[Paul Bocuse dans son jardin avec Bobosse]

[Paul Bocuse dans son jardin avec Bobosse]
droitsCreative Commons - Paternité. Pas d'utilisation commerciale. Pas de modification.
localisationBibliothèque municipale de Lyon / P0741 FIGRPTP0548A 09
technique1 photographie positive : tirage noir et blanc ; 12,5 x 17,5 cm (épr.)
historiqueAprès la "Cuisine du marché", Bocuse vous sert, en toute logique, les légumes de son jardin. Retour à la terre pour ce cuisinier qui, s'il n'a pas forcément la main verte, a des idées bien plantées et surtout un excellent jardinier : Bobosse. D'abord, sachez que les cultures s'étendent sur deux jardins, l'un en bordure de Saône, réservé aux petits légumes toujours assoiffés, l'autre sur la colline où vous trouvez les variétés plus robustes. Pas d'excentricité ni d'exotisme pour Bocuse qui abandonne mini-légumes et mignardises à la mode, qui n'ont pas de goût et nécessitent beaucoup de travail. Retour en terre des panais (désormais indispensables dans le pot au feu) et rutabagas, aujourd'hui de bonne guerre. Trêve de nostalgie, aujourd'hui Bobosse sème : six variétés de salade (pourpier, roquette, batavia, feuille de chêne...), deux de pommes de terre, petits pois épinards, vingt-cinq kilos d'oignons paille, poirette, carottes, radis flamboyants, choux verts ou fleur... Au fil des mois, Bobosse repique, resème, plante les tomates (300 pieds), cardons... Enfin, veille à produire de tout en quantité suffisante. Les herbes aromatiques tiennent une place importante : dix thyms différents, aneth, ciboulette.... Autant d'essences délicates indispensables à tout bon cuisinier. Aux besoins de la gastronomie, il faut ajouter ceux de la décoration. Aujourd'hui, jacinthes, jonquilles, narcisses, tulipes fleurissent, ensuite viendront iris, pivoines, roses... Soit trente et une espèces différentes. Expert en la matière, à l'automne, Bobosse taille les rosiers à quarante centimètres du sol, les rabat au printemps, c'est-à-dire laisse trois yeux en leur donnant une forme de main à demi-fermée. Pas de truc pour ce maraîcher qui, cette année, expérimente le gène de raisin, fait un peu de compost, aère le terrain à la fin de chaque culture, permute les semis (sauf pour le cardon), ne traite aucun légume, coupe les poireaux s'ils prennent des vers et voit ses tomates tachées finir en sauce. Une seule exception pour les rosiers, qui, traités à l'engrais foliaire, résistent à la maladie et ont un beau feuillage. Les légumes de Collonges n'ont plus de mystère, il ne vous reste plus qu'à les cuisiner ... Comme un chef ! Source : "Carrément bêcheurs !" / Françoise Puvis de Chavannes in Lyon Figaro, 20 mars 1989, p.50.

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