre de thèmes, lui qui longtemps pendant le déroulement de l'affaire a souffert "d'être comme un boxeur les mains liées derrière le dos". Face à une foule de journalistes, il a lu une longue déclaration, se refusant à répondre aux questions précises des journalistes, une attitude que de nombreux journalistes, notamment anglo-saxons, avaient déjà reprochée à M. Laurent Fabius. Les explications de M. Hernu M. Charles Hernu a fermement exprimé son indignation "devant la campagne de calomnies menée contre des responsables militaires français". A la fois décontracté et déterminé, le ministre de la Défense n'a toutefois pas exclu qu'on ait contrevenu à ses ordres ou qu'on lui ait menti. Dans ce cas là, a-t-il martelé, "je serais impitoyable dans mes sanctions". Prononçant à plusieurs reprises un hommage appuyé aux forces armées, aussi bien aux plus hauts responsables de l'état-major qu'aux officiers, sous-officiers et soldats, le ministre a suggéré "en confidence" qu'il y avait de la "malignité" dans cette affaire : "ce n'est peut-être pas le seul fait du hasard si tous ceux qu'on attaque sont des hommes de la chaîne nucléaire". [...] Source : "Hernu fait face" in Le Progrès de Lyon, 19 septembre 1985.
historique Affaire Greenpeace : Attentat contre le Rainbow Warrior, navire de l'organisation Greenpeace en campagne contre les essais nucléaires français dans le Pacifique, coulé dans le port d'Auckland (Nouvelle-Zélande) le 10 juillet 1985 par les services secrets français. Les "faux époux Turenge" (A. Mafart et D. Prieur) sont condamnés et emprisonnés en Nouvelle-Zélande. Dix ans plus tard, menant la campagne de Greenpeace contre la reprise des essais nucléaires, le Raibow Warrior II est arraisonné par la marine française au large de Mururoa (9 juillet 1995).
note à l'exemplaire Timbre humide au verso : "AGIP / Robert Cohen / Agence photographique de presse". Photographie issue des archives du Journal Rhône-Alpes.
note bibliographique Wikipédia. [En ligne] : https://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_du_Rainbow_Warrior (consulté le 20-01-2022).

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