[Pôle d'échanges Part-Dieu Vivier-Merle]

[Pôle d'échanges Part-Dieu Vivier-Merle]
droitsCreative Commons - Paternité. Pas d'utilisation commerciale. Pas de modification.
localisationBibliothèque municipale de Lyon / P0741 FIGRPT3436 01
technique1 photographie positive : tirage noir et blanc ; 24 x 18 cm (épr.)
historiqueReportage photographique réalisé alors que les premiers bus retrouvaient les artères lyonnaises suite à une grève de vingt-deux jours et une paralysie totale du réseau.
historiqueCoucou les revoilà... Les bus, trolleybus et métro ont fait leur réapparition le 16 novembre 1988 dans le ciel lyonnais, par une froide journée d'automne. De là à dire que tout le monde a vu la vie en rose, il y a un pas. Mais revoir le rouge et blanc des TCL a réjoui une population qui, bien qu'impatiente de cette reprise, finissait par ne plus oser y croire. Si bien que nombre de bus circulaient presqu'à vide dans la matinée. Comme ce "39" qui hantait sans passagers l'avenue Berthelot sur le coup des 11 heures. Au retour de Bron, une heure plus tard, il n'a pas fait le voyage pour rien : les étudiants de Lyon II, sevrés de transports en commun, l'avaient complètement investi, trop heureux d'en avoir fini avec le stop et autres moyens de locomotion de fortune. Tout se passe plutôt dans le calme sur les lignes qui fonctionnent. On s'engouffre dans le bus à la recherche d'une place. Quelques usagers n'oublient pas cependant de dire, au passage, leur fait aux traminots. Témoin, cette personne qui n'a pu se déplacer pendant un mois car elle porte un corset de plâtre. Elle s'énerve violemment contre le chauffeur d'un "61". Une colère vite rentrée lorsqu'il lui explique que, lui aussi, porte un corset de plâtre... Se défouler fait parfois du bien et soulage une dame, la quarantaine tout juste, qui fait savoir haut et fort à qui veut bien l'entendre en montant dans le métro à la Croix-Rousse : "Je ne vais tout de même pas payer mon ticket, il ne manquerait plus que ça !". A vrai dire, personne ne lui avait rien demandé. Même réaction chez un retraité à la descente du "22" sur les quais de Saône : "Pas question que je paie mon abonnement pour novembre. Je ne donnerai pas 215 francs pour quinze jours !". Près de la gare Saint-Paul, une personne âgée guette, de sa fenêtre, à 16 heures, le passage du premier "13" de la journée. Lorsqu'il pointe son nez, elle déboule les escaliers. Sourire aux lèvres et retrouvailles heureuses : "Ah, ça c'est pas un gréviste ! Mais vous savez, il était temps que cela s'arrête. Ça commençait à me rappeler 1938-39. J'avais peur que les gens finissent par se taper dessus". Certains jouent la dédramatisation ou l'humour-moqueur, tel ce groupe d'étudiants applaudissant à tout rompre un bus de Vénissieux, rue Chevreul. Renseignements pris, un seul utilise les TCL. Mais pour les habitants de Vénissieux, cette grève commençait à devenir longue [...]. Le 16 novembre, les plus discrets étaient les contrôleurs. On le comprend aisément. Mais pour ne pas rester en chômage technique, plusieurs d'entre eux renseignaient aimablement les Lyonnais sur le nombre de bus et de métro en marche. Une reconversion passagère mais nécessaire, quelques jours encore. Source : "Pas de friture sur les lignes" / Jean-Pierre Vacher in Lyon Figaro, 17 novembre 1988, p.3.
note bibliographique"Les TCL embrayent" / Frédéric Poignard in Lyon Figaro, 17 novembre 1988, p.3.

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