[Eglise Saint-Polycarpe]

[Eglise Saint-Polycarpe]
droitsCreative Commons - Paternité. Pas d'utilisation commerciale. Pas de modification.
localisationBibliothèque municipale de Lyon / P0760 FIGRPTL0090 09
technique1 photographie positive : tirage noir et blanc ; 18 x 24 cm (épr.)
descriptionAdresse : Eglise Saint-Polycarpe, 25, rue René-Leynaud, Lyon 1er.
historiqueCes derniers temps, sur les Pentes de la Croix-Rousse, trouver le père Mario Faurie est devenu mission impossible. "Le père Mario ? Il doit être dans le coin. Mais où ? Je ne peux pas le dire". Par monts et par vaux, "le curé des Pentes", comme on l'appelle couramment ici, prépare activement son église, courant à droite et à gauche, vérifiant les orgues, la bonne tenue de l'exposition-surprise mise en place dans les galeries, pour faire en sorte que ce dimanche 29 septembre [1990] soit un jour d'exception. Il le sera de toute façon. Pour une raison fort simple qui en entraîne une autre : la présence du cardinal Albert Decourtray venu présider une messe d'action de grâce à l'occasion d'un anniversaire bien particulier, celui de la création, il y a deux cents ans, de la paroisse Saint-Polycarpe. C'est effectivement en septembre 1791 qu'est constituée la paroisse Saint-Polycarpe. Une nouvelle venue dont le siège se situe à l'endroit même où, quelques centaines d'années auparavant, il n'y avait que des vignes, couvrant tout le nord du quartier et propriété des Cordeliers jusqu'à la fin du XVe siècle. Période à laquelle le pape Alexandre VI demande à ces Cordeliers d'abandonner leurs biens. On en fait don à !'Hôtel-Dieu qui se séparera vite de ces nouvelles acquisitions. Le besoin d'argent se faisant cruellement ressentir, le recteur met en vente les vignes, rachetées par un certain Claude Besson. Et ce dernier décide d'urbaniser le secteur en y créant des lieux d'habitation. Les vignes disparaissent. Une rue apparaît, en 1521. Baptisée rue Vieille-Monnaie (future rue René-Leynaud), c'est la première percée transversale, à cette hauteur du quartier. Les années passent. Sans grand changement. Jusqu'au XVIIe siècle durant lequel l'Eglise entreprend de racheter l'ensemble de ces terrains qu'elle avait cédés un siècle auparavant. Autant d'acquisitions qui font de la colline un territoire réservé à l'Eglise, recouvert à l'exception de la montée de la Grande-Côte par les propriétés religieuses. C'est également au cours de ce même siècle que l'on commence à construire ce qui va devenir l'église Saint-Polycarpe. Initialement chapelle, elle est définitivement sur pied en 1640. Embellie, améliorée, ameublée au fil des ans, l'église accueille, en 1765, les pères oratoriens. 1789 : la Révolution éclate. Les propriétés sont déclarées biens nationaux et progressivement morcelées, un an avant que l'assemblée constituante ne vote, le 12 juillet 1790, la constitution civile du clergé qui entraîne la division de Lyon en dix paroisses, dont une nouvelle, celle de Saint-Polycarpe. Définitivement paroisse en septembre 1791, elle accueille son premier curé le 20 septembre de cette même année. Dûment sollicité par les habitants du quartier en raison de sa popularité, l'abbé Rozier n'est pas n'importe qui. Jean-Baptiste-François de son prénom, né en 1734 à Lyon, a déjà à son actif au moment de son élection, un passé de scientifique curieux de tout, féru d'agriculture. Il a été à la fois professeur de botanique, d'agriculture, a travaillé à la distillation des vins en eau de vie, au perfectionnement de la culture et de la préparation du chanvre, un textile important à l'époque. On lui doit également la publication d'un dictionnaire d'agriculture de dix volumes, lu et traduit par la suite, dans le monde entier. Adepte de la franc-maçonnerie, l'abbé Rozier devient abbé "pour se livrer à ses travaux de recherche" et poursuivra ses activités jusqu'à sa mort en 1793, lors du siège de Lyon. Seize curés vont lui succéder. Dont l'abbé Ponson, curé de la paroisse au moment du concordat de 1801 à partir duquel commence une nouvelle période. Saint-Polycarpe et son quartier se transforment. L'église s'agrandit. En 1852, le quartier accueille, plus au nord, une nouvelle paroisse : Saint-Bernard, construite sur un terrain ayant appartenu aux Bernardines ; suivie, quelque temps plus tard, par la création de l'église Bon-Pasteur. Toutes deux forment aujourd'hui les annexes de Saint-Polycarpe. La paroisse ayant pris récemment le nom de paroisse des Pentes dont s'occupe activement le dix-septième curé de Saint-Polycarpe, Mario Faurie, promu à ce titre en septembre 1984. Source : "Deux cents ans sur les pentes" / Séverine Meille in Lyon Figaro, 28 septembre 1991, p.64.
note à l'exemplaireNégatif(s) sous la cote : FIGRP04445.

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