[La Guinguette des Gratte-Ciel (Georges Ravier, gérant)]

[La Guinguette des Gratte-Ciel (Georges Ravier, gérant)]
droitsCreative Commons - Paternité. Pas d'utilisation commerciale. Pas de modification.
localisationBibliothèque municipale de Lyon / P0758 FIGRP02069 010
technique1 photographie négative : noir et blanc ; 24 x 36 mm
descriptionAdresse de prise de vue : La Guinguette. 9, rue Léon-Chomel, 69100 Villeurbanne.
historiquePourrait-on penser, en plein coeur de la ville, trouver pareille ambiance ? Un club de danse, une association du troisième âge, une fête familiale : il ne manque que la rivière à La guinguette villeurbannaise. En se laissant guider à l'oreille au fond de la rue Léon-Chomel, on découvre un lieu tout à fait extraordinaire. Guirlandes, petites tables de bois, affiches d'accordéonistes ou de concours de danse de salon placardées au mur : le décor est déjà, à lui seul, dépaysant. La musique, complètement inhabituelle aux oreilles de fin de siècle, fait très vite glisser dans un autre temps. Entre les murs de La guinguette renaissent, Tino Rossi en tête, toutes les musettes des années 1930 et 1940. Ici, on vient d'abord pour la danse, puis pour retrouver ses vingt ans. Le sourire de Georges Ravier, professeur de rock acrobatique à la retraite et maître de cette maison d'un autre temps, fait d'emblée entrevoir la règle du jeu : "On est là pour s'amuser". Depuis 1989, il se plaît à dégourdir les jambes de ses fidèles danseurs. Il avait, depuis toujours, un vieux rêve dans la tête : ouvrir "sa" guinguette, où accordéon et danses de salon seraient les maîtres à bord. En 1989, il était au comble de l'euphorie et depuis, rien n'a changé. Il règne dans son établissement un air de fête bien singulier. C'est qu'il a fait de la danse de salon son univers depuis toujours. Avant de prendre sa retraite, il enseignait le rock acrobatique dans son Club 2000, avenue Barbusse, à quelques mètres de là. Sacré trois fois champion de France de la discipline, le bonhomme est infatigable. "La retraite, ce n'est pas mon truc. à force de m'emmerder, je me suis demandé comment je pouvais occuper mes jours. L'association est née un peu comme ça". Mais, depuis 1989, il n'est plus question d'ennui, Georges Ravier est tout à son affaire. La guinguette, mine de rien, réuni deux cent cinquante adhérents. Ça fait du monde. Et quel boulot de retrouver, on ne sait où, ces vieux airs disparus des bacs depuis belle lurette. "On ne court aucun risque de déprime. J'ai retrouvé ma pleine forme depuis que je viens ici, et je viens de Fontaines trois fois par semaine. Je ne manquerais pas un après-midi à la guinguette pour un empire", s'exclame spontanément une adhérente de l'association. D'autres viennent de Meximieux ou de Saint-Etienne, pour quelques pas de rumba et, parfois, pour s'entraîner. Georges Ravier, accompagné d'un autre professeur, Antoine Minicillo, donne aussi des cours après le thé-dansant. Les deux hommes entraînent les meilleurs aux concours amateurs régionaux et nationaux et forment des champions : Michel Garcia et Jeanine Dupond, finalistes du championnat d'Europe, en février 1990 à Malaga, étaient au premier rang du championnat régional à Gerland, l'année précédente, et préparent la coupe de France de valses viennoises, pour juin 1990 à l'Olympia, année où l'on fête le premier anniversaire de La guinguette. Jusque tard dans la nuit, sans doute, on valsera rue Léon-Chomel... Source : "On n'a pas tous les jours un an" / L.M. [Lucie Bourmaud] in Lyon Figaro, 2 mai 1990, p.40.
note à l'exemplaireCe reportage photographique contient 63 négatifs.
note bibliographique"Retrouver le temps de la guinguette" in Le Progrès de Lyon, 11 janvier 1991. - "Une guinguette en centre-ville" / L.S. in Le Progrès de Lyon, 27 juillet 1998. - "Les guinguettes : un lieu de plaisir populaire" / Marion Gauge in Le Progrès de Lyon, 28 décembre 2004.

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