[Ateliers de restauration de véhicules anciens (J.-J....

[Ateliers de restauration de véhicules anciens (J.-J. Viannay, gérant)]
droitsCreative Commons - Paternité. Pas d'utilisation commerciale. Pas de modification.
localisationBibliothèque municipale de Lyon / P0741 FIGRPT0360 04
technique1 photographie positive : tirage noir et blanc ; 24 x 18 cm (épr.)
descriptionAdresse de prise de vue : Garage Viannay, rue Laborde, Lyon 9e.
historiqueDans le vacarme infernal des scies électriques et dans la lumière bleue des fers à souder, une dizaine d'ouvriers s'affairent dans un petit atelier de la rue Laborde, du neuvième arrondissement de Lyon. Devant eux, les carcasses de veilles voitures de toute sorte et de toutes marques. Point commun : leur âge presque ancestral. Bien que démontées, ces voitures anciennes gardent le charme secret des lignes pures des années vingt. Au fond du garage, une traction semble tout droit sortie d'un polar de Verneuil. Cet endroit, c'est le repère de Jean-Jacques Viannay. Jeune apprenti puis ouvrier, ce Lyonnais se passionne très vite pour l'automobile et surtout pour les véhicules anciens. "J'ai toujours été sensible à la beauté des voitures du début du siècle. Naturellement, j'ai eu envie de les restaurer. Aujourd'hui, par un effet de mode, il y a un engouement pour ces modèles et elles ont pris une grande valeur en peu de temps." Jean-Jacques Viannay ne parle jamais de prix. "Contrairement aux financiers et à beaucoup de collectionneurs, cela ne m'intéresse pas". D'ailleurs, il ne possède pas de collection personnelle. Pour lui, seul le résultat compte, quel que soit le temps qu'il passe pour réparer un véhicule. En moyenne, près de 2000 heures sont nécessaires à un ouvrier. C'est pourquoi, il faut patienter environ six mois pour revoir sa vieille guimbarde remise à neuf, quand on la gare dans le petit atelier. Pour restaurer ses "bijoux", Jean-Jacques Viannay travaille très souvent sur photographies d'époque. Il met un point d 'honneur à les rénover avec les matériaux d'origine. Bois précieux, tôles épaisses... Même les pneus ont le cachet d'origine puisque la société Michelin a un service de fabrication spécifique qui redonne la forme, la structure et la couleur exacte de ses anciens modèles. Quand il ne peut pas trouver une pièce rare sur place, il va jusqu'en Angleterre pour la rechercher. Comme tous les passionnés, Jean-Jacques Viannay a ses préférences. "Du point de vue de la ligne les Bugatti du début du siècle sont vraiment les plus belles. La flambée des prix pour les Ferrari est totalement surfaite, c'est du snobisme". La notoriété de cet artisan atteint une dimension internationale, puisque des clients viennent de Suisse, de Belgique et d'Allemagne pour faire remettre en état leur collection. Après avoir représenté la France au salon de l'automobile de Genève, exposé à la commanderie des Antonins pour les métiers de l'art, il a remporter le prix de la Meilleure restauration en 1989. Il a également montré quelques modèles anciens dans l'atrium de l'hôtel de ville. Mais son client principal reste le Musée de Rochetaillée pour lequel il a déjà construit entièrement trois modèles qu'on ne trouve plus ailleurs et remis en état de marche une bonne vingtaine d'antiquités. Au total, ce sont plus de cent quatre-vingts véhicules qui sont passés entre les mains de Jean-Jacques Viannay ou de ses ouvriers en vingt-cinq ans. Dans ses cartons, Jean-Jacques Viannay a des projets ambitieux. Après avoir acquis une usine de plus de 4000 mètres carrés, il a l'intention d'agrandir son atelier... De la réparation artisanale à la chaîne ? "Non pas du tout, s'empresse de préciser l'artiste. Il s'agit simplement d'essayer de regrouper toutes les corporations qui entrent en jeu dans la restauration de véhicules anciens. C'est uniquement pour essayer de gagner du temps sur les trajets et les transports. On peut centraliser et garder le côté artisanal". Cette restructuration ferait sans doute de ce carrossier le plus important réparateur de véhicules anciens. Un projet dont il ne manquera pas de discuter avec ses collègues lors du douzième Salon Epoqu'auto, qui ouvrira ces portes les 13 et 14 octobre [1990]. Ce vaste "marché au puce de l'automobile" organisé par l'Association des amateurs d'automobiles anciennes, mettra l'accent cette année sur les voitures des années soixante et sur les productions américaines. Cette bourse d'échange accueillera le public à Villeurbanne, au campus de La Doua. Source : "Une passion qui roule" / Philippe Courtois in Lyon Figaro, 10 octobre 1990, p.44.
note à l'exemplaireNégatif(s) sous la cote : FIGRP02756.
note bibliographique"La voiture ancienne" / Michel Molane in Le Progrès de Lyon, 26 novembre 1988.

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