[Monument aux Maquis de l'Ain et à la Résistance]

[Monument aux Maquis de l'Ain et à la Résistance]
droitsCreative Commons - Paternité. Pas d'utilisation commerciale. Pas de modification.
localisationBibliothèque municipale de Lyon / P0793 001 00516
technique1 photographie positive : diapositive couleur ; 24 x 36 mm
descriptionMonument aux Maquis de l'Ain et à la Résistance. Charles Machet, sculpteur ; Noël Albert et Robert Jaine, architectes ; 1947-1950. Inscription(s) sur l'image : "Où je meurs renaît la patrie".
historiqueLe cimetière réunit 89 tombes de maquisards ou de victimes de la Shoah ; il est inauguré le 24 juin 1956 par le Général de Gaulle. La citation de Louis Aragon issue du dernier vers de La Chanson du franc-tireur de Louis Aragon "Où je meurs renaît la Patrie" est gravée sur le monument.
historiqueCommandé par les Anciens des Maquis de l'Ain et du Haut-Jura pour célébrer leurs camarades morts pour la France pendant la seconde guerre mondiale, le Monument aux Maquis de l'Ain et à la Résistance a mobilisé toute une équipe d'architectes, de maîtres-carriers, de maçons, de tailleurs de pierre cet de sculpteurs. Un concours est lancé en 1947. Le règlement stipule que le monument devra "concrétiser le sacrifice d'un maquisard inconnu tombé pour son idéal : la libération du territoire et la conquête des libertés". Charles Machet, sculpteur, et les architectes Noël Albert et Robert Jaine en sont lauréats. Le financement de l'ensemble du site est assuré grâce à la participation de l'Etat, du département de l'Ain, des communes, de divers groupements et de nombreux dons anonymes versés lors de manifestations patriotiques ou directement sur place dans des troncs. Le travail en atelier avec la réalisation de trois maquettes au 1/5e s'étend de septembre 1948 à mars 1949. L'une d'entre elles sera découpée pour déterminer le nombre de blocs de pierres nécessaire. Le chantier, sur la commune de Cerdon dans l'Ain au site du Val d'Enfer, débute en 1949 en présence du Général Koenig. Dès les travaux de terrassement, des problèmes techniques apparaissent. L'important faux-aplomb de la statue nécessite des fondations renforcées. Les deux cent seize mètres cubes de pierre, qui proviennent de Brouzet-les-Alès dans le Gard, sont acheminés jusqu'à Villereversure où les blocs sont épannelés. La statue, qui s'élance telle une figure de proue de 18 mètres de hauteur, est constituée d'une enveloppe de "saumons de pierre" remplie de béton cyclopéen fixé par des armatures dans un socle en élévation. Réalisé entre août et novembre 1950, le travail de sculpture est épuisant. Debout sur d'étroits échafaudages, Machet et ses élèves sculptent pendant des heures, sans aucun recul... En 1991, le critique Jean-Jacques Lerrant écrit que l'artiste est "l'homme qui a lutté contre une falaise pour adosser un corps de femme en marche contre l'oubli". Le visage volontaire de cette allégorie symbolise la France qui se libère de ses chaînes. A la fois guerrière et généreuse, solide comme tous ceux qui résistent, elle s'offre, prête au sacrifice, jaillissant du rocher telle une force invincible. Depuis plus de 50 ans, ce monument commémoratif exemplaire attire des visiteurs de toute la France et des pays voisins, "pèlerins d'un jour" à l'image du général de Gaulle. Sa forte symbolique rejoint le vers d'Aragon gravé dans la pierre: "Où je meurs renaît la patrie". Source : Charles Machet sculpteur, 1902-1980 : [exposition, 7 avril-1er novembre 2002, Lochieu], Musée du Bugey-Valromey, p.31-35 [BM Lyon, 6900 X9.5 MAC].

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