[Voiture Amilcar B38 Compound de Klaus Barbie (?)]

[Voiture Amilcar B38 Compound de Klaus Barbie (?)]
droitsCreative Commons - Paternité. Pas d'utilisation commerciale. Pas de modification.
localisationBibliothèque municipale de Lyon / P0901 FIGRPT0358B 01
technique1 photographie positive : tirage noir et blanc ; 13,5 x 18 cm (épr.)
descriptionPierre Dinier, conservateur du musée de l'automobile de Nancy, examinant l'Amilcar B38 Compound ayant probablement appartenu à Klaus Barbie.
historiqueEté 1976, discussion entre deux garagistes, collectionneurs de voitures anciennes. Cela se passe à Provenchères-sur-Fave, au coeur des Vosges. On compare ses trésors. "J'ai aussi une Zèbre de Saint-Dié". "Et moi j' ai une Amilcar modèle 38. C'était la voiture du chef de la Gestapo de Lyon !" renchérit son interlocuteur, René Masson. Les deux enragés en restent là. Barbie alors n'intéresse pas grand monde. 1983, par contre, Jacques Rémy réagit. Klaus Barbie vient d'être écroué à Lyon. Ce collectionneur prévient le musée automobile de Nancy. Son conservateur, Pierre Dinier débarque le jour même à Provenchères. On discute autour d' un verre de Mirabelle. Et l'Amilcar B38 Compound, qui dort dans une grange depuis des années, est rapatriée à Nancy. Une simple discussion entre collectionneurs a-t-elle réussi à convaincre cet expert ? Pas tout à fait. Le témoignage principal d' abord. Celui de René Masson. Ce qu'il raconte se passe au cours de l'été 1944. Il avait à l'époque 21 ans et travaillait chez son père, le garagiste du village. C' est "la débâcle", la fuite des Allemands. Et ces Allemands passent par Provenchères : une de leurs voitures était tombée en panne devant le garage de mon père, la quatrième ne passait plus" explique-t-il en ajoutant : "quand j'ai vu ça, j'ai bousillé un peu plus la boite". Ce qui permettait alors à cet apprenti-mécano d'hériter de cette "Traction" décapotable : "Elle était dans un sacré état. Le pare-choc était arraché à l'avant. Il y avait des impacts de balles partout sur la malle arrière". Quelques jours plus tard, un policier de la région lyonnaise passe à Provenchère et s'arrête chez les Masson. C'est un Français, "un collaborateur". Il aperçoit l'Amilcar : "Tiens, c'est la voiture du chef !" explique-t-il au garagiste qui en conclut aussitôt : "le chef de la Gestapo de Lyon". Ce policier de la Gestapo lyonnaise qui fuyait vers l'Allemagne demande à manger. Il est exténué, il a peur. Et il raconte sa vie à René Masson Du moins une partie, en précisant qu'il était originaire de Marseille où il travaillait avant de s'engager dans la police allemande : "avant j'était pauvre et après c'était la belle vie". L'apprenti écoute sans dire un mot. Son interlocuteur est armé. La voiture passe la fin de la guerre dans une grange. Son nouveau propriétaire arrache les plaques d' immatriculation : "à l'avant il n'y en avait plus. Et celle de l'arrière était trouée par des balles. Mais je ne me souviens pas du numéro". Dommage. Il ne reste aujourd'hui pour identifier le propriétaire que le numéro de châssis (945) de cette Amilcar B 38 produit à un millier d'exemplaires entre 1938 et 1945. Ainsi que sa description quand elle est arrivée dans les Vosges : cette décapotable noire aujourd'hui immatriculée 547 AR 88 avait des sièges en moleskine brune. De plus sur l'aile droite, l'emplacement d'une hampe est encore visible. René Masson explique par la suite qu'il achètera cette voiture aux Domaines pour la somme 2000 frs. Il s'en servira pendant une dizaine d'années, avant de la remiser dans cette même grange. Et c'est donc en 1983, quelques jours après l'extradition de Barbie qu'il va se débarrasser de cette voiture. En la vendant au musée automobile de Nancy 20.000 frs [...] Source : "Barbie protagoniste du massacre de Saint-Dié ?" / Philippe Brunet-Lecomte in Lyon Figaro, 4 mai 1987, p.7-8.

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