[Procès Klaus Barbie : entrée de la presse au Palais de...

[Procès Klaus Barbie : entrée de la presse au Palais de justice]
droitsCreative Commons - Paternité. Pas d'utilisation commerciale. Pas de modification.
localisationBibliothèque municipale de Lyon / P0741 FIGRPTP0061B 03
technique1 photographie positive : tirage noir et blanc ; 20 x 15 cm (épr.)
descriptionLe journaliste Henri Amouroux, éditorialiste du journal "Lyon Figaro" et mémorialiste de la vie quotidienne des Français des années 1940-1944 à travers sa "Grande histoire des Français sous l'Occupation", passant le poste de sécurité.
historiqueLe procès de Nikolaus dit Klaus Barbie s'est déroulé du 11 mai au 4 juillet 1987 devant la Cour d'Assises du département du Rhône, au Palais de justice de Lyon. C'était la première fois en France que l'on jugeait un homme accusé de crime contre l'humanité. Les charges retenues contre Barbie concernaient trois faits distincts : la rafle opérée à Lyon le 9 février 1943 à l'Union Générale des Israélites de France (UGIF), rue Sainte-Catherine ; la rafle d'Izieu du 6 avril 1944 ; la déportation de plus de 600 personnes dans le dernier convoi parti le 11 août 1944 de Lyon à destination des camps de la mort. Au terme de huit semaines d'audience, Klaus Barbie est condamné le 4 juillet 1987 à la réclusion criminelle à perpétuité. Il décède le 25 septembre 1991 à la Prison Saint-Joseph à Lyon.
historiqueA quelques heures de l'ouverture du procès Barbie, plus de 800 journalistes de 27 nationalités différentes ont afflué aux abords du Palais de justice de Lyon, totalement isolé du reste de la ville par un périmètre de sécurité où patrouillent en permanence des policiers en armes. Seules les 1100 personnes munies de badges d'accréditation, dont plus de 200 techniciens des Télécommunications, peuvent désormais accéder à l'intérieur de ce périmètre. Tout près du palais de justice, des gardiens de la paix surveillent l'entrée des tentes à rayures vertes et blanches installées par la ville de Lyon pour accueillir la presse. Quelques jours avant l'ouverture du procès, des journalistes retardataires, venus d'Australie ou de Suisse, tentaient encore d'obtenir des accréditations. Le procureur général Pierre Truche a souhaité que tous soient "servis", mais les derniers arrivés devront se contenter de suivre le procès depuis le fond de la salle : il n'y a en effet que 392 places assises numérotées. Trente-six télévisions et une cinquantaine de radios du monde entier seront représentées. Les journalistes et techniciens français sont les plus nombreux (330), suivis pas les Américains (140), les Allemands de l'Ouest (60) et les Britanniques (50). Du côté des télévisions, les Américains sont les mieux représentés avec cinq grandes chaînes (A.B.C., N.B.C., C.B.S., C.N.N. et I.T.N.) qui ont mobilisé près de cent personnes... soit une dizaine de plus que toutes les chaines françaises réunies. Israël aura pour sa part deux chaînes de télé sur place. Les Soviétiques avec une dizaine de journalistes, la R.D.A., la Hongrie, la Pologne, la Tchécoslovaquie et la Bulgarie seront également représentées. En dehors du continent africain, totalement absent, la surprise vient sans doute de la faible participation des pays d'Amérique du Sud : le Brésil et l'Argentine sont là, mais aucun envoyé spécial du Pérou ou de Bolivie, où Barbie avait trouvé refuge. L'arrivée massive de journalistes étrangers a suscité la mobilisation de la municipalité qui a voté un budget spécial de 700.000 francs afin d'assurer leur accueil, prévoyant même de leur offrir des places gratuites pour aller se détendre dans les saunas des clubs de "remise en forme". Source : "Un procès suivi dans le monde entier" in Le Progrès de Lyon, 11 mai 1987.

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