[Charles Béraudier au 59e Marché des Vins d'Ampuis (1987)]

[Charles Béraudier au 59e Marché des Vins d'Ampuis (1987)]
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localisationBibliothèque municipale de Lyon / P0759 FIGRPTP0464A 02
technique1 photographie positive : tirage noir et blanc ; 20 x 15 cm (épr.)
historiqueLe vignoble de Côte Rôtie le plus accidenté puisque élevé par des vignerons escaladeurs, dans des pentes impressionnantes sur les collines de Tupins-Semons, Ampuis et Saint-Cyr, produit un vin de consensus. Pour ne prendre qu'un exemple, faut-il rappeler les dernières escarmouches électorales qui opposèrent, à l'occasion des sénatoriales, certaines personnalités de la majorité issues du vignoble ? Quelques-uns en firent les frais... Petites querelles qui ne peuvent que s'apaiser dans le silence des vignes où les rafles ne sont pas faites de bulletins de vote mais de raisin... Ainsi le Côte Rôtie est-il un vin qui rassemble. Il l'a prouvé encore, le 26 janvier 1987, à l'occasion du marché annuel organisé par le syndicat des vignerons, même si les méchantes langues faisaient observer que le R.P.R. ne s'était pas déplacé en masse. Au déjeuner qui allait suivre les premières dégustations, l'on pouvait d'ailleurs noter que le président du conseil régional, Charles Béraudier, était là en personne. M. Francisque Collornb, qui devait venir, avait été retenu au dernier moment. Près de M. Béraudier se tenaient M. Alain Mayoud, député, spécialisé au sein de l'assemblée régionale dans les questions agroalimentaires, le sénateur Mathieu venu de son beaujolais, M. Albert Gerin, maire d'Ampuis, puissance invitante, et bien d'autres personnalités dont Mme Desbazeilles, élue lyonnaise, M. Edmond Lacroix, président de la chambre d'agriculture, etc. Les syndicats agricoles, la fédération des producteurs étaient bien sûr représentés, M. Margueritte, sous-préfet, manifestant de son côté l'intérêt que portent les pouvoirs publics aux activités de la région d'Ampuis. Autant de personnalités qui devaient se voir remettre le tastevin des chevaliers de la Côte Rotie par M. Alfred Gerin. Un vin qui revient de loin, comme le rappelle M. Albert Dervieux, l'une des plus anciennes familles de viticulteurs de France, puisqu'on y cultive la vigne depuis 1445. En 1953, en effet, le vignoble paraissait condamné tant la productivité était faible et le travail pénible sur les "chaillées", ces petites terrasses soutenues par des murettes de pierres sèches où le vigneron fait tout son ouvrage presque uniquement à bras... Aujourd'hui, le même vignoble est planté sur 150 hectares et la récolte, après deux saisons déficitaires, a produit le record de 50 hectolitres à l'hectare. "Si je pouvais en faire plus, je le vendrais", assure M. Dervieux. La production des cent vignerons des Côte Rôtie est vendue pour moitié aux négociants éleveurs et pour une autre en fûts ou en bouteilles après vieillissement (2 à 3 ans) par quelques viticulteurs à une clientèle de particulier : restaurants, et exportateurs. Des exportations (40% de la production) qui vont vers les U.S.A., le Japon, l'Australie et bien entendu l'Europe de l'Ouest, du Nord et du Sud. [...] Source : "La Côte Rôtie, un vin qui rassemble" in Lyon Matin, 27 janvier 1987.

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