[Dîner-débat avec les professions libérales au Casino de...

[Dîner-débat avec les professions libérales au Casino de Charbonnières]
droitsCreative Commons - Paternité. Pas d'utilisation commerciale. Pas de modification.
localisationBibliothèque municipale de Lyon / P0741 FIGRPTP0807B 01
technique1 photographie positive : tirage noir et blanc ; 15 x 20 cm (épr.)
historiqueInvité le 9 février 1987 au casino de Charbonnières par la Chambre des professions libérales et son président Jean-François Clément, Raymond Barre a été fidèle à lui-même, ne laissant à aucun moment souffler le moindre vent de démagogie. S'étonnant que les professions libérales en France n'aient pas de tentations européennes ou même internationales face à une concurrence américaine, voire même bruxelloise ou londonienne, l'ancien Premier ministre n'y ait pas allé par quatre chemins pour manier la métaphore. Et les nombreux convives - 250 environ - du dîner-débat auront eu droit, à l'heure du vacherin glacé à une exhortation biblique où l'ombre de la femme de Loth planait au-dessus des assiettes : "Rappelez-vous Sodome et Gomorrhe : il ne faut jamais se retourner. Si on se retourne, on est changé en statue de sel".
historiquePour ceux qui n'auraient pas compris une incitation imagée à aller de l'avant afin "de ne pas laisser Londres être la seule place où tous les services financiers seront rendus". Pour ne prendre que cet exemple. En un exposé bref, Raymond Barre a tout d'abord rendu hommage aux professions libérales "qui sont des entreprises, nécessitant l'esprit d'entreprise, rendant à la société des services correspondant à ceux des entreprises". Dans la salle on buvait du petit lait. Mais l'ancien locataire de Matignon n'en est pas resté là : dans ce secteur d'activités, "la France est relativement en retard" et les professions libérales qui ont vécu sur "l'individualité, le quant à soi, en se mêlant le moins possible aux autres" ont été priées, à tout le moins encouragées à adopter une attitude nouvelle : "A mon avis, cette prise de conscience doit être mise au service de professions (...) qui représentent un élément fondamental de pluralisme". Et, corollaire, Raymond Barre a vivement conseillé à son auditoire spécialisé de ne pas se contenter d'une activité exercée à l'abri de nos frontières. En quelque sorte, exporter aussi notre savoir faire. Avant de conclure sur une lancée biblique, Raymond Barre n'aura pas hésité à faire grincer quelques dents - comme dans les écritures - en lançant : "Que votre organisation ne soit pas une seule organisation de revendication, qu'elle ne soit pas une clientèle de plus (car) l'Etat n'est plus là pour être comme par le passé le protecteur bénévolant, distributeur de prébendes". Qu'on se le dise. Source : Lyon Matin, 10 février 1987.

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