[Jardin du Palais Saint-Pierre]

[Jardin du Palais Saint-Pierre]
droitsCreative Commons - Paternité. Pas d'utilisation commerciale. Pas de modification.
localisationBibliothèque municipale de Lyon / P0741 FIGRPTL0163 03
technique1 photographie positive : tirage noir et blanc ; 20 x 15 cm (épr.)
description"Carpeaux au travail" (1909), de Bourdelle. Adresse de prise de vue : Musée des Beaux-Arts de Lyon, 20 place des Terreaux, Lyon 1er.
historiqueOmbilic végétal du quartier des Terreaux, un îlot de verdure s'est réfugié entre les terrasses du Palais Saint-Pierre. Miraculeusement sauvé de la marée montante des constructions, il offre un asile de calme et de recueillement, profondément imprégné de l'atmosphère primitive des lieux. La fondation de l'abbaye des Dames de Saint-Pierre sur ce site remonte entre le VIe et le début du VIIIe siècle. Pour ressusciter le dessin d'origine de son jardin, il faut imaginer le modèle d'enclos, en usage à partir du Xe siècle dans l'univers conventuel. Résolument dédié aux cultures vivrières, l'espace est divisé en massifs réguliers par deux grandes allées qui se coupent à angle droit, au centre un bassin fournit l'eau d'arrosage. Au fil des siècles, l'abbaye, considérée comme l'une des plus anciennes de Gaule, prend un essor considérable et devient une abbaye royale ouverte aux dames de la noblesse les plus titrées. Le développement des bâtiments n'est toutefois pas à la mesure de la prestigieuse renommée du couvent, et en 1659, le choix d'un architecte se porte sur François de Royer de la Valfenière. Assisté de son fils, il remodèle l'ancienne abbaye et la traite comme un palais empreint d'un majestueux classicisme, tel qu'il se présente encore de nos jours. Soumis à la même mutation le jardin utilitaire passe du rang subalterne de potager domestique à la place d'honneur de jardin d'agrément, enchâssé au milieu des hautes arcades d'un cloître monumental. Son plan emprunte au tracé régulier du passé, encore plus affirmé par l'inspiration de l'époque, mais son contenu a changé, il s'ouvre au décor. Un visiteur en 1783 rapporte que : "...quatre grandes ouvertures permettent de descendre dans le jardin où on peut voir des rangées de grands vases contenant des orangers, des ifs et des plantes exotiques". Si les baies des arcades sont fermées par des panneaux de bois surmontés de vitraux, les balcons et belvédères offrent des vues plongeantes sur le jardin. Ce nouvel Eden est d'autant plus apprécié par les moniales "que le reste du bâtiment était fort mal éclairé". L'emprise du XIXe siècle se manifeste par la nouvelle affectation des lieux à un musée, après le départ des religieuses bénédictines chassées par la Révolution. On ne descend plus dans le jardin pour y cueillir du romarin. Son sol est rehaussé au niveau du promenoir dont les panneaux d'occultation des ouvertures sont enlevés. Il devient presque une antichambre de plein air du musée, en abritant de nombreuses statues. Son originalité, chèrement acquise au XVIIe siècle, se réduit à un simple rôle de présentation et de mise en valeur de la statuaire et des façades qui cernent son contour. A l'époque contemporaine, ce jardin demeure un cadre naturel de qualité pour "faire valoir" les ressources architecturales du musée des Beaux-Arts. Le musée a été restauré par Jean-Michel Wilmotte de 1990 à 1998 mais à quand le concepteur qui saura rendre au jardin ses lettres de noblesse, transformant lors de la traversée du lieu, la surprise sereine du promeneur en profonde émotion ? Source : Parcs, jardins et paysages du Rhône / sous la direction de Catherine Grandin-Maurin et Mireille Lemahieu, 2009 [BM Lyon, 6900 F PAR].
note à l'exemplaireAutre(s) tirage(s) sous la cote : FIGRPTL0164.
note bibliographique"Rénovation au Palais" in Lyon Figaro, 11 mars 1987, p.12.

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