[Conseil municipal de Lyon : séance du 8 décembre 1986]

[Conseil municipal de Lyon : séance du 8 décembre 1986]
droitsCreative Commons - Paternité. Pas d'utilisation commerciale. Pas de modification.
localisationBibliothèque municipale de Lyon / P0741 FIGRPTL0070 01
technique1 photographie positive : tirage noir et blanc ; 20 x 15 cm (épr.)
historiqueOpéra Nouvel, dossiers d'urbanisme, le Conseil municipal du 8 décembre 1986 promettait d'être agité. Public nombreux, qui attendait les suites d'une "Affaire Fulchiron" accusé par "Lyon Libération" de délit d'ingérence dans des opérations immobilières. Roland Fulchiron a porté plainte. Le Conseil n'a pas relevé. Tout le monde travaille dans l'attente de la décision de justice.
historiqueTout a commencé très vite. Alors même que Francisque Collomb demandait à ses collègues s'ils avaient des objections à formuler sur le compte rendu de la dernière séance, M. Laréal (P.S.) prenait la parole pour expliquer que, le projet de loi Devaquet étant retiré, il retirait son voeu. Le premier magistrat lui rétorqua qu'il n'avait qu'à le faire à l'heure où la question viendrait sur le tapis. Mais déjà Lucien Durand, conseiller général socialiste, s'était levé pour observer une minute de silence à la mémoire du jeune Malik [Oussekine], l'étudiant décédé lors de la grande manifestation parisienne [du 6 décembre 1986]. Très énervé, Francisque Collomb suspendait la séance Les élus de gauche restaient droit comme des i dans le brouhaha d'une municipalité interloqué par ce coup fatal de force moral. Les choses revenues en ordre, Me André Soulier, premier adjoint, leur administrait une remarquable leçon de procédure et de... morale. En un mot comme en cent, Me Soulier rappelait le respect dû à la loi et au règlement intérieur que l'assemblée s'est elle-même fixée. Cela dit, il déplorait, au nom de la majorité municipale, le décès de cet étudiant sans tenter de s'en approprier la mémoire. C'était là toute la différence, une différence qui allait s'installer pou la durée de cette séance publique condamnée à se dérouler dans une ambiance pourrie. Socialistes, communistes, radical de gauche, extrême-gauche allaient s'employer à détourner le rapport sur l'opéra pour donner l'image au public et à la presse de la division de la majorité sur ce projet architectural et de prestige essentiel. Ils accusaient tour à tour Francisque Collomb de céder à la pression du R.P.R., les élus de ne pas savoir ce qu'ils voulaient en la matière, alors que le concours avait donné le nom du lauréat depuis longtemps. Un procès d'intention corroboré par aucun fait précis, la gauche reprochant à la majorité son secret en la matière. Serge Guichard, secrétaire fédéral du R.P.R., évoquait le consensus qui régnait en la matière et stipendiait "la division artificielle que vous voulez faire". Reste que Serge Guichard a été un peu plus royaliste que le roi avec une référence à la "la sagesse de notre maire" dont on se serait bien passer dans la mesure où elle révélait des divergences empêchant le maire d'accepter purement et simplement le lauréat du concours comme architecte de l'opéra. Le dossier "Brotteaux-Garibaldi" allait encore plus empoisonner l'atmosphère. Il s'en est fallu en effet d'un rien pour que M. Vianès ne reçoive en pleine figure une grande leçon de morale après avoir à peine - heureusement ! - fait allusion à ce que l'on commence à appeler "l'Affaire Fulchiron". Me Soulier montait pour la deuxième fois au créneau pour signifier à son contradicteur qu'il acceptait toute forme de débat politique mais récusait l'utilisation frauduleuse des fonds publics pour les édiles quels qu'ils soient. Sur ce dossier, Me Soulier accusait M. Vianès de faire le procès posthume à Louis Pradel. André Vianès obtenait cependant gain de cause auprès de Jacques Moulinier, adjoint à l'urbanisme, prêt à convoquer toutes les personnes concernées de près ou de loin par ce dossier "Brotteaux-Garibaldi" afin qu'André Vianès et son groupe disposent de toutes les informations qui leurs seraient nécessaires. Paul Feuga se voyait dans l'obligation d'intervenir pour rétablir un peu d'ordre dans ce dossier dont il s'était occupé et qui venait de déraper singulièrement Max Pezon, élu socialiste passé au M.R.G., réitérait son show pour prouver qu'il avait une présence sous les lambris qu'il n'avait que rarement manifesté et pas toujours à bon escient. A noter que Roland Fulchiron s'abstenait prudemment sur ces dossiers [...] Source : "Le P.S. pourrit la séance" / Philippe Gonnet in Lyon Figaro, 9 décembre 1986, p.4.
note bibliographique"Opéra : la voute sera moins haute" / Gérard Corneloup in Lyon Figaro, 9 décembre 1986, p.4-5. - "Urbanisme : Brotteaux-Garibaldi au centre des débats" / Olivier Barban in Lyon Figaro, 9 décembre 1986, p.45.

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