[Opéra national de Lyon (version Jean Nouvel) : visite de...

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localisation Bibliothèque municipale de Lyon / P0741 FIGRPTL0148 30
technique 1 photographie positive : tirage noir et blanc ; 18 x 24 cm (épr.)
historique La coque s'était vidée, elle se remplit... Après plus de deux ans de fermeture puis vingt-trois mois de travaux, la physionomie de notre vénérable Grand-Théâtre s'est sensiblement modifiée. Dans une première période, l'intérieur s'est vidé, sauf les quatre murs d'enceinte, alors que le sol s'enfonçait de près de vingt mètres, afin de pouvoir loger les cinq niveaux prévus au sous-sol. Sans parler des recherches archéologiques préliminaires et des problèmes de consolidation des fondations et d'infiltration des eaux à régler. Pendant tout ce temps, derrière les palissades, les Lyonnais ont assez peu eu l'occasion de suivre l'évolution des choses... Depuis quelques semaines, les choses ont évolué avec célérité : l'intérieur s'est doté d'un nouvelle structure bétonnée et métallique qui monte régulièrement d'étage en étage, pour désormais largement dépasser l'attique du théâtre. D'où l'occasion d'une sorte de bilan provisoire que la municipalité a prévu en deux temps : une visite pour le maire, les édiles et la presse le 22 novembre 1991, sous la conduite de l'architecte Jean Nouvel lui-même ; une journée porte ouverte les 23 et 24 novembre pour les Lyonnais. L'ensemble est impressionnant. Du grand studio des choeurs, placé au niveau -3, avec des murs inclinés pour des raisons acoustiques, jusqu'aux parties supérieures, bientôt dominées par la vaste verrière prévue, où les loges d'artistes plongeront droit sur la place Louis-Pradel. D'un escalier à l'autre, toujours sous le signe du béton, l'on peut ainsi gagner la grande scène de répétitions située exactement sous celle de la grande salle, ou l'étonnant amphithéâtre placé sous l'atrium, qui recevra concerts et petits spectacles et dont le plafond sera orné d'une oeuvre commandée à un artiste contemporain (le vieux plafond classé de l'ancienne salle semblant devoir émigrer dans quelque lointain musée !). La partie la plus étonnante à l'oeil du visiteur familier de l'ancien bâtiment de Chenavard et Pollet est sans doute l'atrium lui-même, jadis refait entre les deux guerres à grand renfort de colonnes bleues en (faux) lapis-lazuli, devenant demain une vaste zone d'accueil en granite poli noir et vastes verrières, d'où partira une légion d'escalators, à l'assaut des étages supérieurs. On l'aura compris, le chantier se déroule dans les délais prévus, comme aime le souligner l'adjoint Alain Dussauchoy. Seules des modifications apportées à la structure de la fameuse verrière ont amené quelque retard, mais l'inauguration officielle reste fixée à mai 1993. Avec quatre opéras répartis sur une bonne quinzaine de festivités lyriques qui ne devraient pas manquer d'éclat. Côté financier (l'Etat, la Région Rhône-Alpes, le Département du Rhône, la Ville de Lyon et la CoUrLy se partagent les frais), l'enveloppe reste fixée à 453 millions de francs (TTC), soit quatre fois la première somme annoncée avant le concours initial. Il y a plus de six ans. On l'annonce comme désormais parfaitement maîtrisée et ne devant pas subir de variations supérieures au maximum admis pour des chantiers d'une telle importance : 10%. Du coup, les directeurs Erlo et Brosmann affichent un visage épanoui et rêvent déjà à de futures productions. Quant au député-maire, il souligne qu'il n'y a "presque pas de retard", attend avec impatience "les quinze jours fous d'inauguration" et tient à remercier les partenaires financiers de l'opération, en particulier locaux, "qui ont bien placé leur argent, car 60% des spectateurs de l'Opéra ne sont pas lyonnais." Qu'ils soient lyonnais ou pas, les visiteurs ont deux jours pour se faire une idée de l'état du chantier. Bottes ou grosses chaussures étanches recommandées... Source : "Grand-Théâtre en bottes" / Gérard Corneloup in Lyon Figaro, 23 novembre 1991, p.54.
note à l'exemplaire Négatif(s) sous la cote : FIGRP04717.
note bibliographique "La CoUrLy n'a plus de budget" / Frédéric Poignard in Lyon Figaro, 23 novembre 1991, p.2. - "Chantier de l'Opéra : le dernier acte va commencer" / Pierrick Ebehard in Le Progrès de Lyon, 23 novembre 1991.

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