[Journée nationale de la Déportation au Mémorial d'Izieu...

[Journée nationale de la Déportation au Mémorial d'Izieu (1987)]
droitsCreative Commons - Paternité. Pas d'utilisation commerciale. Pas de modification.
localisationBibliothèque municipale de Lyon / P0741 FIGRPTP0250 01
technique1 photographie positive : tirage noir et blanc ; 15 x 20 cm (épr.)
descriptionDe gauche à droite : Simone Lagrange, Fortunée Benguigui et Ita Halaunbrenner devant la maison d'Izieu.
historiqueEn 1943, des enfants juifs ont été hébergés et cachés par Sabine et Miron Zlatin dans une Maison d'Izieu accueillant une colonie de vacances. Le 6 avril 1944, les enfants d'Izieu et les adultes qui les encadraient furent arrêtés lors d'une rafle conduite par Klaus Barbie. Quarante-quatre enfants et sept éducateurs furent emprisonnés et envoyés vers le camp d'extermination d'Auschwitz. Klaus Barbie, chef de la section IV (Gestapo) dans les services de la police de sûreté allemande basée à Lyon, était surnommé "le Boucher de Lyon". Il a été condamné pour crime contre l'humanité au terme d'un procès tenu devant la Cour d'Assises du département du Rhône du 11 mai au 4 juillet 1987.
historiquePlus que des mots et des discours, une ambiance. Du soleil et des enfants autour de la maison d'Izieu, le 26 avril 1987. Au coeur du Bugey, en pleine nature, un paysage serein... Et l'ombre de Barbie, toujours. Celle du bourreau, quarante trois ans après la tragédie. Quelques jours avant le début de son procès. "Oublier est un crime" a lancé le président du CRIF face à ces dizaines d'enfants qui chacun tenait à la main une pancarte portant le nom d'un petit martyr. Un peu à l'écart, de la foule et des notables, deux mères, en pleurs. Deux femmes de 83 ans qui ont perdu leurs trois enfants, Fortunée Benguigui et Itta Halaunbrenner. [...] Des discours, des prières et des minutes de silence... Cette cérémonie a été celle du recueillement et de la simplicité. Plusieurs centaines de juifs étaient là. Des notables bien sûr, des familles, mais aussi des jeunes. L'émotion de Fortunée Benguigui et Itta Halaunbrenner étaient poignantes. Ces vieilles dames un peu à l'écart ont tenté de retenir leurs larmes. En vain. Elle n'oublieront jamais. "Il m'a tué mes trois garçons" répétait hier après-midi Fortunée Benguigui, en ajoutant à propos de Barbie : "Ce n'est pas la vengeance que je demande mais la justice. Un jour sous le coup de la colère, j'ai dit que je voulais tuer Barbie. Il mérite largement la mort bien sûr, mais je suis incapable de tuer quelqu'un. Même lui. Il faut que tout le monde sache ce que Barbie a fait pour que ça reste dans les mémoires. Qu'on n'oublie jamais que ces enfants sont morts parce qu'ils étaient juifs". Source : "Rafle d'Izieu : oublier est un crime" / Philippe Brunet-Lecomte in Lyon Figaro, 27 avril 1987, p.2.

Retour