[1er Salon Lyon Gastronomie (1998)]

[1er Salon Lyon Gastronomie (1998)]
droitsCreative Commons - Paternité. Pas d'utilisation commerciale. Pas de modification.
localisationBibliothèque municipale de Lyon / P0741 FIGRP10472 006
technique1 photographie négative : noir et blanc ; 24 x 36 mm
historiqueEntre les larges allées, sous la Halle Tony-Garnier, dès l'ouverture de Lyon Gastronomie, les chalands se bousculent. Une pincée de foie gras par-ci, un verre de vin blanc par-là, une rondelle de saucisson, un morceau de fromage, une noix de Grenoble, avant d'acheter, on discute avec le vendeur ou producteur, puis on goûte. Après avoir créé voici trois ans Monaco Gastronomie, le groupe Promocom débarque à Lyon, "à la rencontre du bon et du beau" et a sélectionné une centaine d'exposants, répartis sur une moitié de la Halle Tony-Garnier. Voilà plusieurs années que le groupe du Sud de la France a proposé à Christine Delaveau d'étudier la possibilité de créer à Lyon un salon grand public autour de la gastronomie. [Le 10 novembre 1998], jour de l'ouverture de cette première édition, ils étaient déjà nombreux à se renseigner et repartir les bras chargés. En pariant sur Lyon, Christine Delaveau ne s'est pas trompée. Voir, goûter, apprendre et se restaurer. Ainsi va la journée dans ce nouveau salon, ouvert [jusqu'au 23 novembre], de 10 à 20 heures. Pour une somme modique, 30 francs, les portes s'entrebâillent sur un monde qui fleure bon. En outre, entre 12 et 14 heures, les organisateurs ont eu la bonne idée de proposer la gratuité. "A Monaco, nous organisons le salon à l'Espace Fontvielle, un espace modulable qui accueille notamment la foire et le Festival du cirque. Ce site est au milieu des bureaux et beaucoup de personnes viennent ainsi déjeuner au salon et reviennent ensuite en famille faire leurs achats". A Lyon, la formule sera la même. Trois restaurants (spécialités du Gers, moules frites ou huîtres de Marennes) et une crêperie fournissent en effet quelques couverts. Seul inconvénient, la météorologie n'est guère clémente et, à table, certains ont pu avoir quelque mal, [le 20 novembre], à se réchauffer. Le décor de la Halle illuminé de pâles rayons rattrape heureusement les basses températures et dans les allées, heureusement, la chaleur grimpe à la découverte de vins, armagnac et liqueurs présentés. L'amateur peut ainsi déguster le vin de Manicle, du domaine du même nom à Cheignieu-la-Balme. Blanc ou rouge, le vin des Beaulieu, propriétaires récoltants, figure dans "La cave idéale", le dernier ouvrage de Philippe Faure-Brac, meilleur sommelier du monde en 1992. La légende dit que "la verdeur proverbiale d'Anthelme Brillat-Savarin, qui possédait quelques arpents de ce vignoble, était due à une consommation régulière mais modérée de Manicle rouge"... Des noix de Grenoble aux amandes de Laroque-des-Albères, il n'y a sous la Halle que quelques pas à faire. Producteurs dans les Pyrénées orientales, Catherine Llense travaille deux variétés, la "ferragnes" et la "ferraduel", créées toute deux en 1960 à la station de recherches d'arboriculture fruitière de la Grande Ferrade, à Bordeaux. On trouve ici l'amande grillée, pimentée, sans coque (amandon), en crème, sucrée ou salée. Le foie gras et les produits du sud-ouest se portent très bien dans ce salon. Et les habitants du Rhône adorent. Entre les différents stands de producteurs, on a le choix entre la "simple" terrine, les foies frais entiers, mais aussi les pommes fruits fourrée au foie gras, le rôti de magret de canard au foie gras des Husson que l'on cuit au four quarante-cinq minutes si on l'aime saignant, que l'on dégraisse à mi-cuisson et que l'on sert avec des haricots. des pommes de terre ou, plus terroir, des cèpes. La truffe. elle, vient de trois départements et du même producteur-trufficulteur, Louis Barbesier. L'homme a planté ses chêne dans les Alpes de Haute-Provence, les Hautes-Alpes et les Bouche-du-Rhône et propose l'odorant tubercule en conserve, puisque la prochaine saison est à venir, ou en huile parfumée. "Nous stérilisons nos truffes quand elles sont à pleine maturité en janvier février". La Haute-Loire a aussi son stand où l'on vend la lentille verte du Puy, l'Hypocras, la truite fumée ou le caillou. Côté fromage, le salers, le cantal vantent l'Auvergne, l'Abondance la Haute-Savoie. On peut aussi découvrir le brezain, un fromage fumé au feu de bois et à fondre mis au point il y a quelques années par la société Edelmont et dont on peut se servir pour la raclette ou la tartiflette... L'Italie est également fort bien représentée à Lyon par ses vins, la région sarde avec le Consorzio Ichnos (ancien nom de l'île) qui présente ses pâtes et ses fromages de brebis ou encore les producteurs de la ville d'Alba, et le pesto alla genovese de Ranise. Des îles italiennes à celle de l'océan Indien, il y a aussi peu. Chez Tisné Vanille, on achète ses gousses aux Comores, à La Réunion ou à Madagascar, on sait comment les conserver dans un peu de rhum et on donne au consommateur quelques autres recettes astucieuses, telle la mayonnaise des Iles. Le visiteur trouvera même les assiettes et la vaisselle pour mettre en valeur les différents mets proposés. Royal Copenhagen ou Haviland font l'entrée du salon. Chez ce dernier, on peut découvrir en avant-première le service imaginé par le peintre d'origine américain Nall, "Les roses de Tuscio", couleur aubergine. Ce service sera en effet lancé à Paris à la mi-décembre à l'occasion du Salon recevoir, au Carrousel du Louvre. En plus de faire son marché, on peut apprendre la cuisine des grands chefs en direct, dans un espace réservé à cet effet. Le chef du Métropole, palace de Monte-Carlo. confectionnera un menu de fêtes, à sa suite Ansanay-Alex de l'Auberge de l'Ile-Barbe réalisera en direct une "nage d'huîtres tièdes et Saint-Jacques au caviar". [Le 22 novembre], pour la journée "Vins et cocktails de fête", Daniel Denis, président des sommeliers de Lyon, et Jean-Pierre Roys, chef sommelier du Louis XV, le restaurant de Ducasse à Monaco, feront une dégustation de grands crus qui sera suivie d'une recette de Hervé Herman Le FolI, chef du Chalut, qui proposera plusieurs recettes dont des "paupiettes de flétan fumé et salpicon de queues d'écrevisses en mousse de crabe aux herbes". Enfin, [le 23 novembre], le chef de Tarare, Jean Brouilly, présentera une douceur pour la journée "Desserts et friandises" avec "la poire packam au vin de presse, parfum curry". Source : "La Halle Tony-Garnier passe à table" / Nathalie Blanc in Lyon Figaro, 21 novembre 1998, p.1 et 4.
note à l'exemplaireCe reportage photographique contient 29 négatifs.

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