51, montée du Chemin-Neuf

51, montée du Chemin-Neuf
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localisationBibliothèque municipale de Lyon / P0979 005 00320
technique1 photographie numérique : couleur
descriptionInscription(s) sur l'image : "Ici le 18 février 1944 / Bernard Guy, sergent F.F.I. / a été tué par la Milice / en tentant de s'évader. / Passant, souviens-toi !" (plaque mémorielle).
historiqueGuy Bernard appartenait aux groupes francs, Ve bureau de l'Armée secrète. A la suite d'aveux obtenus par la Milice auprès de deux frères membres de ces "groupes francs", leur refuge de Vancia (Ain) est attaqué dans la nuit du 17 février 1944 par des miliciens commandés par leur responsable national Joseph Darnand, des Allemands et des G.M.R. (groupes mobiles de réserve qui sont des forces de sécurité mises en place par le gouvernement de Vichy). Les huit "groupes francs" présents à Vancia opposent une forte résistance durant plusieurs heures avant de devoir se rendre. Passant les prisonniers en revue, Darnand reconnaît l'un d'eux, ex-soldat chasseur alpin, qui a été son chauffeur. Ce dernier accepte d'entrer dans la Milice pour avoir la vie sauve et dénonce d'autres camarades cachés dans une maison d'Ecully. L'attaque de cette maison a lieu le 18 février 1944 dans la journée. Dès leur arrivée sur les lieux et sur les indications du traître, les miliciens arrêtent Guy Bernard qui partait en mission. Encerclés, les neuf résistants sont contraints de se rendre et sont amenés, menottés et torse nu, au 51, montée du Chemin Neuf où la Milice a installé un centre de tortures dans une ancienne caserne, surnommée "L'Alcazar" en souvenir de la résistance des cadets de Tolède aux républicains espagnols. Transi de froid, Guy Bernard y est abattu d'une rafale de mitraillette. Les autres prisonniers sont interrogés violemment par les miliciens puis entendus par des policiers du commissariat de Saint-Jean. Après ces interrogatoires, dix prisonniers de Vancia et Ecully sont conduits au fort de la Duchère où une cour martiale, présidés par un juge dont l'anonymat est assuré par une cagoule sur la tète, les condamne aussitôt à mort. Ils sont fusillés le lendemain dans les fossés du fort et deux agents de liaison féminins, arrêtés à Ecully, seront déportées. Les corps des dix fusillés et de Guy Bernard, d'abord sommairement enterrés par la Milice au cimetière de la Guillotière, seront transférés à la nécropole de la Doua le 27 novembre 1944 (Guy Bernard, rang A11, tombe 17).
note bibliographiqueLes plaques commémoratives racontent Lyon / Jean-Marc Mourier et Michel Morandet, 2017 [BM Lyon, 6900 Z0 MOU]. - Les Groupes Francs : Libération-Sud, Ve bureau de l'Armée secrète : une résistance lyonnaise en armes / René Chevailler, Gaëlle Marignan, Bruno Permezel [et al.], 2004 [BM Lyon, 6900 Z8.2 GRO]. - Interdit par la censure : 1942-1944 / Paul Garcin, 1944 [BM Lyon, 462282].

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