[Fouilles archéologiques de la place Tolozan]

[Fouilles archéologiques de la place Tolozan]
droitsCreative Commons - Paternité. Pas d'utilisation commerciale. Pas de modification.
localisationBibliothèque municipale de Lyon / P0741 FIGRP01832 006
technique1 photographie négative : noir et blanc ; 24 x 36 mm
historiqueGallo-romain ou médiéval ? C'est la question qui taraude les milieux archéologiques depuis la découverte, le 8 mars 1990, des vestiges d'un bateau, à l'occasion des travaux de l'immeuble "Le César", place Tolozan. Le 13 mars, l'épave - deux mètres environ sur les quelque quinze mètres - était complètement sortie de sa gangue vaseuse. Toujours conservée dans l'élément liquide, elle prend la direction de Grenoble. Destination : Nucléart, un département du CENG, spécialisé dans la conservation des bois d'archéologique subaquatique. On est pourtant passé bien près de la non-découverte ! C'est le dernier jour des fouilles archéologiques qu'une pelleteuse à mis à jour le précieux esquif, le premier découvert à Lyon. Tout avait commencé en novembre 1989, quand le promoteur de l'immeuble en construction, la SLYCL, avait prêté le fond du chantier aux archéologues pour une durée de quatre mois, en vertu d'une convention négociée avec l'aménageur par la Direction des Antiquités historiques. Sous la direction de Mme Becker, du service archéologique municipal, les chercheurs ont découvert divers vestiges de différents aménagements des berges du Rhône dans ce secteur, entre les XVIe et XIXe siècle. Un lieu privilégié en matière portuaire, puisque l'actuelle place Tolozan, alors à un niveau très inférieur, abritait le premier port lyonnais en aval du fleuve, un peu en-deçà des fortifications de la porte Saint-Clair. Le 8 mars 1990, à quelques heures seulement de l'arrêt des fouilles, l'équipe découvrait, au pied des restes d'une importante digue dont il subsiste des pilotis, les restes d'une embarcation conservée dans une poche de vase. Ce qui explique l'excellent état de conservation : la vase offre les avantages d'humidification constante de l'eau et la densité de pression de la terre. Aussitôt, alors que le bateau était soigneusement mis à jour, des spécialistes parisiens étaient contactés, l'un du Centre national de recherche archéologique subaquatique, l'autre du musée de la Marine. Leur premier verdict donnait à la découverte des origines gallo-romaines ou médiévales, dont la date reste à préciser. A cet effet, des fragments ont été convoyés vers les laboratoires spécialisés afin d'y subir les. tests d'usage : le fameux Carbone 14, la sédimentologie, mais surtout la dendrochronologie, qui consiste à dater les couches concentriques de bois dans une coupe. "Dans une quinzaine de jours, nous devrions être fixés", signale un chercheur. Quant au bateau, il va subir un long traitement en milieu liquide, remplaçant petit à petit l'eau par une résine qui va imprégner les fibres du bois. Dans plusieurs semaines, il sera soumis à un rayonnement gamma qui aura la triple action de détruire tout micro-organisme, de solidifier la résine et d'augmenter considérablement la densité du matériau. Ainsi ressuscitée, la vénérable embarcation pourrait prendre place parmi les pièces exposées au Musée gallo-romain. D'autres découvertes sont-elles possibles sur le chantier ? Apparemment non, selon les archéologues eux-mêmes, lesquels viennent de donner au promoteur le feu vert pour la continuation des travaux. L'immeuble, le parking, la station service et jusqu'à la statue commandée au sculpteur César vont pouvoir voir le jour. Mais le chantier tout proche de l'Opéra reste à explorer. Une convention vient d'être signée avec les archéologues... D'ici à ce qu'il trouvent à leur tour une barque... Comme celle qu'emprunte le Fantôme de l'Opéra, dans le roman de Gaston Leroux ! Source : "Le frêle esquif du César" / Gérard Corneloup in Lyon Figaro, 14 mars 1990, p.40.
note à l'exemplaireCe reportage photographique contient 30 négatifs. Tirage(s) sous la cote : FIGRPT0066.

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