[François Léotard, ministre de la Culture, en visite à Lyon]

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localisation Bibliothèque municipale de Lyon / P0740 FIGRPTP1182 01
technique 1 photographie positive : tirage noir et blanc ; 15 x 20 cm (épr.)
historique André, Simone, Jean et les autres étaient là pour l'accueillir. Les amis républicains lyonnais de François Léotard ont pu rencontrer, le 27 septembre 1987, leur ministre-chef de file, à l'aéroport de Bron lors d'un arrêt éclair, juste avant le début de la "Damnation de Faust". Ses rapports avec l'art lyrique sont visiblement moins ambigus que ceux qu'il entretient avec les barristes. La référence à son passage à "L'heure de vérité" le met en effet mal à l'aise. "Je suis à la tête d'une formation libérale où les individus sont indépendants et jouissent d'une grande liberté. On peut soutenir Barre sans être barriste et Chirac sans être chiraquien. Mais le PR ne restera pas assis entre deux chaises". Il le restera cependant quelques mois encore puisque ce n'est qu'en janvier qu'il affichera clairement ses positions. Même si Charles Millon affirmait récemment que le PR était désormais obligé de soutenir Raymond Barre. Tentant d'esquiver ces questions délicates, le ministre de la Culture déclarait sa préférence pour les thèmes de l'école, du racisme, de la fiscalité et bien sûr de la culture "dont il pourrait parler pendant des heures". Soucieux de se positionner par rapport à le Pen, il vient d'écrire à tous les maires PR pour leur recommander de ne pas établir d'alliances avec le Front national. Et pour revenir à des propos plus conviviaux, il se réjouissait de la décision du bureau du PR lyonnais concernant le changement de local de la fédération républicaine. Celui-ci s'installera avant la fin de l'année, dans deux cent cinquante mètres carrés, en face de la mairie du sixième arrondissement. Quelques heures plus tard, on retrouvait le ministre au café Ravel dans l'enceinte de l'auditorium, pendant l'entracte de la "Damnation de Faust", entouré par Francisque Collomb, André Soulier, André Mure, Jacques Oudot vice-président du conseil régional et une brochette d'élus lyonnais. Après une déclaration fort civile : "A Lyon, sous l'impulsion de la municipalité, on montre que ce que l'on a appelé le désert culturel français est en passe d'appartenir au passé", le ministre rappelait : "Quand je suis arrivé, les crédits de la culture allaient pour 60% à Paris contre seulement 40% à la Province. On en est maintenant à 50-50, et les choses vont encore évoluer". Côté confirmation, le feu vert pour la réhabilitation de l'Opéra ("Il n'y a plus d'obstacle administratif"), l'aide au nouveau parc archéologique qui bénéficiera de la loi programme, l'accord de principe quant à la salle polyvalente de Chassieu, l'attention toute particulière portée à la construction des futurs locaux du conservatoire supérieur, ("je reviendrai sous peu voir par moi-même"). Et cette affirmation : "J'ai l'intention de faire de Lyon une capitale de l'art lyrique et de la danse". La danse justement à laquelle sera consacrée l'année 1988. Une nouvelle direction de la danse au ministère, la nomination, annoncée à Lyon, d'Igor Eisner comme président du conseil supérieur de la danse, devraient être les prémices d'une action polyvalente touchant à l'enseignement et accompagnée d'une augmentation des subventions. Lyon, dont ce sera la Biennale l'année prochaine, devrait avoir sa part du gâteau. Le Festival Berlioz, "fait mieux que décoller" estimait le ministre. La participation de l'état devrait augmenter... quand le bilan 1987 sera fait. Le ministre tenait aussi à signaler l'enregistrement, longtemps incertain, des Troyens par FR3 pour la 7. "J'ai tenu à ce qu'il puisse y avoir une couverture télévision". Quant à la Damnation c'était pour François Léotard "plus qu'un spectacle, une fête, vue la qualité des interprètes". Source : "Léo de cinq à sept" / Catherine Lagrange et Gérard Corneloup in Lyon Figaro, 2! septembre 1987, p.3.

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