[Manifestation des salariés de SRCF-Gendron à Villeurbanne]

[Manifestation des salariés de SRCF-Gendron à Villeurbanne]
droitsCreative Commons - Paternité. Pas d'utilisation commerciale. Pas de modification.
localisationBibliothèque municipale de Lyon / P0758 FIGRPT1706 03
technique1 photographie positive : tirage noir et blanc ; 17,5 x 12,5 cm (épr.)
historiqueOnze heures trente, le 7 février 1989. Près de trois cents syndicalistes ont répondu à l'appel de la CGT. Et se sont rassemblés, place Lazare-Goujon, à Villeurbanne, sous le beffroi de l'Hôtel de ville. Véritable forteresse, la mairie est largement surveillée. Fonctionnaires de police postés devant chaque porte. Même dispositif aux abords des fenêtres. Comme si le locataire des lieux s'attendait à une réplique plutôt hostile de la part des "Gendron". [...] Résolument absente, l'équipe municipale a préféré rester retranchée derrière ses barricades. Pas de volontaire, non plus, dans les rangs socialistes pour représenter Charles Hernu, en déplacement hors de sa commune. Seuls les élus communistes ont tenu à renouveler leur solidarité à l'égard des "Gendron". Cinq jours après l'évacuation de l'entreprise villeurbannaise SRCF-Gendron, la CGT a riposté dans les rues de Villeurbanne. Baroud de la dernière heure. Sans grand espoir, néanmoins, de déboucher sur de nouvelles négociations. Même si les syndicalistes ont harangué la foule d'un "Gendron, ce n'est pas fini". Et lancé à l'intention des forces de l'ordre : "Pas les flics, négocions". La manifestation qui s'annonçait houleuse, n'a pas tourné à la rixe. Atmosphère tout juste un peu tendue devant l'usine désaffectée et aux abords de la mairie. Deux sites protégés à grand renfort de CRS. [...] Dissuadé, semble-t-il, par l'important dispositif de sécurité, le cortège ne s'est pas attardé trop longtemps sur les points chauds du parcours. Et les intraitables ont su garder leur sang froid. Les syndicalistes ont repris calmement le chemin de ce qui fut, pendant plus de deux ans, "le bastion de la CGT". Le 2 février, les cégétistes étaient évacués de l'entreprise SRCF-Gendron. Gilbert Carrère, préfet du Rhône, décidait de mettre à exécution le référé d'expulsion prononcé en 1988. Et, après vingt-huit mois de siège, la citadelle de la rue Colin tombait sous l'assaut des forces de l'ordre. Résultat d'un échec dans les négociations. En décembre 1988, une table ronde entre le propriétaire du terrain, le repreneur des actifs, les pouvoirs publics et les syndicalistes n'avait abouti à aucune solution. Encore une fois, chaque partie prenante avait campé sur ses positions. Désormais, l'interminable dossier Gendron parvient à son terme. Un permis de construire vient d'être accordé au promoteur Constant Giorgi, propriétaire du terrain. Il devrait entreprendre la première phase du chantier du parc d'activités économiques. Ce projet de transformation du site impulsé par la municipalité de Villeurbanne devrait voir le jour très rapidement. [...] Source : "Le baroud d'honneur des Gendron" / Muriel Pernin in Lyon Figaro, 8 février 1989, p.3.

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