[Compagnie Mireille Antoine]

[Compagnie Mireille Antoine]
droitsCreative Commons - Paternité. Pas d'utilisation commerciale. Pas de modification.
localisationBibliothèque municipale de Lyon / P0901 FIGRPT2029 04
technique1 photographie positive : tirage noir et blanc ; 14 x 9 cm (épr.)
descriptionDe gauche à droite : Mireille Antoine, assistée de Christiane Hugel, marionnettistes, et une marionnette à l'effigie de Berlioz.
historiqueAprès une enfance et une adolescence bien sages, Mireille Antoine fait ses débuts au théâtre. Elle n'a rien de l'enfant prodige ni de la tête brûlée. La tête, cette Lyonnaise d'origine l'a plutôt bien sur les épaules. Et elle s'en sert pour peser, soupeser, réfléchir, prendre du recul. Ne retenir que ce qui l'enrichit. Il y a des gens comme ça qui sentent immédiatement ce qui les aidera à se réaliser. Dès l'enfance, Mireille Antoine n'envisage qu'une seule voie pour satisfaire son amour de la "récitation" : le théâtre. Son itinéraire professionnel n'a rien d'aventureux, style dents de scie ou périodes de dèche noire. Non, il ressemble plutôt à une ligne qui s'est tracée au fil des expériences. Une ligne droite. Une ligne pleine de fantaisie aussi. Une fantaisie équilibrée qui fait jaillir son rire comme une cascade. Mireille fonctionne aux coups de coeur. On est en 1964. Ils sont trois comédiens de chez Planchon qui décident de créer une compagnie de spectacle pour enfants. La compagnie s'appelle "Groupe 64" et se compose de Gilles Chavassieux, Jacques Giraud, Robert Bordenave et... Mireille Antoine. Mais c'est bien un coup de coeur qui conduit Mireille à fabriquer et à manipuler des marionnettes. Une passion de jeunesse : "Enfant, je bricolais toujours. J'adorais couper, coller, fabriquer". Aussi, quand le Groupe 64 décide de créer une discipline Marionnettes, qui s'appellera "Marionnettes 65", Mireille Antoine suit Robert Bordenave dans l'aventure. Jusqu'en 1977, elle apprend, enthousiaste : "J'ai toujours pensé que la marionnette n'était pas un sous-produit du théâtre". C'est un premier spectacle de marionnettes à fils pour adultes. "La pie sur le Gibet", de Michel de Ghelderode. Puis d'autres spectacles pour enfants avec des marionnettes qui mesurent un mètre, des marionnettes pour le théâtre. "C'était vraiment un travail de recherche et de fabrication. De plus, par rapport à mon métier de comédienne, la marionnette m'offrait une ouverture. Je pouvais tout être: homme, femme, enfant, animal. Avoir tous les âges". La comédienne stimule la manipulatrice. Un spectacle de marottes, "Le mariage forcé" de Molière, "un Molière très farceur", agit comme un détonateur. "La marionnette n'est pas un ersatz de comédien. Elle s'exprime différemment. Le langage plastique est important. Le costume aussi. Il permet une transposition que n'atteint pas le costume de théâtre. En marionnette, tout est code. Tout se décrypte. On atteint à une géométrie qui n'est possible en théâtre que par la déformation du corps. La marionnette, elle, s'exprime constamment, sans déformation. Cette simplicité me passionne». Au point qu'elle s'attachera à réaliser cette passion par la manipulation à main nue. "Un travail qui exige d'être profondément à ce que l'on fait. Il faut construire intérieurement son personnage". Comédienne, marionnettiste mais aussi pédagogue. "Quand on apprend aux autres, on apprend soi-même". Elle travaille donc aux côtés de Gérard Maré, enseignant la manipulation à des jeunes, amateurs avisés. Metteur en scène à partir de 1977, elle sillonne les routes et fait travailler ses confrères de Montpellier, Montélimar, Beaune. Et un jour, Mireille apprend, par le journal, qu'elle présente un spectacle au Festival Berlioz de 1979. Le hasard prend de ces détours... La voilà devant le fait accompli. "Un défi qu'il me fallait relever même si je ne connaissais rien de Berlioz". Elle décide alors de rencontrer le chef d'orchestre Sylvain Camberling, "un personnage extraordinaire qui vous inonde d'enthousiasme". Mireille a deux mois et demi pour monter une spectacle d'une heure un quart et comprenant cinquante marionnettes. "Les grotesques de la musique". Est-ce une ironie ? Christiane Hugel sera l'autre manipulatrice. "une fille formidable, qui comprenait tellement ce que je souhaitait que sa propre création était une réponse parfaitement adaptée à mes souhaits". Joué lors du Festival Berlioz, le spectacle a été, en mars 1982, repris en Allemagne. [...] Source : "Mireille Antoine : les marionnettes et la scène" / Marie-Noëlle Cacherat in Lyon Magazine, mai 1982 [BM de Lyon, 950743].
note à l'exemplairePhotographie issue des archives du Journal Rhône-Alpes. Photographie attribuée à Bernard Laurent (?).
note bibliographique"Marionnettes 65" / Eddy Roos in Le Journal Rhône-Alpes, 17 février 1977. - "Berlioz au festival... des marionnettes" / E[ddy] Roos in Le journal Rhône-Alpes, 28 août 1979.

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