[Cycle Gustav Mahler à la Halle Tony-Garnier]

[Cycle Gustav Mahler à la Halle Tony-Garnier]
droitsCreative Commons - Paternité. Pas d'utilisation commerciale. Pas de modification.
localisationBibliothèque municipale de Lyon / P0741 FIGRPTL0140 05
technique1 photographie positive : tirage noir et blanc ; 24 x 18 cm (épr.)
historiquePrès de 90.000 spectateurs, 500 musiciens, 4000 choristes... Certains concerts donnés au XIXe siècle sous les voûtes de verre et d'acier du fameux Crystal Palace de Londres affichaient ces records extravagants ! Avec les qualités acoustiques que l'on imagine... Au programme : les grands oratorios de Haendel (aux effectifs évidemment augmentés), les symphonies chorales de Beethoven et de Mendelssohn. Puis viendront les roboratives partitions des compositeurs britanniques. Un Elgar, un Vaughan Williams, un Holst. On pourrait y ajouter Gustav Mahler et ses copieuses symphonies. Mahler justement, dont les responsables de l'Orchestre national de Lyon, Emmanuel Krivine et Patrice Armengau, ont décidé de jouer l'intégrale des neuf symphonies en un vaste cycle qui s'échelonnera sur deux saisons. Avec une première tournée en mai 1992. Et un lieu unique : la halle Tony-Garnier. Une grande nef de verre et d'acier. Un ancien marché à bestiaux transformé en une méga salle polyvalente, où se côtoient salons des antiquaires, expositions d'art contemporain, spectacles de cirque et concerts de musique classique. Une sorte de Crystal Palace à la lyonnaise... Reste évidemment le problème acoustique... Certains concerts donnés lors de feu le Festival Berlioz ont laissé des souvenirs mitigés aux mélomanes. Surtout à ceux des derniers rangs... Certaine Neuvième de Beethoven a montré qu'avec une conséquente structure rajoutée, l'acoustique du lieu pouvait devenir acceptable. L'acousticien parisien Daniel Commins et son équipe étaient aux commandes. Ils reviennent pour domestiquer une nouvelle fois le lieu. A grand renfort de technique. Point de départ : une énorme surface couverte de 200.000 mètres carrés, dont moins d'un tiers doit être occupé. "C'est assez encombrant acoustiquement, reconnaît Daniel Commins. D'autant plus que le bâtiment est très mal isolé par rapport à l'extérieur. Mais le lieu est séduisant... En fait, il faut le travailler comme un espace de plein, au sein duquel nous tentons de monter une structure temporaire, qui capte les sons partant tous azimuts et les renvoie vers les musiciens d'abord, vers les spectateurs ensuite." D'où un travail dans deux directions : la scène et la salle. La première, dont les dimensions doivent pouvoir contenir l'ensemble des interprètes requis par la Huitième de Mahler, surnommée "Symphonie des Mille", sera surmontée par une sorte de coque métallique de 400 mètres carrés, formée de quatre éléments de plafond construits en Alucobond. Une sorte de grand sandwich associant deux plaques d'aluminium de 0,5 mm d'épaisseur, collées sur une surface de polyéthylène noire de 2 mm. Une structure résistante au feu, qui doit jouer un double rôle : concentrer les sons et les renvoyer à la fois sur la scène, vers les musiciens et sur le public. La scène elle-même doit aussi être entourée par divers châssis de la même matière, accentuant le phénomène. Ce dispositif, qui utilise comme base celui jadis construit pour la halle de la Villette, procède de celui déjà utilisé pour la Neuvième de Beethoven. Pour éviter cependant que les derniers rangs ne soient trop éloignés de la source musicale, les nouveaux gradins conçus pour contenir les quelque 4000 spectateurs prévus, voient leur pente accentuée. Plus hauts, à dix mètres du sol, les ultimes spectateurs seront aussi moins loin (à cinquante-six mètres) du chef. Muets sur une éventuelle assistance acoustique réservée aux solistes, les responsables comptent sur ce plus pour convaincre les mélomanes de se rendre trois fois de suite à la halle Tony-Garnier, pour entendre les trois premières symphonies du compositeur autrichien. Respectivement dirigées par Emmanuel Krivine et Eliahu Inbal. Avec en soliste Christa Ludwig dans la deuxième symphonie et Hermann Prey chantant les merveilleux "Chants du compagnon errant" avant la première. Evénement acoustique ? Peut-être. Evénement musical ? Sûrement. S'il est vrai que certaines symphonies mahlériennes n'ont encore jamais été jouées à Lyon... Source : "Diriger la musique dans le bon sens" / Gérard Corneloup in Lyon Figaro, 22 avril 1992, p.26.
note à l'exemplaireNégatif(s) sous la cote : FIGRP05225.
note bibliographique"Le cas Mahler" / G.C. [Gérard Corneloup] in Lyon Figaro, 8 mai 1992, p.18-19.

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