[Jacques Douffiagues, ministre délégué chargé des...

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localisation Bibliothèque municipale de Lyon / P0741 FIGRPT0308 07
technique 1 photographie positive : tirage noir et blanc ; 15 x 20 cm (épr.)
historique Jacques Douffiagues était à Lyon le 2 décembre 1986. Un programme chargé l'attendait, la visite des infrastructures régionales. Si aucune décision concrète n'a été prise, le ministre délégué chargé des Transports s'est déclaré impressionné par l'Institut national de recherche sur les transports et leur sécurité.
historique Vaste programme que la visite de l'INRETS (Institut national de recherche sur les transports et leur sécurité) situé à Bron. Mais, Jacques Douffiagues, ministre délégué chargé des Transports, a pris tout son temps [le 2 décembre 1986] pour visiter cet institut et assister à quelques expériences en compagnie de M. Gilbert Carrère, préfet de région, et du directeur général de l'INRETS, M. Dobias. "Voilà un centre qui mérite d'être davantage connu. Lorsque l'on achète une voiture on se préoccupe surtout de savoir si elle fonctionne bien sans essayer de connaitre les conditions de sa durée de vie et de sécurité" devait commenter M. Douffiagues, tandis que l'un des responsables de l'INRETS précisait en aparté : "Attention ! Il ne faut pas confondre, c'est M. Méhaignerie qui est ministre de la Sécurité routière". Néanmoins, M. Douffiagues était tout de même concerné au premier chef surtout en ce qui touche au domaine des transports en commun et routiers. Et surtout lorsque l'on sait qu'en 1984 sur 6800 morts en V.L. (véhicules légers), 1000 ont été tués dans un choc avec un P.L. (poids lourd). Des chiffres qui tendent à diminuer en partie grâce au travail et aux expériences effectués dans les différents centres de l'INRETS à Arcueil, Montlhéry, Lille, Salon-de-Provence... et Lyon-Bron. A Lyon-Bron, les activités sont tout particulièrement orientées vers le progrès technologique des véhicules. Cent personnes travaillent dans des disciplines variées telles que la mécanique, l'acoustique, l'ergonomie, la psychologie, la physiologie, la médecine... Elles sont réparties au sein de quatre unités : le laboratoire des chocs et de biomécanique (L.C.B.), le laboratoire énergies nuisances (L.E.N.), le laboratoire ergonomie santé confort (LESCO) et la mécanisation mécanique et acoustique (M.M.A.) auxquelles il faut ajouter l'unité administrative et financière. M. Douffiagues eut tout d'abord droit au L.E.N. qui vient de procéder à l'étude EUREV (étude expérimentale sur l'utilisation réelle des véhicules) et pour laquelle trente-cinq conducteurs tirés au sort ont vu leur véhicule équipé de matériel d'enregistrement et de capteur de vitesse, de régime moteur de température de consommation... Ces véhicules cobayes qui étaient conduits par leurs propriétaires en utilisation habituelle pendant plusieurs semaines, ont permis d'apporter une quantité considérable de données, susceptibles de nombreuses exploitations complémentaires. Le L.E.N. abrite également un banc à rouleaux permettant de reproduire tout profil de vitesse pour tout véhicule de moins de 3,5 tonnes (essence ou diesel) et de mesurer les quantités de polluants émises. L'actuelle campagne de mesure financée par "l'agence pour la qualité de l'air" et qui consiste à mesurer les émissions de polluants de cinquante véhicules essence et de vingt véhicules diesel, représentatifs du parc français actuel, est la première réalisée en France sur un aussi grand nombre de véhicules. C'est la première fois aussi que l'on mesure des émissions sur des profils vitesse aussi proches de la réalité. Enfin. le L.E.N. c'est également ce fameux banc moteur dont la construction débutée en juillet [1986] s'achèvera dans le courant [du mois de décembre]. Il permet un contrôle précis de la charge et du régime du moteur. Que ce soient des moteurs français ou étrangers, ceux-ci pourront être lestés dans des conditions analogues de fonctionnement avec un conducteur moyen. "Ce qui fatigue le plus un moteur ce sont les petits trajets, la répétition des démarrages. Avec ce banc moteur, complémentaire des essais réalisés par les constructeurs, nous pourrons étudier les incidences de vieillissement du moteur" souligna M. Delsey, responsable du L.E.N. Son coût : 3 millions de francs financés par les pouvoirs publics. Le jeu en valait parait-il la chandelle. M. Douffiagues n'a pas tiqué. MM. Morlas. directeur technique de RVI et Soret. chargé de la coordination de la recherche, étaient là pour présenter au ministre le premier véhicule du programme "virages". Le VE 10 un poids lourd qui a pratiquement terminé ses essais. Les objectifs fixés : consommation, visibilité, sécurité, freinage, sont atteints. Ce poids lourd "design" a déjà nécessité trois ans d'études et un financement de un million de francs. La deuxième partie du programme "virages" débutera en 1988, coûtera le même prix et sera aussi financée par les pouvoirs publics. D'ores et déjà la consommation a été baissée de 20% quant à l'amélioration du confort du poste de conduite. M. Douffiague, qui et mis au volant est à même de l'évoquer. Côté M.M.A.. les responsables firent le point des recherches sur le contact pneumatique chaussée (en collaboration avec la société Michelin) qui ont pour objectif l'analyse du bruit rayonné par les pneumatiques et leur résistance au roulement. Précisons que le roulement consomme habituellement 25% de la puissance utile du moteur. Enfin, le ministre assista à la simulation d'un choc voiture - poids lourd. Un véhicule lance à 50 km/heure sur un rail est venu s'encastrer contre un obstacle représentant un avant de poids lourd. Cette recherche sur la compatibilité au choc entre ces deux types de véhicules aide notamment à l'évaluation en sécurité du véhicule "virage". "Et en plus la vitesse est faible" commenta le ministre en regardant le ralenti vidéo image par image, à l'issue de cette expérience significative : "mais, quel dégât !". Heureusement les mannequins avaient bouclé leurs ceintures de sécurité. "Une ceinture de sécurité que je ne peux pas mettre pour de réelles raisons médicales") souligna M. Douffiagues. Et il avoue aussi : "J'aime conduire et vite. Avant d'être au ministère, je parcourais 50.000 kilomètres par an. Mais attention, je respecte les limitations... Pour la vitesse, je me rends sur le circuit de La Chatre (Indre) où je pratique la formule 3 dans une Alfa Romeo". Source : "La ceinture monsieur le Ministre !" / Daniel Arisi in Lyon Figaro, 3 décembre 1986, p.2-3.

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