[Fondation nationale de la Photographie. Vernissage de...

[Fondation nationale de la Photographie. Vernissage de l'exposition "La Mission photographique de la D.A.T.A.R."]
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localisationBibliothèque municipale de Lyon / P0741 FIGRPTP2697 04
technique1 photographie positive : tirage noir et blanc ; 15 x 20 cm (épr.)
descriptionAdresse de prise de vue : Fondation nationale de la Photographie, Villa Lumière, 25, rue du Premier-Film, Lyon 8e.
historiqueVisiter un lieu public en compagnie d'un homme qui l'est tout autant est exercice à inspirer un chorégraphe. Il y a ceux qui marchent droit, en général l'homme en question et ses éclaireurs, ceux qui précèdent le mouvement à reculons, un objectif devant l'oeil le plus souvent, et ceux qui se déplacent en crabe, histoire de ne louper ni une petite phrase, ni une extase. C'est charmant et très embarrassant. [Le 19 janvier 1987 au] soir, à la Fondation nationale de la photographie, l'homme en question était Raymond Barre, piloté par Sonia Bove, directrice de l'endroit, André Mure et Jean-François Chevrier dans le rôle du commentateur des oeuvres exposées. Pour regarder la France, non au fond des yeux, mais à travers la lorgnette des quatorze photographes missionnés par la DATAR à cet effet, Raymond Barre prit son temps, écouta, se fit nommer tous les artistes et mesura ses appréciations. Tout juste remarqua-t-on qu'une vague naissante, l'ombre portée d'un arbre ou le graphisme d'un paysage avaient sa préférence, Cette France là, abandonnée à l'objectif sans trace ou presque de mise en scène, ressemble effectivement tellement à celle que l'on voit par la fenêtre des trains, qu'elle suscite peu le commentaire. Et c'est là la qualité de cette exposition. Raymond Barre fut plus disert en revanche quant à l'avenir de la Fondation de la photographie. En 1978, en ce même château Lumière, il inaugurait des lieux alors promis à un avenir national. La photographie était décentralisée et tout Lyon s'en réjouissait. Hélas un lustre plus tard Paris récupérait le tout, subsides compris, laissant Lyon sur un os et face à un squelette de Fondation. Bernard Chardère faisait place à Sonia Bove qui travaille depuis avec des bouts de chandelle et beaucoup de passion. "Ce n'était qu'une traversée du désert, lui dit aujourd'hui Raymond Barre, on sort toujours du désert, et ces traversées là permettent de mesurer la passion qu'on porte aux choses". Sonia Bove espère aujourd'hui mesurer l'engagement de l'Etat en la matière puisque Raymond Barre à conclu : "Le secrétaire d'Etat à la culture est très sensibilisé par cette Fondation. Je lui ai écrit, il m'a dit qu'il s'en occupait, et moi j'y veillerai personnellement". Entre deux bugnes, goûtées au premier étage du château, on évoqua même le chiffre d'un million de francs. Depuis [le 19 janvier], la photographie à Lyon a repris des couleurs. Source : "Du gris à la couleur" / S.B. [Sophie Bloch] in Lyon Figaro, 20 janvier 1987, p.37.

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