[Footing au Parc de la Tête-d'Or]

[Footing au Parc de la Tête-d'Or]
droitsCreative Commons - Paternité. Pas d'utilisation commerciale. Pas de modification.
localisationBibliothèque municipale de Lyon / P0740 FIGRPTL0257 03
technique1 photographie positive : tirage noir et blanc ; 18 x 24 cm (épr.)
historiqueOui, le Lyonnais est sportif et même sacrément plus entraîné que le Français moyen. A 86%, contre 74% à l'échelle nationale, le Lyonnais s'agite, pour son plaisir et pour le bien de ses artères. Ce chiffre fracassant vient de sortir de la grande compilation effectuée comme chaque année par les étudiants de Sup de Co Lyon. S'intéressant tantôt aux pratiques culturelles des habitants de la cité, tantôt à la vie associative locale, les élèves de Robert Revat ont pour coutume d'éprouver leurs talents neufs sur le terrain, via un sondage longuement potassé, puis rapetassé. Spécialiste des organisations à but non lucratif, par ailleurs directeur d'une société de conseil et auteur de la campagne du denier du culte, le professeur Revat oeuvre ainsi sans commanditaire aucun, "sur un thème pas trop éloigné des préoccupations des étudiants" et dans le seul dessein de fournir des bases de cogitation à ses concitoyens. Mille autochtones de 12 à 74 ans, échantillonnés selon la méthode des quotas, ont donc été sondés, à domicile, sur leurs habitudes sportives et l'esprit dans lequel ils font travailler leurs muscles. "Il y a beaucoup de sondages approximatifs sur le sport, parce qu'on mélange tout. Un interlocuteur qui n'a pas envie de passer pour le roi des fainéants trouve toujours le moyen de répondre qu'il se baigne. Si l'on prend la peine de savoir où et quand il réveille ses souvenirs de crawl, on s'aperçoit vite qu'il est hors de question de la classer en adepte de la natation". D'où deux cases distinctes, l'une pour la baignade, l'autre pour la natation et de même un distinguo marqué entre la culture physique et la gym sportive. Ces 86% de Lyonnais gigoteurs courent en toutes catégories. A domicile pour 31% d'entre eux, hors domicile et hors vacances à 68%, mais aussi et surtout en vacances à 70%. Autre nuance, l'âge. De 12 à 34 ans, la fréquentation des stades est à son apogée, de 39 à 49 ans joggeurs, basketteurs et nageurs perdent du souffle, de 50 à 64 ans grosse vague pantoufle ; mais, de 65 à 74 ans, chez les dames comme chez les messieurs, ils sont 81% à ressortir les Pataugas. Vive la retraite. Autre approche du degré de sportivité, un classement par niveau. Au plus haut du tableau, les licenciés et compétiteurs (8%) ; au second niveau les 9% de détenteurs d'une licence simple, suivent 40%, le gros des troupes, qui pratiquent la chose de façon sportive mais sans passeport officiel, lorsque 29% la vivent comme un agrément ou une pratique de santé. Ces 29%-là situent les Lyonnais très au-dessus de la moyenne nationale (13%), quant aux 17% de licenciés qui, par ordre décroissant, ont choisi le tennis, le ski alpin, l'athlétisme, le foot, la natation, le cyclisme ou le basket, ils porteraient la totalité des licenciés lyonnais au chiffre de 56.000, alors que les fédérations, as de la gonflette, en déclarent 120.000. Cherchez l'erreur et aussi, dans le métro ou aux feux rouge, dès les premières heures du matin, cherchez ce Lyonnais sur quatre qui prétend faire de la gym au réveil... Pour ce qui est des préférences lyonnaises, la marche ne fait pas un pli et, avec 42% de pratiquants (contre 25% au niveau national), elle coiffe les quinze premiers sports en lice, à savoir la culture physique, le ski alpin, la natation, la course à pied, le vélo, le tennis, la baignade, le football, le basket, le volley, le ski de fond, la danse, la gym médicale, la planche à voile et les boules, bonnes dernières de la liste alors que, nationalement, ces mêmes boules associées à la pétanque figuraient en douzième position... en 1987, date du dernier sondage national et unique référence à placer en regard des pourcentages locaux. Le boom du basket et des salles de gym, l'engouement pour la randonnée et la multiplication de petits VTT s'inscrivant à la charnière de ces deux décennies, toute comparaison reste aléatoire et, dans ces conditions, un seul chiffre se suffit à lui même : 14% des Lyonnais ne font rien, rien de rien. Une minorité certes, mais qui a de la grandeur et qui des doigts de pied en éventail a fait mieux qu'un sport. Un art. Source : "Ils marchent, ils marchent, les Lyonnais" / Sophie Bloch in Lyon Figaro, 23 mai 1994, p.1.
note à l'exemplaireNégatif(s) sous la cote : FIGRP06781.

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