12, rue Burdeau

12, rue Burdeau
droitsCreative Commons - Paternité. Pas d'utilisation commerciale. Pas de modification.
localisationBibliothèque municipale de Lyon / P0979 004 00052
technique1 photographie numérique : couleur
descriptionInscription(s) sur l'image : "Ici est tombé / le 24 mars 1944 / sous les balles des agents / français de la Gestapo / Lucien Sportisse / né le 6 octobre 1905 / militant du Front national".
historiqueNé le 2 octobre 1905 à Constantine (Algérie), Lucien Sportisse est le fils de Simah, commerçant, et de Sarah Marguerite Guedj. Après avoir été élève de l'Ecole Nationale d'instituteurs de Constantine, il enseigne dans l'Est algérien. Il milite d'abord à la SFIO avant de rejoindre les rangs des jeunesses communistes avec lesquelles il remet en cause le système colonial et défend la cause des Algériens musulmans. Cela lui vaut d'être accusé d'activisme anti-français et d'être déplacé à plusieurs reprises. En 1930, il est exclu du syndicat des instituteurs pour avoir voulu affilier les dockers de Philippeville à la CGTU. Instituteur en Kabylie, ses prises de parole en faveur des fellahs conduisent à sa révocation de l'Education nationale en septembre 1932 puis à son incarcération en août 1935. Il est libéré au bout d'un mois après une grève de la faim. Il travaille alors comme coffreur-ferrailleur à Oran et devient dirigeant du Parti communiste algérien qui s'est créé en octobre 1936. Devenu permanent syndical, il est secrétaire à la propagande et administrateur permanent des "Syndicats de l'Oranie" à l'Union Départementale CGT. C'est également en 1936 qu'il épouse à Oran Alice Gilberte Cremades (1909-1998) qui sera députée constituante de l'Oranais entre 1945 et 1946, puis députée de ce département jusqu'en 1956. Lucien Sportisse est réintégré dans l'Education nationale sous le Front populaire en 1936 mais il est déplacé en métropole à Puy Saint-Vincent (Hautes-Alpes), puis à Sevran en région parisienne. Il est mobilisé en 1940 et affecté à l'armée des Alpes avant d'être interné en 1941 en raison de son engagement communiste. Il connaît successivement les cellules de Fort Barraux (Isère) et de Sisteron puis le camp de Saint-Sulpice-la-Pointe (Tarn). C'est là qu'il s'évade avec une cinquantaine d'autres détenus dans la nuit du 11 au 12 juillet 1943. Il rejoint d'abord un maquis de la Haute-Vienne avant de se rendre à Lyon où il retrouve des responsabilités dans la Résistance au sein du Front national. Il travaille à la direction technique du journal clandestin de ce mouvement, "Le Patriote" [BM Lyon, Rés 157391], lorsqu'il est dénoncé à la Gestapo française par une femme agent double. Un groupe de la ligue antibolchévique lui tend un guet-apens devant le central téléphonique de la rue Burdeau. Lucien Sportisse est abattu par un membre du groupe alors qu'il tente de s'échapper. La figure de Lucien Sportisse est évoquée par son frère cadet William dans un livre d'entretiens : "Le camp des oliviers : parcours d'un communiste algérien" [CHRD, HR332 SPO]. Lucien Sportisse est inhumé à la nécropole nationale de la Doua, à Villeurbanne (rang A12, tombe 7). Par délibération du conseil municipal de Lyon en date du 23 avril 1945, son nom fut attribué à l'ancienne rue de la Cascade dans le 1er arrondissement de Lyon.
note bibliographiqueLes plaques commémoratives racontent Lyon / Jean-Marc Mourier et Michel Morandet, 2017 [BM de Lyon, 6900 Z0 MOU]. - Résistants à Lyon, Villeurbanne et aux alentours : 2824 engagements / Bruno Permezel, 2003 [BM Lyon, 6900 Z8.2 PER]. - Le camp des oliviers : parcours d'un communiste algérien : entretiens avec Pierre-Jean Le Foll Luciani / William Sportisse, 2012 [BM de Lyon, HR332 SPO].

Retour