["La Fanny", tableau de Gérard Mignot]

["La Fanny", tableau de Gérard Mignot]
droitsCreative Commons - Paternité. Pas d'utilisation commerciale. Pas de modification.
localisationBibliothèque municipale de Lyon / P0740 FIGRP03869 001
technique1 photographie négative : noir et blanc ; 36 x 24 mm
descriptionInscription(s) sur l'image : "La Boule [machurée]".
historiqueAu sujet de la fameuse Fanny dont l'on "bique" les rondeurs après avoir subi un cinglant 13-0, il faut savoir que la légende dit qu'il s'agissait d'une Croix-Roussienne qui avait coutume de découvrir son postérieur pour humilier les joueurs qui perdaient une partie avec une marque nulle. La tradition se perd un peu. "Cela tient à la diminution du nombre de clos qui sont remplacés par des boulodromes où l'ambiance est moins intime et où l'on ne dispose pas en général du portrait de Dame Fanny", explique Jean Pellet, l'historien des boules. Le bar de La Coquette, place Tabareau à la Croix-Rousse, expose en permanence de multiples toiles du peintre Mignot qui croque à merveille la partie charnue de ces dames. Source : "Pleines lunes" in Lyon Figaro, 17 mai 1991, p.29.
historiqueDans son fameux "Littré de la Grand'Côte", paru en 1894, notre spirituel Nizier du Puispelu, a consigné l'expression "baiser le cul de la vieille", qui se disait alors des joueurs qui terminaient une partie de boules sans avoir pu marquer un seul point. Mais il n'en donnait pas l'origine. Faute d'autre précision, force nous est de nous contenter de l'explication donnée par Jean Gourmoud dans l'Almanach des Amis de Guignol de 1929. D'après lui, quelques années avant la guerre de 1870, les boulistes assidus du clos Jouve voyaient très souvent une pauvre fille désoeuvrée, qui faisait le désespoir de ses parents, honorables herboristes du boulevard. La malheureuse "demeurée" les regardait jouer et, de temps en temps, relevait sa jupe pour leur montrer son postérieur. L'habitude se prit chez les joueurs d'imposer aux perdants, non pas certes, d'embrasser le postérieur de Fanny Dubriand, mais de donner un gros sou à celle-ci pour qu'elle le leur montrât. C'était l'occasion de rires sonores et de gauloiseries inoffensives. Un jour, la police prétendit intervenir et les joueurs plaidèrent en faveur de Fanny, assurant qu'elle ne se livrait pas plus à la mendicité qu'à l'immoralité. Un jour pourtant, la malheureuse aisément séduite par un ivrogne, mourut dans un asile après un lamentable séjour dans une maternité. C'est après la disparition de la Fanny, que les boulistes du clos Jouve imaginèrent ces petits tableaux évocateurs, dont le sujet apparaît quand on ouvre un volet ou que l'on fait coulisser un rideau qui le protège. Et la règle désormais ne fut pas seulement de se contenter de voir. Ces tableaux de la Fanny se répandirent alors, et il en existe un certain nombre dans la région lyonnaise. Avant la guerre de 1914, un artisan de Villeurbanne faisait sa spécialité de leur fabrication. Source : "L'origine de La Fanny n'est-elle pas lyonnaise ?" / Louis Jasseron in Dernière heure lyonnaise, 6 juillet 1964.
note à l'exemplaireCe reportage photographique contient 11 négatifs. Tirage(s) sous la cote : FIGRPT2576.
note bibliographique"Gauloiseries : pleines lunes" in Lyon Figaro, 17 mai 1991, p.29.

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