[Inauguration du Centre d'histoire de la Résistance et de...

[Inauguration du Centre d'histoire de la Résistance et de la déportation (CHRD)]
droitsCreative Commons - Paternité. Pas d'utilisation commerciale. Pas de modification.
localisationBibliothèque municipale de Lyon / P0741 FIGRPTL0033 17
technique1 photographie positive : tirage noir et blanc ; 18 x 24 cm (épr.)
descriptionAdresse de prise de vue : Centre d'Histoire de la Résistance et de la Déportation, 14 avenue Berthelot, Lyon 7e.
historique"Ce centre aurait pu n'être qu'un témoignage du passé. Mais le malheur des temps veut que les horreurs que nous croyions avoir écarté à tout jamais ressurgissent..." Participant à l'inauguration solennelle du Centre d'histoire de la Résistance et de la Déportation, l'ancien Premier ministre et compagnon de la Libération Jacques Chaban-Delmas, reliait hier et aujourd'hui. Parlementaires, conseillers municipaux, journalistes, anciens combattants et leurs drapeaux, enfants des écoles, inspecteurs des RG, hôtesses de rouge vêtues... Sous une vaste toile de tente tendue dans la cour de l'ancienne école de Santé de Lyon, quantité d'invités, dûment contrôlés à l'entrée, s'étaient réunis autour d'un podium où avaient pris place le député-maire de Lyon et ses invités. Président de la commission chargée d'élaborer le projet du musée, Jean Wertheimer avait d'abord évoqué la (longue) genèse de l'affaire et salué les deux édiles successifs ayant permis sa réalisation : Francisque Collomb et Michel Noir. Sobrement, Elie Wiesel, prix Nobel de la Paix, en avait appelé "à la vigilance, devant la purification ethnique, la résurgence de l'idéologie nazie et les dictatures". Le député-maire de Lyon devait évoquer les hommes et les femmes disparus dans l'horreur des camps, à travers le propre souvenir de son père, revenu déchu de Mauthausen et dont le souvenir devait hanter désormais la mémoire de l'enfant, puis de l'adulte. Ayant évoqué la nausée que provoquait en lui "d'entendre parler des assassins de la mémoire faisant thèse doctorat à Nantes, de voir distribués des tracts négationnistes aux abords mêmes des marches du palais de Justice qu'allaient gravir beaucoup de résistants et déportés, pour ce procès de l'impossible vérité, celui de Klaus Barbie, où je n'en pouvais plus enfin, de voir hésiter mes amis politiques sur leur propre attitude à l'égard du Front national". Ce qui provoquait la bruyante interpellation de Bruno Gollnisch, député européen du Front national et conseiller régional, lui-même copieusement conspué par une partie de l'assistance. "Ne parlez pas de vos points de détail ici", lui lançait l'orateur, avant que d'aller inaugurer le centre en compagnie de ses invités, après que les enfants des écoles aient sacrifié à un antique usage ressorti pour l'occasion : le chant patriotique à capella. Une inauguration originale, où le traditionnel ruban à couper avait été remplacé par un écran vidéo, sur lequel les officiels ont fait apparaître un son (une voix symbole de la Résistance) et une image (le palais de Justice de Lyon, en attendant les images du procès Barbie), qui ne s'éteindront plus, par-delà les siècles. Il restait aux participants à se diriger vers la halle Tony-Garnier, où allait se dérouler le second volet de la journée : l'ouverture du colloque. Source : "Voyage au bout de l'histoire" / G.C. [Gérard Corneloup] in Lyon Figaro, 16 octobre 1992, p.3-4.
note à l'exemplaireNégatif(s) sous la cote : FIGRP05612.
note bibliographique"Les leçons de la mémoire" / Gérard Corneloup in Lyon Figaro, 15 octobre 1992, p.3-4.

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