[Entretien avec Serge Baudo, directeur artistique du...

[Entretien avec Serge Baudo, directeur artistique du Festival Berlioz]
droitsCreative Commons - Paternité. Pas d'utilisation commerciale. Pas de modification.
localisationBibliothèque municipale de Lyon / P0741 FIGRPTP0323 01
technique1 photographie positive : tirage noir et blanc ; 20 x 15 cm (épr.)
descriptionEntretien réalisé lors d'une répétition de l'opéra "Les Troyens", présenté à l'Auditorium Maurice-Ravel dans le cadre du 8e Festival Berlioz de 1987. Adresse de prise de vue : Auditorium Maurice-Ravel, 149 rue Garibaldi, Lyon 3e.
historiqueA l'auditorium Maurice-Ravel, on compte les jours... Les jours qui séparent ce lieu, temporairement consacré à Berlioz, son festival et ses (copieux) "Troyens", de l'inauguration des manifestations officielles prévue le 12 septembre 1987 sur l'esplanade Charles de Gaulle, avec la brochette de ministres (on en escompte trois ou quatre dont celui de la culture), de notables (on en produit beaucoup à Lyon) et de journalistes (on en attend une bonne centaine). "Marseillaise" obligée... pour laquelle on restera assis car ce n'est pas la version tenant lieu d'hymne officiel, vin d'honneur, repas libre et retour pour les Troyens à 17 heures. Le grandiose opéra de Berlioz, dont les deux parties, "La Prise de Troie" et "Les Troyens à Carthage", sont généralement jouées en deux soirées, seront exceptionnellement données à la suite, dans une version ultra-intégrale. Le maestro Baudo y a veillé, retrouvant quelques mesures d'un air oublié jusqu'à nos jours. C'est que depuis deux mois l'auditorium est envahi par une fièvre berlozienne qui se manifeste jusque dans les moindres détails. Cinq cent vingt personnes sont concernées par ce spectacles qui bat volontiers les records : cinq cent cinquante costumes, des kilomètres de câbles électriques, une imposante figuration, dix-sept solistes, une troupe de ballet, une centaine de musiciens... Sans oublier les trois répétitrices qui se relaient régulièrement : une sur scène, l'autre chauffant la voix des artistes, la troisième se reposant. Quant à la scène, elle est investie par quelques dix tonnes de riz (cassé !) devant simuler le sable carthaginois. Activité intense, travail sérieux des deux metteurs en scène Moshe Leiser et Patrice Caurier qui se sont totalement investis dans cette production. Le directeur de l'auditorium Henri Destezet assure une intendance bien huilée, le responsable des lumières Philippe Arlaud, s'emploie à utiliser au mieux le système électrique pour le moins déficient du lieu, le chef Serge Baudo avoue "vivre là un des moments les plus intenses de sa vie", les choeurs franco-anglais se transforment successivement en Troyens vaincus, en Grecs vainqueurs et en Carthaginois ardents alors que les divers solistes rivalisent de présence scéniques... On compte beaucoup sur ces Troyens, ici et là (c'est-à-dire à l'auditorium comme à la mairie, voire au ministère) pour redorer le blason quelque peu terni de ce qui fut annoncé en son temps comme le Bayreuth et le Salzbourg français. En 1987... qui sait ! Source : "Berlioz en chantier" / Gérard Corneloup in Lyon Figaro, 10 septembre 1987, p.62.
note à l'exemplaire"Auditorium, cette huître est une éponge" / [Gérard Corneloup] in Lyon Figaro, 16 octobre 1986, p.44. - Le Progrès de Lyon, 16 et 19 septembre 1987.

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