[Raymond Barre en déplacement en Savoie]

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localisation Bibliothèque municipale de Lyon / P0741 FIGRPTP0804 03
technique 1 photographie positive : tirage noir et blanc ; 20 x 15 cm (épr.)
description Au centre, Raymond Barre ; à droite, Henri Dujol, maire d'Aix-les-Bains (1971-1995).
historique Je ne crois pas au déclin de la France, même si nous avons pris du retard. C'est le thème que déclinait Raymond Barre au cours de son périple savoyard. Périple en trois volets, qui l'a amené à rencontrer "tous ceux qui comptent en Savoie", les élus, les socio-professionnels et, enfin, les militants et sympathisants barristes. L'ancien Premier ministre a tenu, d'entrée, à se placer en économiste et ne s'est ainsi pas privé d'inciter à l'investissement et à la compétition internationale. La matinée, réservée à la découverte des sites et de l'organisation olympique à Albertville, lui donnait l'occasion de rencontrer longuement Michel Barnier (président RPR du Conseil général et président du Comité d'organisation des jeux Olympiques) et de survoler en hélicoptère les sites qui feront d'Albertville, en 1992, la ville olympique. Après une mise au point télévisuelle des projets, le maire RPR d'Albertville Henri Dujol, entouré de son conseil municipal, souhaitait "une très brillante carrière et tous ses voeux pour les mois à venir" au candidat visiteur, en lui conseillant : "Puissiez-vous faire gagner la bonne cause. J'espère que vous porterez avec nous le flambeau". Le député de Lyon souhaitait, à son tour, encourager ses hôtes en leur rappelant que les jeux Olympiques étaient une affaire régionale aussi bien que nationale, dans la mesure où cette expérience prouve que "la France n'est pas en déclin et est capable d'assumer de grandes responsabilités." A travers cet exemple olympique, il souhaitait solennellement voir "tous les Français attachés au succès de la France. Dans les temps difficiles, les Français peuvent contribuer à franchir les difficultés et atteindre les objectifs". Même thème au cours du déjeuner-débat qui rassemblait quelques dizaines de socioprofessionnels et où les questions, posées d'avance, ne devaient "en aucun cas revêtir un caractère politique". Les artisans et industriels ont ainsi pu faire part à Raymond Barre de leurs inquiétudes ou espérances dans la perspective 1992. Le conférencier se posait là, plus que jamais, en économiste avec ses thèmes-leaders que furent l'investissement, la fiscalité, l'agriculture et le tourisme. Il abordait également le même schéma dans la vallée voisine, à Saint-Jean-de-Maurienne, où René Girard (conseiller général et régional UDF) lui adressait sensiblement les mêmes questions. L'atmosphère plus détendue que lors de la précédente étape, l'ancien ministre se permettait, à plusieurs reprises, de faire sourire la salle en conseillant notamment : "Il faut aller plus vite, il vous faut secouer le cocotier plus rapidement". Sa position sur la cohabitation faisait également partie de sa prestation puisqu'il tenait à préciser : "Je n'ai pas voulu me ranger dans la masse des complaisants", Et de confier : "Je ne suis pas soucieux de faire une carrière politique. Je ne m'en suis jamais vraiment soucié. Je souhaite simplement que le pays ne se retrouve pas à nouveau en situation de paralysie qui ne lui permette de faire face à la concurrence internationale". Sa quatrième et avant-dernière étape chambérienne l'amenait, quant à elle, à rencontrer les sympathisants et militants barristes. Leur chef de file venait là prendre contact avec ceux qui travaillent pour lui sur le terrain. Raymond Barre trouvait là l'occasion de remercier rapidement autour d'un verre les élus de la majorité qui l'avaient accompagné lors de cette journée. Pierre Dumas, maire de Chambéry et Charles Millon, coordinateur des réseaux REEL et député-maire de Belley, étaient là pour recevoir les encouragements olympiques du député de Lyon avant le meeting des tribuns. Gratien Ferrari, le maire UDF de la ville, remerciait une fois de plus les élus présents et l'ancien Premier ministre d'avoir répondu "aux inquiétudes et espoirs des socioprofessionnels". Le palais des congrès d'Aix-les-Bains, accueillant plus de mille cinq cents personnes, attendait avec une sobriété qui ne lui donnait guère une allure de grand messe les propos du présidentiable. Ou plutôt, compte tenu des circonstances, ceux du découvreur de la Savoie. Gratien Ferrari plaçait enfin, pour la première fois, cette journée dans la perspective de l'élection présidentielle, "qui constitue l'élément décisif de la vie de notre pays". Puis il présentait l'orateur suivant, le sénateur UDF Jean Blanc, avec un : "la loyauté, monsieur le Premier ministre est la règle impérative respectée de tous". Le sénateur Blanc déclarait au nom de l'union qui planait sur toutes la journée : "on ne gravit pas les cimes tout seul. Il faut être encordé pour franchir les vallées et les sommets. (...) Quand vous reviendrez, monsieur le Premier ministre, nous applaudirons le Président". C'est vers 21h30 que Raymond Barre se présentait au micro pour développer le thème : "La France dans la compétition internationale". Le 23 octobre, ce sera au tour de Jean-Marie Le Pen de faire une incursion en terre savoyarde, à Albertville. Une visite dont le COJO se serait apparemment bien passé. Source : "Il faut secouer le cocotier" / Catherine Lagrange in Lyon Figaro, 29 septembre 1987, p 2-3.

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