[Rentrée solennelle de l'Université Lyon II (1988)]

[Rentrée solennelle de l'Université Lyon II (1988)]
droitsCreative Commons - Paternité. Pas d'utilisation commerciale. Pas de modification.
localisationBibliothèque municipale de Lyon / P0741 FIGRPTP3600 05
technique1 photographie positive : tirage noir et blanc ; 15 x 20 cm (épr.)
historiqueLe 4 octobre 1988, Lyon II avait mis les petits plats dans les grands. Pour la rentrée universitaire solennelle, en fin d'après-midi dans le grand amphithéâtre de Bron. Professeurs, recteur, présidents d'universités, autorités militaires, administratives, représentants du monde économique régional et de la mairie... Le tout-Lyon était là pour assister à une cérémonie dont le haut-patronage était confié au président du Conseil constitutionnel Robert Badinter et Jean-Noël Jeanneney, président de la Mission pour le Bicentenaire. "C'est le mot révolution que l'Université Lumière a choisi de célébrer avec vous et c'est la date de 1789 que nous commençons aujourd'hui à commémorer, en plaçant notre rentrée solennelle sous le signe de l'un des grands principes de cette Révolution : les droits de l'homme et du citoyen". Le ton était donné d'emblée par le président de l'université Lumière, Michel Cusin. Le thème devait d'ailleurs être décliné sur tous les modes. Et par tous les moyens : danse, chant et discours. A la tribune et aux premiers rangs, les universitaires qui, pour l'occasion, avaient revêtu la toge traditionnelle. Sur scène, successivement, les danseurs de la compagnie lyonnaise Michel Hallet-Eghayan, la cantatrice Hélène Delavault et la championne Annette Sergent. Cette dernière, étudiante en psychologie à Lyon Il, était venue présenter au public les plans de la halle des sports qui devrait bientôt venir compléter les infrastructures du campus de Bron. "Le sport n'est-t-il pas révolutionnaire ?", s'est interrogé à ce propos Michel Cusin. A Bron, les chants, la danse et les discours se sont inspirés de ce chapitre historique. Jean-Noël Jeanneney a expliqué le sens de sa mission. En rappelant qu'il allait vivre "cette tâche de façon modeste et joyeuse". Robert Badinter, de son côté, a tenu à préciser que la révolution française a retenti "comme un cri de rupture", en "ouvrant les voies de l'avenir". Il a aussi expliqué que "après deux siècles, lorsque l'on se penche sur le devenir des droits de l'homme, nous éprouvons un sentiment complexe où se mêle satisfaction et gêne, parfois angoisse". Une analyse que le président du Conseil constitutionnel a développée tout au long de son discours. "En France, devait-t-il déclarer, si la reconnaissance et la protection des droits de l'homme connaissent un éclat sans pareil, on trouve quand même çà et là les traits familiers du racisme ordinaire". Et "c'est en portant le regard au delà des limites de l'hexagone et de l'Europe occidentale que se lève la tristesse", a-t-il ajouté. Avant de conclure que "c'est davantage de militants que de discours" dont les droits de l'homme ont besoin. A Bron, certains "militants" attendaient à la porte de l'amphithéâtre. Une dizaine d'élèves du lycée du Parc, curieux d'assister au spectacle, se sont en effet fait refouler. Motif : la cérémonie avait "un caractère privé". Solennité oblige. Source : "1789 mis en Lumière" / Anne Masson in Lyon Figaro, 5 octobre 1988, p.3-4.
note bibliographique"Lyon II-Lumière : rentrée sous le signe de la Révolution et des Droits de l'homme" / J.G.-M. in Le Progrès de Lyon, 5 octobre 1988. - "Révolution française et Droits de l'homme" / Bruno Thomas in Lyon Matin, 5 octobre 1988.

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