[Faculté des Lettres de l'Université Lyon II à...

[Faculté des Lettres de l'Université Lyon II à Bron-Parilly (Rhône)]
droitsCreative Commons - Paternité. Pas d'utilisation commerciale. Pas de modification.
localisationBibliothèque municipale de Lyon / P0707 CRDP R00130
technique1 photographie positive : diapositive couleur ; 24 x 36 mm
descriptionBibliothèque du Centre de documentation des arts du spectacles. Adresse de prise de vue : Université de Bron-Parilly, avenue de l'Université, 69500 Bron.
historiqueUniversité Lyon II de Bron-Parilly. René Dottelonde, architecte ; assisté de Raoul Pustrana et lngelise Weeke. Conseiller pour la charpente : L. Petroff. Conseiller pour la structure : Jean Prouvé ; 1968-1972.
historiqueCet ensemble universitaire-pilote devait répondre aux exigences de la loi d'orientation de l'enseignement supérieur votée en 1968. Il devait être pluridisciplinaire avec une vocation dominante orientée vers les Lettres, les Sciences humaines et les disciplines artistiques. Le terrain se situe en limite Est de l'agglomération lyonnaise dans un secteur destiné à connaître une urbanisation rapide. D'une superficie de 10 hectares, ce terrain est entouré par les autoroutes A43 et A46, le Parc de Bron-Parilly et le futur quartier d'habitation que l'on projette d'y construire.
historique[En 1982], dix ans après sa construction, l'Université de Lyon-Bron retient l'attention tout en évoquant l'image d'un naufrage. A l'origine, l'Université de Lyon étant dans l'incapacité d'accueillir les promotions plus fournies d'étudiants dans ses bâtiments du quai Claude-Bernard devait s'agrandir sur la Guillotière. Mais les lenteurs administratives permirent aux spéculateurs de faire monter les prix des terrains, et la révolte de mai 1968 eut pour double effet d'inciter les autorités à éloigner les étudiants du centre et à construire rapidement des locaux : des terrains étaient disponibles à Bron, dont on pouvait penser que le grand air aiderait à chasser les turbulences. L'idée maîtresse du ministre de l'Éducation nationale d'alors, Edgar Faure, était d'ouvrir l'Université à toutes les catégories de la population. L'architecte voulut la traduire en répartissant les bâtiments universitaires de part et d'autre d'une rue sur laquelle auraient également donnés les commerces et les logements du nouveau quartier dans lequel l'Université devait s'insérer. Mais le ministre tomba ; aucun logement ne fut construit. C'est dire que l'on avait mis la charrue avant les boeufs, et que les boeufs n'ont pas suivi. Seule manifestation d'existence d'un début d'intention de construction de logements : l'implantation du parking à un endroit totalement inadéquat. De lieu ouvert à tous, l'Université - du fait de son isolement - s'est enfoncée dans son ghetto. Restent 50.000 mètres carrés construits. Pour l'enseignement et la recherche, l'architecte a prévu des salles pouvant recevoir 15, 30, 45, 90, 180 ou 250 étudiants, de façon à pouvoir moduler les rapports entre enseignants et enseignés. Innovations parfois mal acceptées des enseignants : des hublots permettant de voir d'une salle de cours à l'autre, des sièges pivotants (dans certains amphis). Ouverts également aux "zombis bronnais" : un centre culturel et une bibliothèque. L'ensemble est réparti de part et d'autre de la rue qui sert également d'axe pour les différents réseaux : eau, électricité, câble audiovisuel...). Ce parti est moins perceptible depuis que, la population non universitaire étant absente, les espaces ont été utilisés différemment. C'est ainsi que la partie basse de la bibliothèque était prévue comme une section couverte de la rue, mi-publique, mi-privée. "Dans notre projet, explique l'architecte, on pouvait à la fois y consulter des revues, écouter de la musique, voir des expositions..." Pour permettre à l'Université d'évoluer selon les besoins, les locaux plus spécialement destinés à l'enseignement sont en retrait de l'axe principal où sont rassemblés les locaux polyvalents. Pour la même raison, la structure est constituée de poteaux cylindriques en métal et d'éléments tridimensionnels parallélépipédiques pour les planchers et les plafonds (brevet Petroff). Dix ans après la grande secousse étudiante, Vincennes est à la recherche de ses locaux, Bron de sa population.
note bibliographiqueRhône-Alpes / Bernard Marrey, 1982, p.281-283 [BM Lyon, K 184990]. - L'Architecture d'aujourd'hui - AA, janvier 1976, p.4-12 [BM Lyon, 951612].

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