[Mgr Gabriel Matagrin, évêque de Grenoble]

[Mgr Gabriel Matagrin, évêque de Grenoble]
droitsCreative Commons - Paternité. Pas d'utilisation commerciale. Pas de modification.
localisationBibliothèque municipale de Lyon / P0741 FIGRP01502 011
technique1 photographie négative : noir et blanc ; 24 x 36 mm
historiqueLe 10 janvier 1990, Mgr Gabriel Matagrin fêtait ses vingt-cinq ans d'épiscopat et a reçu à cette occasion une lettre de Jean-Paul II. Venant de prendre sa retraite de sa charge d'évêque de Grenoble - il y retourne encore une semaine par mois pour finir de transmettre les ultimes dossiers -, il a choisi de revenir à Lyon dans son diocèse d'origine, pour y vivre sa retraite. Particulièrement attentif aux bouleversements du monde, Mgr Gabriel Matagrin s'est toujours attelé à réfléchir aux mouvements du monde au sein d'équipes de travail pluridisciplinaires pour "scruter les signes des temps". Au lendemain de mai 1968, il mettait en garde vis-à-vis de ce que le cardinal Decourtray appelle "les connivences avec le marxisme", provoquant une belle tempête dans l'Eglise. En 1990, il continue d'observer et d'analyser avec minutie les mouvements du monde et les bouleversements de l'Europe. Il revient sur ces sujets lors d'une interview accordée à Lyon Figaro. Source : "La vraie démocratie" / Propos recueillis par Jeanine Paloulian in Lyon Figaro, 12 janvier 1990, p.2.
historiqueMgr Gabriel Matagrin, évêque émérite de Grenoble est décédé le 2 février 2004, à Lyon, où il s'était retiré, à l'âge de 85 ans. Né à Saint-Laurent-de-Chamousset (Rhône), le 19 janvier 1919, Gabriel Matagrin avait été ordonné prêtre pour le diocèse de Lyon, en 1945 à la basilique de Fourvière. Professeur puis directeur spirituel aux Chartreux de 1945 à 1954, il est vicaire à la Croix-Rousse pendant deux ans, puis aumônier de la Chronique sociale et chargé de cours à la faculté de théologie. Ses qualités intellectuelles et pédagogiques, son sens de la synthèse, un véritable goût pour la communication et une formidable puissance de travail font très vite de lui un personnage incontournable dans l'Eglise. En 1964 il est nommé évêque auxiliaire de Lyon, collaborera avec le cardinal Gerlier, le cardinal Villot (avec lui il participera à la dernière session du concile Vatican II) et le cardinal Renard avant de devenir évêque de Grenoble le 19 septembre 1969. Au sein de l'épiscopat français il préside alors la commission sociale. C'est pour l'assemblée des évêques réunis à Lourdes en 1972 qu'il rédige le rapport "Politique Eglise et foi" dont la troisième partie pour une pratique chrétienne de la politique fait l'effet d'une bombe dans l'opinion. Mgr Matagrin en conservera l'image et la réputation d'un évêque à l'écoute de ses contemporains et de la société. De 1975 à 1978 comme vice-président de la conférence il constitue avec le cardinal Roger Etchegaray un tandem de choc à la tête de l'épiscopat. Jusqu'à ce que brutalement son coeur refuse de battre au même rythme que ses engagements. Fragilisé par ses soucis de santé, Mgr Matagrin adoptera alors un rythme moins trépidant combinant tout de même avec ses responsabilités d'évêque de Grenoble, la présidence du Comité épiscopal pour les relations avec le judaïsme de 1984 à 1988 puis la commission de l'opinion publique. Le 27 septembre 1989, Mgr Matagrin transmettait sa charge épiscopale à son auxiliaire Mgr Dufaux avant de se retirer à Saint-Didier-au-Mont-d'Or, chez les soeurs Saint-Charles (cf. Le Progrès de Lyon, 15 octobre 1989). Chevalier de la Légion d'honneur, commandeur dans l'ordre du mérite il avait une troisième médaille, celle à laquelle il tenait le plus, la palme d'or du bon conducteur pour plus d'un million de kilomètres parcourus pendant vingt-cinq ans, sans un seul accident. En 2000, dans "Le Chêne et la futaie" (Bayard), son dernier ouvrage, Mgr Matagrin retraçait tout l'itinéraire d'une vie, révélant sa conviction de "prêter moins d'attention au fracas des chênes qu'on abat, qu'à la lente et silencieuse montée de la futaie". Comme un testament. Mgr Gabriel Matagrin est inhumé au Carmel de Notre-Dame-de-Surieu à Saint-Romain-de-Surieu (Isère).
note à l'exemplaireCe reportage photographique contient 35 négatifs. Tirage(s) sous la cote : FIGRPTP2441A.
note bibliographiquePolitique, église et foi : rapports et études présentés à l'assemblée plénière de l'Episcopat français, Lourdes, [23-30 octobre] 1972 / Mgr Gabriel Matagrin, 1973 [BM Lyon, K 121630]. - Le chêne et la futaie : une Eglise avec les hommes de ce temps. Entretiens avec Charles Ehlinger / Gabriel Matagrin, 2000 [BM Lyon, K 123615]. - [Nécrologie] / Jeanine Paloulian in Le Progrès de Lyon, 3 février 2004.

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