35, rue Viala

35, rue Viala
droitsCreative Commons - Paternité. Pas d'utilisation commerciale. Pas de modification.
localisationBibliothèque municipale de Lyon / P0979 004 00537
technique1 photographie numérique : couleur
descriptionInscription(s) sur l'image : "Ici se trouvait / l'imprimerie clandestine / du mouvement Combat / où tombèrent / pour la Libération de la France / le 17 juin 1944, / André Bollier dit Vélin / 1920-1944 / Paul Jaillet / 1902-1944 / Francisque Vacher / 1906-1944" (plaque mémorielle). Plaque mémorielle inaugurée le 8 novembre 1944.
historiqueBollier, André William. - Camarade de promotion de Jean-Guy Bernard à l'Ecole polytechnique qu'il a intégrée en 1938, le jeune André Bollier est grièvement blessé en Alsace le 21 juin 1940. Libéré en sa qualité de grand blessé en novembre, il réintègre Polytechnique à Lyon. Recruté au printemps 1941 par son camarade, il participe à la distribution du journal clandestin "Les Petites Ailes". Il se consacre bientôt à l'organisation de la propagande et, avec le concours de l'imprimerie Martinet, sort le premier numéro de "Combat". Quand il prend en charge l'impression, le service est très vulnérable : l'emploi de valises pour diffuser les journaux dans toute la zone sud est de plus en plus dangereux au fur et à mesure qu'augmente le tirage du journal. Avec une rare ingéniosité, Bollier met au point un système de photogravure sur des zincs que l'ont peut tirer à plusieurs exemplaires. Bollier dispose alors d'un réseau comptant quatorze imprimeries dans plusieurs régions qui peuvent éditer un numéro identique à celui conçu à Lyon et expédié sous forme de zincs. Mais cela ne satisfait pas entièrement Bollier qui achète une grosse machine à plat qu'il installe près de Lyon en novembre 1942. En avril 1943, il se procure une machine encore plus imposante, une "Minerve" de cinq tonnes qui est établie rue Viala à Lyon. La machine est efficace mais bruyante : il faut construire des doubles murs pour l'isoler. Jamais à court d'idées, Bollier invente un Bureau de recherches géodésiques et géophysiques et une société fictive pour importer d'Allemagne du papier en rouleau par tonnes. A partir de l'été 1943, l'équipe de rédaction de "Combat" gagne Paris tandis que Bollier reste à Lyon. Il y imprime, au début de l'année 1944, plus d'un million et demi de journaux et de tracts par mois pour l'ensemble des mouvements de résistance de la zone sud. Le 19 mars 1944, il est arrêté, emprisonné à Montluc, torturé par la Gestapo et condamné à mort. Le 2 mai, il s'évade de l'Ecole de santé militaire de Lyon puis reprend immédiatement sa place à la tète de l'équipe de la rue Viala. C'est là qu'il est surpris, le 17 juin 1944, et assiégé par la Gestapo et cent cinquante miliciens. Francisque Vacher, photograveur, Paul Jaillet, typographe, deux anciens du "Progrès de Lyon" et Bollier trouvent la mort dans l'assaut. Lucienne Guezennec, blessée, sera la seule rescapée. André Bollier a été fait Compagnon de la Libération à titre posthume. André Bollier est inhumé à Villeurbanne dans la nécropole nationale de la Doua (rang A Il, tombe 8).
historiqueJaillet, Paul Auguste. - Né le 4 mai 1902 à Lyon (2e), fils de Louis (typographe) et de Eugénie Arthaud. Il se marie à Grenoble en 1923 avec Suzanne Eugénie Billon. Le couple aura un fils. Paul Jaillet a commencé sa carrière comme ouvier à l'imprimerie "Berliet", puis, il a été embauché comme typographe à l'imprimerie du quotidien "Le Progrès de Lyon". Avant-guerre, il a milité dans les rangs du Parti socialiste SFIO et du syndicat du livre. Mobilisé en 1939, il est envoyé à Ambronay (Ain). Fin 1943, il est recruté par André Bollier qui, en vue de renforcer l'équipe de l'imprimerie de la rue Viala, veut créer un atelier de typographie. Pour éviter des transports et des démarches en ville, Paul Jaillet dispose d'un jeu de lettres en plomb. Ainsi, après la réception de la copie des articles à faire paraître, l'imprimerie n'a presque plus de contacts avec l'extérieur. Comme André Bollier et Francisque-Louis Vacher, il meurt le 17 juin 1944 au cours de l'attaque de l'imprimerie clandestine.
historiqueVacher, Francisque Louis. - Né le 10 juin 1906 à Lyon (3e), marié en 1930, un fils, II a été élève de l'Ecole des Beaux-arts de Lyon. Major de sa promotion, il est embauché par le quotidien "Le Progrès de Lyon" et organise le service photographique du journal. Il effectue également des reportages photos avec Marcel-Gabriel Rivière (1905-1979). Artiste, il dessine et grave des illustrations de livres. En 1943, il illustre "La fille aux yeux de jade", roman de Paul Soupiron. Fin 1943, André Bollier le recrute pour éviter la dispersion des tâches et renforcer ainsi la sécurité de l'imprimerie de la rue Viala. Il lui fixe comme objectif de monter un bac à photogravure puis de le faire fonctionner. Face à la multiplication des centres d'impression clandestins de "Libération", Francisque-Louis Vacher accepte, sur la proposition de Jules Meurillon, de réaliser deux clichés sur zinc par numéro qui, jusqu'en août 1944, sont répartis pour duplication dans les autres imprimeries clandestines. Le 17 juin 1944, il meurt au cours de l'attaque de l'imprimerie de la rue Viala.
note bibliographiqueLes plaques commémoratives racontent Lyon / Jean-Marc Mourier et Michel Morandet, 2017 [BM de Lyon, 6900 Z0 MOU]. - Résistants à Lyon, Villeurbanne et aux alentours : 2824 engagements / Bruno Permezel, 2003 [BM Lyon, 6900 Z8.2 PER].

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