[Conseil régional de Rhône-Alpes : séances des 22-24...

droits Creative Commons - Paternité. Pas d'utilisation commerciale. Pas de modification.
localisation Bibliothèque municipale de Lyon / P0741 FIGRP04890 070
technique 1 photographie négative : noir et blanc ; 24 x 36 mm
description Sur la droite, au premier plan : Jean Cabut, boulanger, président de la Chambre régionale des Métiers, conseiller régional de Rhône-Alpes. A sa droite, Anne-Marie Comparini, attachée parlementaire de Raymond Barre (1977-19..), conseillère régionale de Rhône-Alpes.
historique C'est sans enthousiasme ni passion que les conseillers régionaux ont ouvert [le 22 janvier 1992] la dernière session budgétaire de leur mandature. Visiblement plus préoccupés par le renouvellement de leur assemblée qui aura lieu le 22 mars prochain, que par les orientations que prendra la Région pour 1992. La proximité des élections régionales est d'ailleurs responsable de changements de physionomie de cette assemblée: le Front national a perdu un élu supplémentaire, Pierre Forestier, qui a rejoint [le 22 janvier] les bancs de la majorité. Et les bouleversements intervenus chez les socialistes ont par ailleurs amené la constitution d'un groupe politique supplémentaire. Celui de la Nouvelle gauche présidé par André Vianès. Les dissidents socialistes qui lui ont emboîté le pas sont désormais huit. Et comme pour venir repérer les lieux qu'ils devraient intégrer en mars [1992] et se faire une idée sur le fonctionnement de cette assemblée, les Verts se sont montrés particulièrement assidus dans les rangs du public. Le peu d'intérêt manifesté pour la présentation budgétaire s'est encore accru lorsque Charles Millon, accompagné des députés régionaux, a quitté, vers 12h30, l'hémicycle de Charbonnières, pour rejoindre bien vite Paris ée le Palais Bourbon où l'on élisait le successeur Laurent Fabius à la présidence de l'Assemblée nationale. La dernière session de la mandature régionale a commencé par une rapide présentation des orientations budgétaires par Denis Bonzy. L'adjoint aux Finances se retrouvant du coup dans une situation paradoxale. Présenter aux côtés du président de la Région le budget de l'exécutif et conduire, dans son département de l'Isère, une liste dissidente qui concurrencera celle de la majorité régionale soutenu par Charles Millon. Le groupe socialiste présidé par Roger Léron a mis en garde contre un accord, pourtant peu vraisemblable, qui interviendrait entre la majorité et le Front national. Regrettant par ailleurs la mauvaise application des lois de décentralisation : "Finalement, ce qui vous a manqué, c'est une compréhension profonde des lois de décentralisation. Vous n'avez pas su, pas pu ou pas voulu être un acteur volontaire. Vous n'avez pas pris d'initiatives propres, sauf médiatiques", a lancé Roger Léron. Plus consensuel, André Vianès, au nom de la Nouvelle gauche, a accordé plus d'un bon point à la politique menée par Charles Millon. Allant même jusqu'à provoquer chez lui un sourire de satisfaction, en dénonçant la nouvelle loi sur la solidarité entre régions. André Vianès a pourtant plaidé pour un engagement plus audacieux du Conseil régional et une programmation pluriannuelle des dépenses, comme le préconise le Comité économique et social. Le Front national, lui, s'est enfermé dans une stratégie de refus systématique, renonçant à amender les propositions budgétaires pour concentrer ses interventions sur un bilan de six ans de mandats : "Quand ce budget sera voté, vous aurez triplé les dépenses de la Région. Triplé la fiscalité régionale et obéré l'avenir en quadruplant la dette", a lancé Bruno Gollnisch. Enfin, en défenseur du budget de Charles Millon, Alain Mayoud a simplement fait remarquer "qu'ils faisaient ce qu'ils avaient pu dans un budget qui n'est pas à la hauteur de la Région". Un début de discussion somme toute assez consensuel à la tribune. Mais aussitôt Charles Millon parti présider son groupe UDF à l'Assemblée nationale, c'est André Vianès qui a pris la balle au bond en faisant un rappel au règlement pour demander une interruption de séance jusqu'au retour du président : "Dans l'absence du président Millon ainsi que des deux parlementaires qui président des groupes politiques au Conseil régional, lors d'une session aussi importante que celle du budget, nous demandons un ajournement". Une proposition immédiatement repoussée par Alain Mérieux, qui venait de s'installer au perchoir de Charbonnières. Présentant, dans la foulée les caractéristiques du budget économique, international et de coopération. Le premier vice-président a lâché une phrase sibylline, réveillant les supputations électorales : "J'ai l'honneur de vous présenter, sans doute pour la dernière fois, ce budget !" Laissant à chacun le soin de l'interpréter à sa guise, mais ajoutant en conclusion : "On peut être sérieux sans se prendre au sérieux". Les discussions budgétaires se sont poursuivies sur le même rythme jusque tard dans la nuit et reprendront [le 23 janvier], pour aboutir, [le 24 janvier], au vote final du budget. Source : "Le marathon régional a commencé" / Catherine Lagrange et Frédéric Poignard in Lyon Figaro, 23 janvier 1992, p. 2.
note à l'exemplaire Ce reportage photographique contient 224 négatifs.
note bibliographique "Les trois derniers jours de Charbonnières" / Catherine Lagrange et Frédéric Poignard in Lyon Figaro, 22 janvier 1992, p. 2.

Retour