[Quartier de la Part-Dieu]

[Quartier de la Part-Dieu]
droitsCreative Commons - Paternité. Pas d'utilisation commerciale. Pas de modification.
localisationBibliothèque municipale de Lyon / P0740 FIGRPTL0195 02
technique1 photographie positive : tirage noir et blanc ; 24 x 18 cm (épr.)
historiqueReportage photographique réalisé en prévision de la présentation du dossier "Part-Dieu - An II" aux utilisateurs du lieu et notamment aux représentants du Centre commercial. Ces derniers vont découvrir le 6 avril 1993 qu'on leur coupe tout un pan de leur complexe. Une nouvelle Part-Dieu repensée, à hauteur d'homme, au nom du bien-être des piétons et des perspectives à retrouver...
historique"L'état des lieux est dramatique. En vingt ans, il y a eu là une accumulation d'erreurs assez incroyable : pas de place, pas d'avenue, une succession d'endroits aux vocations incertaines, des matériaux partout différents... La Part-Dieu a grandi trop vite, sans cohérence aucune, comme un lotissement de maisons individuelles et l'espace non bâti a été laissé pour compte". Nommé depuis trois ans, l'architecte en chef de La Part-Dieu parle même de "faillite". Ces propos sévères, il pourra les réitérer aujourd'hui devant un auditoire acquis : les utilisateurs de La Part-Dieu ; associations de quartier, commerçants et dirigeants d'entreprises. René Provost, c'est lui, ouvrira donc le dossier d'un état des lieux "dramatique" et donnera à voir ses solutions, à court comme à long terme. De remodelages de détails en opérations à coeur ouvert, le projet Part-Dieu An II ne lésine pas et joue l'avenir à hauteur d'homme. Les projets architecturaux en cours, qu'il s'agisse de "l'îlot R" ou de la place de Francfort, ont adopté cette philosophie nouvelle : les tours c'est aussi les alentours et l'espace public, élément fédérateur, doit être rendu au... public. Mais deux projets phares ne pouvaient suffire à inverser les cours des mauvaises habitudes prises à La Part-Dieu. D'où l'idée de reprendre les choses à la base, de remettre à plat tous ces niveaux qui font du second centre de Lyon son premier labyrinthe. Pour avoir été, "dans l'ombre" précise-t-il, de tous les cabinets d'architecture qui ont, successivement, constitué le puzzle géant, René Provost était l'homme de la situation. Pour cette mission, et après avoir travaillé neuf années durant sur l'aile Richelieu du Grand Louvre, il a renoncé à toute casquette d'architecte opérateur sur Lyon. C'est plus clair lorsqu'on entend effectuer des coupes claires dans un paysage urbain qui a poussé jusqu'à la caricature la grande "invention" des années soixante, l'architecture sur dalle. A tant vouloir dominer, La Part-Dieu n'est reliée à la ville que par des tuyaux artificiels, passerelles, trémies et entrées de parkings. D'où, en compagnie de toute une équipe de paysagistes, d'éclairagistes et d'urbanistes, un grand remodelage des axes de communications en partant d'une vision au ras des pâquerettes. Analyse de circulation à la clef, il s'agit de rétablir une armature urbaine dès le niveau zéro et de réconcilier la dalle avec lui en faisant l'économie des passerelles-boyau : "On ne peut pas faire faire aux piétons les détours d'une souris blanche pour aller d'un point à un autre". L'an II de La Part-Dieu sera celui des esplanades piétonnes et de la reconquête d'espaces identiquement dallés, identiquement fléchés et pourvus du même mobilier urbain. Lors de son enquête préliminaire, René Provost a recensé tous les modèles de bancs, de lampadaires ou de jardinières ; un vrai catalogue, un salon d'exposition grandeur nature. Sur le crayon, l'architecte en chef a aussi son opinion, fondée sur le désarroi de tous les non Lyonnais qui cherchent, longuement, à parvenir à son pied. Tous le disent : de loin, tout va bien, mais dès qu'on s'en approche on la perd. René Provost, lui, n'y va pas par quatre chemins, il tranche net un bout du Centre commercial pour dégager, dès la sortie de la gare, une large perspective sur les racines de la tour du Crédit Lyonnais... A ce point de l'exposé, l'auditoire d'aujourd'hui, un temps conquis, devrait vivement réagir. C'est un euphémisme. "A nous de faire preuve de pédagogie", dit Provost. Il lui en faudra beaucoup. D'autant que toutes ces belles idées ont un coût : 800 millions de francs. Répartis sur une dizaine d'années, certes, amortis par le foncier, sans doute, mais qui exigent une sacrée continuité politique... Et de cela nul n'est jamais certain. Déjà ou bientôt amorcés, le boulevard de l'Europe, le parking de la gare et la rénovation des sols au pied de la Bibliothèque municipale plaideront sans doute en faveur de la doctrine Provost. Mais, reste à savoir si La Part-Dieu sera jusqu'au bout fidèle aux idées de l'un de ses concepteurs. Ce serait une grande première. Source : "La Part-Dieu remise à plat" / Sophie Bloch in Lyon Figaro, 6 avril 1993, p.1-2.
note à l'exemplaireNégatif(s) sous la cote : FIGRP05994B.

Retour