[Tombe d'Allan Kardec au Père-Lachaise (Paris)]

[Tombe d'Allan Kardec au Père-Lachaise (Paris)]
droitsCreative Commons - Paternité. Pas d'utilisation commerciale. Pas de modification.
localisationBibliothèque municipale de Lyon / P0923 FIGRPTP1885 06
technique1 photographie positive : tirage noir et blanc ; 12,5 x 17,5 cm (épr.)
descriptionBuste par Paul-Gabriel Capellaro. Adresse de prise de vue : Tombe d'Allan Kardec, cimetière du Père Lachaise (44e division), 16 rue du Repos, Paris 20e.
historiqueQuand on demande à un Brésilien s'il connaît Lyon, il répondra que c'est la ville où est né Allan Kardec, le fondateur du spiritisme. Connu et pratiqué par les spirites du monde entier, le kardécisme est un phénomène qui ne cesse de faire des adeptes, toutes classes confondues. Au XIXe siècle, bon-papa faisait tourner les tables et interrogeait les morts à l'aide d'un alphabet spirite. Aujourd'hui, c'est à travers les machines les plus sophistiquées que s'établirait la communication avec les esprits. La capitale de l'occultisme est à la pointe de la recherche sur le spiritisme. Les ethnologues François Laplantine, Christine Bergé et l'historien Régis Ladous observent, enquêtent, analysent les phénomènes de l'étrange. Un travail passionnant au pays de l'irrationnel. Allan Kardec, de son vrai nom Léon-Hippolyte Denisard Rivail, est né le 3 octobre 1804, au 76 de la rue Sala. Le jeune Lyonnais a dix ans lorsqu'il quitte sa ville natale pour la Suisse. Bien que catholique, c'est dans un collège protestant qu'il va recevoir, d'un disciple de Rousseau, les principes et les valeurs qui le guideront toutes sa vie. Pédagogue avant tout, Hippolyte n'a rien d'un farfelu. Son rêve, il le partage avec les scientistes et les positivistes du XIXe siècle : faire la synthèse entre la religion et la science. Lorsqu'il apprend, en 1847 que, dans la banlieue de New York, les soeurs Fox, âgées de dix et quinze ans, mettent au point l'alphabet spirite après avoir entendu des coups frappés à la paroi de leur mur, il est sceptique. Et quand on lui dit qu'elles ont pu identifier par ce procédé l'ancien propriétaire de leur demeure, il lève certainement les yeux au ciel. "Ce sont des histoires à dormir debout...". En France, l'air du temps est au spiritisme. Ses amis qui fréquentent ce milieu à la mode, lui présentent un jour, à lui, l'intellectuel, une grosse pile de dossiers, d'informations et de témoignages spirites. Pédagogue dans l'âme, Hippolyte va se prendre au jeu, classifier, ordonner, codifier les données en leur injectant une grosse dose de science. L'inventeur du périsprit est un farouche défenseur du progrès. Dans sa théorie de la réincarnation, l'âme ne redouble pas. Elle va s'améliorer selon les vertus rousseauistes qui caractérisent l'honnête citoyen. Aussi, il va rédiger des manuels, des livres, se passionnant de plus en plus pour la communication avec les esprits. Car, entretemps, il est devenu Allan Kardec. Au mois de mai 1855, au cours d'une séance, un esprit s'est adressé à lui par le truchement d'un médium. La voix lui a appris que, dans une vie antérieure, il était un druide gallo-celtique. De plus, elle lui a confié une mission : Allan Kardec fonderait "une religion belle et digne du Créateur". "Le livre des esprits" lui confère la renommée de pape du spiritisme. Au début des années 1990, ce texte est le plus vendu au monde, après la Bible et le Coran. A Lyon, ses adeptes sont pour la plupart des ouvriers, des déracinés issus de l'exode rural. Dechristianisée, cette population est en quête d'une nouvelle spiritualité qui réponde aux exigences scientistes et républicaines. Elle recherche, raconte Régis Ladoux, une religion compatible avec l'enseignement dispensé dans les écoles et un idéal. La Croix-Rousse, le quartier de La Guillotière, les voûtes de Perrache, sont des lieux où l'on se réunit en petits cercles de spirites. L'entraide, la solidarité et l'éducation sont à la base des rapports entre ces habitants qui communiquent enfin. Ces Lyonnais créent des crèches, des mutuelles, des oeuvres sociales et tentent même de fonder une école spirite de type rousseauiste. Jusqu'en 1914, ils possédaient même une clinique à la Croix-Rousse [...] Source : "L'esprit Kardec" / Catherine Guinard in Lyon Figaro, 27 mars 1990, p.48.
note bibliographiqueLa Table, le livre et les esprits : naissance, évolution et actualité du mouvement social spirite entre France et Brésil / Marion Aubrée et François Laplantine, 1990 [BM Lyon, K 41382]. - La voix des esprits : ethnologie du spiritisme / Christine Bergé, 1990 [non conservé].

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