[Chantier de la place Antonin-Poncet et de la trémie...

[Chantier de la place Antonin-Poncet et de la trémie Gailleton]
droitsCreative Commons - Paternité. Pas d'utilisation commerciale. Pas de modification.
localisationBibliothèque municipale de Lyon / P0741 FIGRPTL0173 16
technique1 photographie positive : tirage noir et blanc ; 18 x 24 cm (épr.)
historiqueL'aménagement urbain de la place Antonin-Poncet, qui permet son prolongement jusqu'au Rhône, est entré dans sa dernière phase de réalisation. Avec la fin des travaux de la trémie Gailleton, prévue pour septembre 1992, l'horizon, qui rendra aux berges un aspect normal et définitif, est donc proche. Cet ouvrage, entièrement financé par la CoUrLy, aura finalement coûté près de 75 millions de francs. La volonté de la ville est claire. A travers le toilettage de la place, Michel Noir tient à en modifier entièrement le rôle. Insérée entre la voie routière et la place Bellecour, elle ne devrait plus "jouer le rôle de cour de service". Au contraire, son réaménagement "est l'occasion de rendre sa dignité à ce grand espace appelé, par sa situation entre le Rhône et la place Bellecour et par les aménagements d'urbanisme récents, à devenir un pôle de communication totalement nouveau dans sa fonction et son image, à l'échelle des ambitions internationales de la métropole rhônalpine." Aux grandes ambitions, grands budgets. 75 millions de francs ont été consacrés à l'ensemble du projet, dont 21,4 pour la place elle-même. Le plan comprend également le traitement des abords (rue et quai adjacents) et le prolongement jusqu'au Rhône, par la traversée de l'axe routier nord-sud. Michel-Louis Bourne, architecte paysagiste, Didier Repellin et Jean-François Grange-Chavanis, architectes en chef des Monuments historiques, ont suivi un cahier des charges précis, pour la conception du projet : le respect de la fonction d'échanges de la place, la rupture de charges entre les bus et le futur métro, le déplacement de l'entrée du parking Antonin-Poncet sur la partie nord du site (côté nord du Rhône), le maintien de la Grande poste, ainsi que du stationnement des bus le long de la rue de la Charité et de la place Bellecour et la piétonnisation de la rue des Marronniers. Le projet s'articule autour d'un nouveau volume de bâti. Le long des façades nord de la place, où se développe une intense activité commerciale, une plate-forme revêtue de dalles de pierres et d'asphalte porphyrique rouge reçoit les terrasses des bars et cafés et permet l'accès des véhicules des riverains. Le coeur de la place, dans la partie est, est composé de trois grandes pelouses rectangulaires légèrement surélevées et entourées par des murets. Ce jardin est protégé de la voie au sud, par une grille et longée d'une double rangée de marronniers et à l'ouest par une fontaine actuellement en cours de construction. Dans la partie ouest de la place, au pied de la tour de la Charité, a été réalisée une plate-forme d'environ 1200 mètres carrés, également surélevée et revêtue de sable porphyrique. La rue des Marronniers a été entièrement restaurée avec la volonté de lui maintenir son caractère de vieille rue de Lyon. Le trottoir est de la rue de la Charité a conservé sa largeur et la partie qui servait de voie d'accès au parking a été rendue aux piétons, après avoir été plantée de quatorze marronniers et équipée de six bancs. Enfin, le franchissement de l'axe nord-sud se fera par une dalle d'une trentaine de mètres de largeur qui sera aménagée d'une pelouse rectangulaire dans le prolongement de celles de la place. Après le réaménagement de la place proprement dite et les différents travaux effectués sur les rues et autres trottoirs, les entrepreneurs s'attaquent donc au dernier tronçon de la trémie routière. Les véhicules roulant dans le sens sud-nord peuvent déjà emprunter deux voies de circulation. L'accès au pont de La Guillotière par le sud se fera dans la configuration définitive, si ce n'est qu'une seule voie sera ouverte sous la trémie pour l'instant, débouchant sur deux voies au niveau du même pont. Les véhicules circulant dans le sens nord-sud emprunteront toujours l'itinéraire actuel, les travaux d'aménagement de la partie nord-ouest de la trémie étant encore en cours de réalisation. Une fois celle-ci achevée, le chantier n'en sera pas pour au- tant terminé puisque le réaménagement du quai Gailleton est également au programme. Avec, en point d'orgue, la réalisation d'un embarcadère. II permettra l'accès au bas-port situé à un mètre au-dessus du fleuve, destiné à accueillir les futures navettes fluviales, faisant suite au projet de mise en place d'un réseau de transport maritime reliant la Cité internationale et le port de Gerland. Cette idée, vieille d'une dizaine d'années, connaît un regain d'intérêt. En effet, les élus se penchent depuis quatre ans sur les deux artères fluviales de l'agglomération. Un projet est à l'étude. Réalisé par trois architectes, Christian Charignon, Didier Cornillat et Pierre Lévy, il consiste en la mise en oeuvre d'un moyen de transport et de desserte parallèle complémentaire au métro et au bus. Le coût de l'opération reviendrait à 40 millions de francs. Quatre embarcadères seraient ainsi créés avec deux stations intermédiaires : Antonin-Poncet et Hôtel-de-Ville. Tous les lieux d'escales seraient agrémentés d'espaces de promenade, de kiosques et de commerces. Des catamarans d'une capacité de vingt à quarante places transporteraient les voyageurs de la cité internationale à Gerland en vingt minutes (arrêts compris). Mais voilà, le projet n'est toujours pas entériné. Le comité du Sytral doit prendre sa décision avant l'été. Différents aspects de la réalisation sont à l'origine de cette prudence. Le côté financier tout d'abord. En effet, les voyageurs pourront utiliser le même ticket de transports pour utiliser le bateau, le métro ou le bus. Conséquence directe : un bilan d'exploitation négatif, avec un déficit annuel de deux millions quatre cent mille francs. D'autres secteurs doivent également être pris en compte comme le niveau des fleuves, les contraintes liées à la navigation et aux débits. De quoi retarder considérablement la réalisation du projet. Source : "Antonin-Poncet les pieds dans l'eau" / Matthieu Honoré in Lyon Figaro, 16 avril 1992, p.1 et 3.
note à l'exemplaireNégatif(s) sous la cote : FIGRP05171.

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