[Gérard et Francisque ou Les Deux Collomb lyonnais. Pièce...

[Gérard et Francisque ou Les Deux Collomb lyonnais. Pièce drôlatique en 1 acte]
droitsCreative Commons - Paternité. Pas d'utilisation commerciale. Pas de modification.
localisationBibliothèque municipale de Lyon / P0901 FIGRPTP1183D 06
technique1 photographie positive : tirage noir et blanc ; 10 x 15 cm (épr.)
historiqueUn nouvel et vif incident a opposé le 18 mai 1982 le député socialiste Gérard Collomb au maire de Lyon, M. Francisque Collomb, au cours de l'ouverture officielle du bureau d'information de la S.E.R.L. à Vaise. Au cours des derniers mois, le jeune député avait déjà profité à plusieurs reprises d'une telle visite pour manifester sa mauvaise humeur dans ce secteur qu'il considère comme son fief. Le 18 mai, il est allé beaucoup plus loin encore, promettant même de renouveler son geste et d'appeler ses sympathisants à manifester pour la prochaine venue du sénateur-maire. Particulièrement agressif, l'élu socialiste a quelque peu surpris les personnalités présentes. Les raisons de sa mauvaise humeur : il aimerait assister aux inaugurations officielles mais ne reçoit jamais d'invitation... "Mais il s'agit d'une simple visite technique avec les adjoints d'arrondissement et les techniciens", lui répondit le maire qui s'apprêtait à quitter les lieux. On aurait pu en rester là, mais Gérard Collomb poursuivait : "il existe une tradition républicaine qui veut que l'on invite les élus lorsqu'il y a une manifestation officielle. Et Lucien Durand (présent aux côtés de Gérard Collomb) représente une certaine légitimité puisqu'il vient d'être réélu avec 57% des voix". Quelque peu excédé par les propos de son adversaire, le maire rappela qu'il était l'élu de tous les Lyonnais et lança : "Vous êtes un méchant et je n'ai que faire de vos remarques !". Gérard Collomb, qui ambitionne sans doute de conduire la liste socialiste aux prochaines municipales n'entendaient pas s'arrêter en si bon chemin. Il repartit à la charge tout en changeant un peu de ton. "Je ne suis pas un méchant et je tiens à vous préciser que les habitants de cet arrondissement ne vous ont pas élu. Je reconnais cependant que la restructuration s'impose. Mais nous ne voulons pas d'opération immobilière"... Le maire eut alors beau jeu de lui rétorquer : "Vous êtes pour la restructuration ? Vous ne votez jamais le budget..." Il était clair que Francisque Collomb n'entendait pas envenimer l'échange. Il préférait clore la polémique en lançant : "Ça c'est un dialogue d'instituteur et la prochaine fois je me présenterai contre vous aux cantonales ou aux législatives. On verra bien qui sera élu !" Cet incident, qui laissera des traces, venait de s'achever. Tout sourire, Gérard Collomb était visiblement satisfait de son coup. Mais ce genre de méthode est-il du goût des Lyonnais ? Mais revenons-en à l'opération de restructuration de Vaise. Elle devrait débuter au début de 1983 et englobe un secteur compris entre la Saône et les rues Marietton, Cottin et Sergent Berthet. La S.E.R.L. est chargée de sa réalisation. Il est difficile de parler de la restructuration de Vaise et plus globalement de l'Ouest Lyonnais sans évoquer le devenir du site des usines Rhône-Poulenc. "Tout est axé sur ce site, a rappelé Alain Chaboud, adjoint au 9e arrondissement et chargé de l'urbanisme, en soulignant l'intérêt du site et l'importance de sa desserte : "La liaison Vaise-Saint-Just passe par là et la ligne D du métro devrait y arriver... Seulement Rhône-Poulenc est nationalisée et personne ne peut dire ce que l'Etat entend faire ici...". Quant au métro, les habitants de Vaise risquent de l'attendre encore longtemps. "Je dois rencontrer prochainement M. [Charles] Fiterman, [ministre des Transports]i, a précisé M. Francisque Collomb, fiais la seule chose qui l'intéresse c'est Vénissieux..." De là à penser que le métro lyonnais devient un métro politique, il n'y a qu'un pas que le maire de Lyon n'hésite pas à franchir.
note à l'exemplairePhotographie issue des archives du Journal Rhône-Alpes.
note bibliographiqueLyon Matin et Le Journal Rhône-Alpes, 19 mai 1982.

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