[Quartier des Etats-Unis. Labellisation du Musée urbain...

[Quartier des Etats-Unis. Labellisation du Musée urbain Tony-Garnier par l'Unesco]
droitsCreative Commons - Paternité. Pas d'utilisation commerciale. Pas de modification.
localisationBibliothèque municipale de Lyon / P0741 FIGRPTL0199 08
technique1 photographie positive : tirage noir et blanc ; 24 x 18 cm (épr.)
historique"Les années 1900" constitue le premier mur peint du parcours du musée urbain Tony-Garnier. Inauguré le 16 juin 1990, il est le seul qui ne s'inspire d'aucun dessin de l'architecte. Il a pour but de restituer le contexte historique et social de l'époque, fin XIXe - début XXe siècle - qui entoure la création d'une cité industrielle, pour permettre aux visiteurs de percevoir les aspects novateurs et visionnaires de cette oeuvre théorique. Il évoque les principales motivations qui ont guidé Tony Garnier dans ses recherches pour une cité idéale, "capable d'assumer les meilleures conditions de vie pour tous ses habitants". La partie haute du mur, sombre et dense, témoigne de la sensibilisation de Tony Garnier face aux graves problèmes sociaux et urbanistiques de l'époque. La partie basse traduit, en affiches d'époque, la fascination de Tony Garnier pour les nouvelles techniques et progrès scientifiques.
historiqueRudement fiers, les élus de la Ville de Lyon, le 8 avril 1991, lors de la remise officielle du label de la "Décennie mondiale du développement culturel", décerné cérémonieusement par les représentants de l'Unesco aux initiateurs du projet du musée urbain Tony-Garnier. Ce n'est effectivement pas tous les jours que Lyon accueille de tels hôtes. Ce n'est certainement pas tous les jours non plus que la ville accède, par le biais d'un projet, à une reconnaissance internationale. Tout le monde en était ravi, le maire de Lyon le premier : "Nous sommes heureux que le choix de l'Unesco se soit porté sur cette oeuvre originale". Qui plus est, le fruit d'une large concertation entre les concepteurs du musée, les artistes de la Cité de la création et les habitants du quartier, auteurs du projet. Des habitants qui sont pourtant restés dans l'ombre, bloqués par le service d'ordre à l'extérieur du chapiteau, où étaient regroupés les officiels. On leur aura tout de même permis d'accéder au buffet mis en place pour l'occasion, d'écouter à la rigueur les différents et longs discours préparés par les officiels, d'assister à la remise de leur prix, décerné par les membres de l'Unesco au maire de Lyon et, pour deux des plus chanceux, de monter sur le podium, après que l'on se soit aperçu de leur absence. Le reste de la journée s'est déroulé sans eux. Ils devaient s'y attendre plus ou moins en organisant, il y a quelques jours, une petite fiesta locale pour célébrer le label, récompense de plus de quatre années d'efforts et de persévérance face, notamment, à l'acharnement de l'Hôtel de Ville à vouloir remettre à plat le moindre projet initié par la municipalité précédente. Le musée urbain, soutenu pourtant par l'office public HLM de la CoUrLy, en faisait partie. Et si, aujourd'hui, d'après le dossier établi par la Ville de Lyon pour l'occasion, "la distinction que représente le label décerné par l'Unesco est un moment fondamental dans la vie du musée urbain Tony-Garnier", la vague de remises à plat opérée par la mairie centrale en mai 1989 aurait pu être un moment fondamental... dans la disparition de ce même projet, hommage à l'un des plus grands architectes lyonnais. Certains s'en souviennent encore. D'autres, à l'évidence, ont préféré oublier cette époque, où ce qui est aujourd'hui considéré comme "la création d'une forme innovante de muséographie en plein air", était qualifié de barbouillages" de l'oeuvre de Garnier. Ces barbouillages que quelques centaines de visiteurs, des quatre coins de la France, sont déjà venus observer et qui ont fini par retenir l'attention des membres de l'Unesco, notamment par "la richesse du patrimoine architectural et artistique, l'originalité du concept muséographique"... et "la mobilisation des habitants pour la requalification culturelle de leur quartier". Cette requalification culturelle, si les habitants ne le savent pas encore - la décision ayant été prise le 8 avril, en pleine "concertation", lors d'un déjeuner de travail entre les artistes de la Cité de la création, quelques élus de la ville-CoUrLy et les représentants de l'Unesco - devrait s'achever avec la réalisation des huit derniers "murs peints" du musée, laissée à l'entière imagination d'artistes internationaux, représentants les cinq continents. Une idée que l'Unesco a jugée excellente, au point d'envisager de soutenir financièrement l'initiative. Source : "La reconnaissance au pied des murs" / Séverine Meille in Lyon Figaro, 9 avril 1991, p.4.
note à l'exemplaireNégatif(s) sous la cote : FIGRP03678.
note bibliographique"Des pinceaux en Espagne" / Séverine Meille in Lyon Figaro, 10 juillet 1991, p.36. - "Un musée qui prend de l'ampleur" / S.M. [Séverine Meille] in Lyon Figaro, 6 novembre 1991, p.5.

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