[Carillon du château des ducs de Savoie à Chambéry]

[Carillon du château des ducs de Savoie à Chambéry]
droitsCreative Commons - Paternité. Pas d'utilisation commerciale. Pas de modification.
localisationBibliothèque municipale de Lyon / P0741 FIGRP03917 012
technique1 photographie négative : noir et blanc ; 24 x 36 mm
descriptionAdresse de prise de vue : Tour Yolande, Château des ducs de Savoie, 73000 Chambéry.
historiqueLa Tour Yolande du château des ducs de Savoie construit au Moyen Age à Chambéry aura connu plusieurs sons de cloches. Pierre Fontanel, président du Comité pour la rénovation du carillon savoyard, a relancé une souscription afin que son projet d'un "magnifique" carillon pour le château ne tombe pas dans l'oreille d'un sourd. En 1937 - "époque à laquelle il existait déjà un Fontanel", précise le président du comité et doyen du conseil municipal de Chambéry -, une souscription a déjà permis la réalisation, par la fonderie Paccard d'Annecy, d'un carillon d'une quarantaine de cloches. Ce dernier est démonté en 1986 afin de renforcer la vieille tour Yolande. Pierre Fontanel, adjoint à la Culture à l'époque, a alors envie d'un "super carillon pour Chambéry". L'idée initiale est d'augmenter de quelques cloches le modèle existant, d'un poids de 3,5 tonnes. Le projet tombe un moment en sourdine avec les élections municipales. Pierre Fontanel, élu en tête de liste minoritaire, se retrouve doyen du conseil municipal. Entretemps, il a peaufiné son idée première. Son souhait est de faire un nouvel ouvrage avec soixante et une cloches pour un poids de seize tonnes et émettant des sons plus graves. "Comme le maire Louis Besson était d'accord, j'ai relancé le ministère qui m'a promis le financement à 30% du carillon. D'un autre côté, j'avais l'appui de la ville et du Conseil général qui m'assuraient de s'engager à rembourser la différence si je n'arrivais pas à obtenir les 1.360.000 francs escomptés". En 1991, les fonds récoltés s'élèvent à plus d'un million de francs. Cet argent provient en majeure partie des habitants de Chambéry, des entreprises savoyardes, des syndicats professionnels et des élus. Le prince Agha Khan a même parrainé une cloche. Parmi les dons, il y a ce billet de 20 francs roulé dans une lettre provenant d'une femme de 90 ans, en maison de retraite, pressant le projet pour pouvoir "entendre le carillon avant de partir au ciel". Cependant, le président du comité a essuyé des échecs auprès des "grandes sociétés françaises qui font profession de mécène et notamment celles qui sponsorisent les jeux Olympiques. J'ai envoyé deux cents lettres sans même recevoir 10 francs. Pour moi, c'est la preuve que ces entreprises agissent avec la volonté manifeste d'avoir des retombées économiques", remarque-t-il. Pourtant, l'ancien adjoint à la Culture, violoncelliste à ses heures, a de quoi être satisfait avec son million obtenu auprès de la population. Mais selon lui, "on peut faire mieux", en obtenant une centaine de milliers de francs supplémentaires. Dans ce cas, il mettra des "options" sur son carillon qui s'est déjà vu octroyer une cloche supplémentaire et pèsera 18,5 tonnes. Pierre Fontanel aimerait bien ajouter une ritournelle, un système électrique qui permettrait de faire jouer au carillon quelques "musiques marrantes" pendant une dizaine de minutes consécutives. Quand l'oeuvre sera terminée, elle sera au coeur de l'organisation de concerts, de classes d'art campanaire et de l'attraction touristique. "La cloche, c'est l'un des objets les plus anciens de communication. Elle rassemble, c'est un facteur de solidarité", explique Pierre Fontanel qui se dit "savoyard à mort". Pour la réalisation de ce carillon au début de l'année 1992, qui n'a d'égal que celui de l'Hôtel de Ville de Lyon d'un poids avoisinant les trente tonnes et celui de la cathédrale de Dijon, on a fait un appel d'offre. La fonderie Paccard d'Annecy a forcément été retenue. De toute façon, pour la dizaine de membres du Comité pour la rénovation du carillon, "il était impensable qu'il en soit autrement". Grâce à la technique, le modèle possèdera "un son digne d'un stradivarius", dit-on à Chambéry. A la fonderie Pierre Paccard, on se réjouit de la commande qui sera mise en oeuvre dès le début de l'année prochaine et sonnera pour les jeux Olympiques. "Le carillon de Chambéry sera pour nous une vitrine car c'est celui qui est situé le plus près de chez nous. Les étrangers, qui représentent 70% de notre clientèle, pourront ainsi voir notre travail". Pierre Paccard, qui a réalisé cette année les octaves intermédiaires du carillon de l'Hôtel de Ville de Lyon, regrette cependant de ne pas pouvoir installer un modèle de quarante tonnes : dans la tour Yolande, "pour un problème de porte d'entrée qui ne permet pas de mettre en place des cloches trop importantes". Source : "Les cloches rentrent au château" / Lucie Bourmaud in Lyon Figaro, 30 mai 1991, p.40.
note à l'exemplaireCe reportage photographique contient 33 négatifs.

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